« Pas changer le monde, juste faire la différence »

« Pas changer le monde, juste faire la différence »

Considérant l'exploitation des enfants comme la pire des injustices

COOPÉRATION. Une expérience de bénévolat dans un orphelinat en Inde a été un élément déclencheur pour la Longueuilloise Roxana Robin. De retour au pays, elle a quitté son emploi dans une banque et a fondé Aide internationale pour l’enfance (AIPE), un organisme qui lutte contre l’exploitation des enfants depuis maintenant 15 ans.

Voir des enfants fouiller dans les poubelles, transporter de lourdes charges sur leur tête ou encore se prostituer a provoqué un «bouleversement total» pour Roxana Robin lorsqu’elle a mis les pieds en Inde pour la première fois.

«L’exploitation des enfants est la pire injustice au monde. Ils sont souvent forcés de travailler dans des conditions inhumaines. Un enfant ne devrait pas devoir travailler; il devrait jouer et aller à l’école», évoque la mère de deux enfants.

La Longueuilloise a mis quatre ans à mettre sur pied l’AIPE, travaillant en même temps comme éducatrice dans un CPE. Depuis 2004, elle se consacre à temps plein à son organisme à but non lucratif.

Résultats concrets

En collaboration avec des partenaires locaux, l’organisme vise la scolarisation et l’intégration des enfants à la société par le biais de la formation. Les enfants sont souvent contraints de travailler pour aider la famille et c’est pourquoi AIPE offre également du microcrédit aux familles afin de lutter contre cette pauvreté.

Le Centre Santikham en Thaïlande a été créé afin d’offrir un lieu sécuritaire à plus de 300 familles et de permettre la réinsertion sociale d’enfants originaire de la communauté d’immigrants illégaux. Les enfants peuvent jouer, socialiser et bénéficier de divers services d’accompagnements.

En Inde, des projets d’éducation et de lutte contre l’exploitation sexuelle ont aussi été mis sur pied. Depuis sa création, l’AIPE a permis à de nombreux enfants d’accéder à une formation: des tailleurs de pierre ou des employés d’une usine de crevettes sont devenus ingénieurs, infirmières, etc.

Entendue à l’ONU

Depuis quatre ans, l’AIPE, grâce à un statut consultatif spécial, siège au Conseil économique et social des Nations Unies.

Ce titre permettra à Mme Robin de prendre la parole à la Commission sur la condition de la femme, au siège des Nations Unies à New York, le 24 mars. Elle présentera une conférence sur l’impact positif du microcrédit sur les femmes marginalisées en Inde.

En jetant un regard sur les 15 dernières années, Mme Robin ne peut que se réjouir d’avoir fait le saut vers la coopération internationale. «Je ne regrette pas, c’est certain. Mais c’est plus fatigant!»

Rens.: aipe-cci.org

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