Longueuil: la composition des commissions fait toujours débat

Longueuil: la composition des commissions fait toujours débat

Xavier Léger

POLITIQUE. Le nombre et la composition des commissions ne font toujours pas consensus entre l’opposition et le cabinet de la mairesse de Longueuil Sylvie Parent, alors que le chef de l’opposition Xavier Léger a qualifié de «déni démocratique» la dernière proposition d’Action Longueuil.

Actuellement, Longueuil compte sept commissions locales composées de cinq ou six membres. Chacune des commissions ne compte qu’un membre du parti de la mairesse. Les présidences sont assurées par des élus de Longueuil Citoyen.

En août, Action Longueuil a mis sur la table une première proposition qui se rapprochait davantage du scénario qui prévalait sous l’administration de Caroline St-Hilaire, soit trois commissions de trois membres. Certaines commissions étaient transformées en comités.

Il était aussi suggéré d’instaurer des postes de coprésidence, occupés en alternance par un élu des deux principaux partis, pour un an respectivement.

Longueuil Citoyen a répondu avec une contre-proposition selon laquelle la composition des commissions demeurait relativement similaire à la situation actuelle.

«Inacceptable»

C’est toutefois la plus récente suggestion du cabinet de la mairesse qui a fait hautement réagir les élus de l’opposition Xavier Léger et Robert Myles.

Selon cette proposition, Longueuil compterait quatre commissions de cinq membres, dont deux d’Action Longueuil, deux de Longueuil Citoyen, ainsi qu’un d’Option Longueuil ou l’indépendante Nathalie Boisclair. Deux comités de quatre membres seraient aussi mis sur pied.

La désignation de présidents et coprésidents serait assurée par la mairesse, «conformément à notre charte».

MM. Myles et Léger ont conjointement qualifié cette proposition de «véritable déni démocratique visant à museler les élus des oppositions dans leur travail».

«La mairesse ne reconnaît pas l’opposition pourtant majoritaire et insiste pour limiter ses places sur les commissions, estime M. Léger. Parce qu’on est majoritaire au conseil, on est responsable des décisions qui y sont prises, mais […] on se retrouve à être responsable de décisions sur lesquelles on ne peut pas travailler.»

L’attaché de presse du cabinet de l’opposition Francis Dubreuil rappelle aussi que c’est à l’unanimité – mais non sans débat – que la plupart des compositions des commissions ont été adoptées, lors de séances du conseil municipal. «La mairesse tente de faire indirectement ce qu’elle ne peut faire directement», soutient-il.

Les commissions constituent la «seule tribune de l’opposition pour travailler les idées en amont du conseil», explique M. Dubreuil, rappelant que les seuls élus d’Action Longueuil forment le comité exécutif.

M. Dubreuil craint aussi qu’une alternance entre deux coprésidents fasse en sorte que des projets entamés une année soient avortés la suivante. «C’est donner beaucoup de pouvoir au parti qui a la coprésidence», avance-t-il.

Du côté du cabinet de la mairesse, on assure que les «canaux de communication sont toujours ouverts entre les deux chefs de cabinet», et que «la mairesse ne baissera jamais les bras pour trouver une façon de travailler ensemble».

Les mandats des commissions ont aussi été l’objet de discussions et ont fait consensus.

Rappelons que Sylvie Parent a suspendu le travail des commissions en juin, avançant que l’administration peinait à suivre devant les multiples mandats et rencontres pour chacune d’elles. Une décision interprétée comme un «recul démocratique» de la part de l’opposition.

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