Lutte contre la pauvreté: cinq projets locaux menacés

Lutte contre la pauvreté: cinq projets locaux menacés

Les membres de la Corporation de développement communautaire de l’agglomération de Longueuil (CDC AL) entourés d’élus et de représentants communautaires, le 3 avril.

Crédit photo : Sarah Laou - Le Courrier du Sud

FINANCEMENTS. Plusieurs élus et acteurs du milieu communautaire de l’agglomération étaient mobilisés ce mardi matin dans les locaux de l’Office municipal d’habitation de Longueuil afin de réclamer la prolongation de projets soutenus par le Fonds québécois d’initiatives sociales (FQIS) et dont l’échéance est prévue le 30 avril.

À l’initiative de la Corporation de développement communautaire de l’agglomération de Longueuil (CDC AL), cette conférence visait tout particulièrement à interpeller le ministre de l’Emploi François Blais. Sans intervention de sa part avant le 30 avril, ce sont 230 projets de lutte à l’exclusion et à la pauvreté qui seront abandonnés dans la province, dont cinq sont actuellement menés dans l’agglomération de Longueuil.

Il s’agit de soutien communautaire en logement social, de mesures d’hébergement d’urgence, de services aux personnes en situation d’itinérance, d’aide aux devoirs et d’intervention auprès des populations marginalisées.

Prolongation de six mois

Le 10 décembre dernier, Québec dévoilait pourtant son Plan d’action gouvernemental pour l’inclusion économique et la participation sociale 2017-2023, dans lequel il prévoyait la bonification du Fonds québécois d’initiatives sociales. Or, les organismes s’inquiètent du silence du gouvernement depuis cette annonce, car l’échéance des projets financés approche à grands pas.

«Ce financement transitoire n’aura servi à rien si les projets tombent quelques mois avant l’arrivée de ce plan sur notre territoire», estime le directeur de la CDC de l’agglomération de Longueuil Martin Boire.

Ainsi, pour permettre le maintien de ces projets, les organismes demandent une prolongation de six mois.

«Les investissements du gouvernement devaient atteindre 160,1 M$ sur cinq ans, rappelle M. Boire. La prolongation des projets sur une durée de six mois représenterait 4 M$ et permettrait aux différents acteurs du milieu d’identifier les projets les plus porteurs et structurants pour lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale. C’est essentiel qu’on prenne le temps de le faire, plutôt que de financer des projets à la pièce qui n’auront pas d’impacts porteurs.»

Des projets «structurants» menacés

À Longueuil, l’Office municipal de Longueuil, les Habitations communautaires Longueuil et les Habitations Paul-Pratt qui bénéficient d’intervenants de milieu pourraient bien voir ces ressources coupées. L’Abri-postal, permettant à près de 160 personnes sans domicile fixe de la Rive-Sud de recevoir leur courrier grâce à une boite postale à leur nom, pourrait également être arrêté.

«Les groupes communautaires portent une énorme pression, poursuit le directeur de CDC de l’agglomération de Longueuil. Alors nécessairement, si on perd ce financement-là, ces groupes ne pourront pas suppléer. Pour l’instant, les indications que nous avons sont que pour le 30 avril, il sera impossible de réunir les acteurs, d’identifier les projets, de signer les protocoles d’entente puis que ces projets soient financés. Au 1er mai, ces cinq projets majeurs vont prendre fin et des milliers de citoyens seront laissés pour compte.»

Martin Boire a cependant bon espoir que ces projets seront prolongés et que le gouvernement agira rapidement.

«Le gouvernement est capable de reconduire ces projets rapidement», croit le directeur de la CDC de l’agglomération de Longueuil, en rappelant que deux prolongations ont déjà eu lieu et que la dernière en date avait été envoyée sans intervention ni mobilisation des groupes communautaires.

Les porte-paroles de l’Office municipal de Longueuil, des Habitations communautaires Longueuil et des Habitations Paul-Pratt.

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