Mésententes à Saint-Lambert : le conseiller Bernard Rodrigue se dit victime d’intimidation

Mésententes à Saint-Lambert : le conseiller Bernard Rodrigue se dit victime d’intimidation

Crédit photo : Archives – Le Courrier du Sud

CONFLIT. Le conseiller municipal du district 3 à Saint-Lambert Bernard Rodrigue a profité de son droit de parole lors de la séance du 18 mars pour entre autres accuser le maire Pierre Brodeur d’intimidation. Accusations que ce dernier nie en bloc.

«J’aurais préféré ne pas faire cette intervention, mais comme les gens ici ne sont pas élus pour leurs compétences, certaines mises au point s’avèrent quelquefois nécessaires», a-t-il dit d’entrée de jeu.

M. Rodrigue a commencé son intervention en faisant quelques reproches pour non-respect des procédures à une conseillère dont il n’a pas dévoilé l’identité. Ont suivi des déclarations concernant le maire.

«Depuis le début de mon mandat au conseil municipal, un membre de celui-ci fait de l’intimidation de façon répétée auprès des autres élus, a-t-il d’abord affirmé. Cette intimidation rend le climat de travail malsain. Après la dernière séance publique, j’ai reçu une mise en garde de la part du maire. La semaine dernière, j’ai reçu un premier avertissement, par écrit, suivi d’une remontrance lors du caucus du 11 mars.»

«Ces interventions inappropriées ont pour but de m’empêcher de critiquer, de questionner le processus organisationnel et décisionnel, a-t-il ajouté. Nous recevons l’information nécessaire aux réunions en caucus le vendredi à midi et il m’apparait tout à fait normal que je pose des questions par courriel durant le week-end. Un supposé maire à temps plein n’est pas un fonctionnaire qui rentre au bureau le lundi matin à 10h. Il faut qu’il s’attende à avoir des questions le weekend. Un vrai leader maitrise ses dossiers et est apte à partager sa vision en tout temps.»

Après avoir assuré aux citoyens qu’il avait la ferme intention de poursuivre son travail, M. Rodrigue a conclu avec «un petit rappel; le silence, c’est un temps important en musique. Saint-Lambert mérite mieux».

Que ça cesse
Contacté par Le Courrier du Sud, Bernard Rodrigue est revenu sur ces accusations, réaffirmant avoir été victime d’intimidation lors d’écrits et d’échanges verbaux avec le maire, sans toutefois en préciser le contenu exact.

«Quand on demande de l’information additionnelle, ça provoque des réactions qui, parfois, sont démesurées, a-t-il indiqué. Le travail d’un élu, c’est de questionner, d’avoir tout ce qu’il faut pour prendre une décision. On ne peut pas subir de l’intimidation quand on essaie de faire son travail. C’est sûr qu’on peut être dérangeant quand on questionne, parfois. Mais c’est ça, faire de la politique.»

«Quand on veut faire passer ses idées, ce n’est pas en intimidant l’autre, c’est en partageant avec l’autre, a-t-il également affirmé. Vous avez le droit d’être à l’opposé de ma vision, et on est capable d’avoir une discussion. C’est ça, la communication. Ça n’a pas un sens unique, il faut s’attendre à des débats.»

Le conseiller assure avoir déjà discuté de la situation en privé avant de le faire publiquement. «C’est une escalade», dit-il.

«Ce n’est pas une thérapie publique que l’on fait. Je le dénonce parce que je veux que ça cesse; c’est le seul but que je vise.»

M. Rodrigue a par ailleurs reçu une lettre lui interdisant de participer au prochain caucus.

«On parle de faire une assemblée publique le 1er avril pour m’enlever le titre de maire suppléant», affirme-t-il.

Des excuses, s’il vous plait
Joint au téléphone, le maire de Saint-Lambert Pierre Brodeur a complètement nié les reproches de Bernard Rodrigue à son endroit et qualifié la façon de faire du conseiller de «malhabile».

«J’ai toujours dit aux élus de faire attention aux propos qu’ils tiennent, a-t-il expliqué. Je parle à l’ensemble du conseil; tous les membres reçoivent le même discours. Je n’ai pas de préférences envers l’un ou l’autre. J’ai dit en caucus que les gens doivent avoir un respect et faire attention aux propos qu’ils tiennent pour ne pas démobiliser l’appareil municipal. Les critiques n’ont pas toujours leur place.

M. Brodeur dit avoir demandé à M. Rodrigue de s’excuser à ses collègues, ce qui lui donnerait le droit de revenir en caucus.

«M. Rodrigue a créé un malaise au sein du conseil. Je lui demande de s’excuser auprès de ses collègues. J’ai dit que c’est la première chose à faire avant de revenir en caucus.»

Le maire a par ailleurs déploré que M. Rodrigue ait utilisé l’assemblée publique pour faire un «spectacle».

«J’ai toujours prôné de travailler en équipe et lorsqu’on joue en équipe, il y a les règles du jeu, a-t-il imagé. Dans le cas bien précis de M. Rodrigue, il n’a pas respecté les règles du jeu. On a des caucus, c’est l’occasion de s’exprimer entre élus. Les séances publiques, ce ne sont pas des séances de défoulement. On demande aux citoyens de respecter leurs trois minutes de parole. Comme élus, on doit donner l’exemple. M. Rodrigue a dépassé ses trois minutes; il aurait dû en parler en caucus, mais il était absent. Les absents ont toujours tort.»

Concernant le titre de maire suppléant de M. Rodrigue, M. Brodeur a confirmé qu’une assemblée extraordinaire aurait bel et bien lieu le 1<@V>er<@$p> avril, comme il était déjà prévu.

«Le conseil sera appelé à se prononcer, mais je ne veux pas divulguer l’ordre du jour», a-t-il dit.

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Quand même spécial de lire ça quand on se rappelle que ce maire, alors qu’il était candidat à la mairie, avait décidé que son slogan de campagne serait: « Ensemble en harmonie! » Selon lui, l’ancien conseil était dysfonctionnel. On voit aujourd’hui que ce maire n’a de leçons à donner à personne et que sa façon de faire tient plus de la dictature que de la recherche de consensus…