Le SPAL vient en aide aux victimes d’exploitation sexuelle

Le SPAL vient en aide aux victimes d’exploitation sexuelle

La députée de Longueuil-Charles-Lemoyne Sherry Romanado, la mairesse de Longueuil Sylvie Parent et le directeur du Service de police de l'agglomération de Longueuil Fady Dagher lors de la conférence de presse.

Crédit photo : Robert Côté - Le Courrier du Sud

SOUTIEN. Le Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL) a annoncé mercredi la mise sur pied d’une Équipe intégrée d’intervention et de soutien aux victimes d’exploitation sexuelle. En appui à ce projet, le gouvernement fédéral remettra une contribution financière de 852 102$ sur une période de cinq ans.

L’objectif de l’Équipe intégrée est d’aider les victimes d’exploitation sexuelle à sortir du milieu de la prostitution et, par le fait même, de pourvoir à leurs besoins, bien souvent financiers. Le SPAL estime qu’il atteindra jusqu’à 375 femmes et hommes à risque entre 17 et 25 ans en cinq ans.

«Vous ne pouvez savoir à quel point je suis fier d’annoncer ce projet aujourd’hui, a dit l’inspecteur de la division des communications et relations avec la communauté Simon Crépeau. Ça fait trois ans que notre équipe travaille sur ce projet, c’est quelque chose que nous avons à cœur.»

Selon le SPAL, pas moins de 108 personnes sont présentement exploitées sexuellement ou à risque de l’être sur le territoire. Qui plus est, 37 personnes ont été identifiées à titre de proxénètes.

«Chacune de ces femmes sont exploitées sexuellement, mais ne le sont pas toutes de la même manière, n’ont pas toutes le même vécu et n’ont pas toutes les mêmes besoins auxquels nous tenteront de répondre du mieux que nous le pouvons», a indiqué l’agent instigateur du projet Ghyslain Vallières.

«Nous tenterons, avec nos partenaires, de pallier ces besoins qui les empêchent de se sortir de la prostitution, a-t-il précisé. Ce sont des barrières qu’elles se donnent, comme l’absence de personne pour s’occuper de leur enfant, la peur de le perdre aux mains de la DPJ, la peur de se faire arrêter… L’objectif principal est de la sortir de ce milieu en respectant ses besoins et son rythme.»

L’Équipe
L’Équipe sera composée d’une coordonnatrice responsable du volet psychosocial, Joëlle Safadi, dont le rôle sera d’effectuer le suivi sur le plan psychosocial des victimes d’âge adulte impliquées au projet.

Elle établira également un premier contact auprès des jeunes filles qui ont déjà fait l’objet d’un dossier d’exploitation sexuelle par le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Montérégie-Est secteur jeunesse afin de leur assurer un soutien lorsqu’elles atteignent la majorité, et ce, considérant que l’âge moyen de l’entrée dans la prostitution est de 14,7 ans, selon la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES).

Mme Safadi sera accompagnée d’une agente pivot, Fanny Perras, qui sera le point de chute central entre les différentes équipes au sein du SPAL et les partenaires du milieu qui luttent contre l’exploitation sexuelle.

Avec cette initiative, le SPAL dit souhaiter sortir du cadre policier imposé.

«Notre nouvelle équipe intégrée aura une approche avant tout humaine auprès de ces femmes, a indiqué le directeur du SPAL Fady Dagher. L’aspect légal, dans ce contexte, est très secondaire. Cette approche est beaucoup plus sociale que pénale.»

Afin de veiller à sa mission, l’Équipe intégrée du SPAL sera aidée de quatre partenaires principaux. Le CISSS Montérégie-Est aura comme rôle de faire connaître le projet auprès des filles, victimes ou à risques d’exploitation sexuelle, afin qu’elles soient au courant des ressources auxquelles elles ont accès à leur sortie du centre jeunesse.

Le CISSS Montérégie-Ouest offrira quant à lui les services professionnels de suivi et de soutien concernant le traitement des chocs post-traumatiques, la santé mentale ainsi que les problèmes liés aux dépendances aux victimes inscrites au projet.

L’organisme 2159 offrira l’accompagnement et l’hébergement aux victimes et la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES) donnera des formations afin d’aider à développer un réseau de paires aidantes sur le territoire.

Une précieuse aide
En conférence de presse, la députée de la circonscription de Longueuil-Charles-Lemoyne Sherry Romanado a annoncé que le gouvernement du Canada remettrait un montant de 852 102$ à la Ville de Longueuil afin qu’elle puisse offrir ce nouveau service.

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