Un sentiment d’appartenance incomparable pour Jacques Miqueu

Un sentiment d’appartenance incomparable pour Jacques Miqueu

Jacques Miqueu continue de vivre de sa passion, année après année.

Crédit photo : Jean Laramée - Le Courrier du Sud

35 ans d’enseignement au cégep… et bien plus encore !

L’enseignant en éducation physique Jacques Miqueu a vécu l’implantation des cégeps au Québec, en 1967. Il a vécu de plus près que quiconque l’avènement du cégep Édouard-Montpetit (CEM), «son» cégep où il a étudié, joué, s’est entraîné et a enseigné durant les 35 ans dernières années.

Jacques Miqueu trône bien seul au sommet de la liste d’ancienneté du CEM, lui qui possède près de 10 ans d’expérience de plus que le deuxième plus vieil enseignant.

Ayant grandi à proximité de l’établissement du chemin de Chambly, le doyen du Cégep a développé un fort sentiment d’appartenance envers l’endroit qui lui a permis de gagner sa vie et de vivre des tonnes d’émotions.

«Je suis un petit peu spécial. Je ne suis pas certain que je reflète mes 600 collègues, admet-il avec le sourire. J’ai joué au basketball ici, j’ai aussi coaché. À un moment, mon frère était gérant. Mes filles et mes sœurs sont venues étudier ici. Ma sœur a même tenu sa réception de mariage sur le campus, au café étudiant! C’est familial, pour moi, ici.»

«Les gens qui font du sport, on est comme ça, poursuit-il On conserve un gros sentiment d’appartenance envers les établissements qui nous ont accueillis.»

Un milieu humain
Non seulement Jacques Miqueu en fait une affaire de famille, mais il met aussi en relief son environnement de travail et l’attitude des quelque 1000 employés qui l’entourent pour expliquer son attachement.

«Le monde aime travailler ici, on a un environnement de travail très plaisant, souligne-t-il. Quand on veut faire un projet, on est capable d’avoir de l’appui. C’est facile d’avoir de l’entraide même si on est dans une grosse boîte. C’est un milieu de travail très humain.»

Les plus grands changements
Ce qui a marqué l’enseignant depuis l’époque où il étudiait au CEM, c’est l’ambiance créée par la minime différence d’âge entre les élèves et les enseignants, à l’époque.

«Lorsque les cégeps sont arrivés, ç’a créé un énorme besoin de professeurs, souligne M. Miqueu. Ils se sont fait embaucher à la sortie de l’université, donc ils avaient 23 ou 24 ans, alors que les élèves en avaient 18. Ç’a créé une dynamique différente pendant quelques années.»

À ce moment, ces enseignants avaient peu d’expérience et personne ne savait vraiment comment gérer un cégep, selon l’homme. Ces mêmes enseignants sont toutefois demeurés dans l’établissement durant bon nombre d’années, ce qui a rétabli la situation avec le temps.

L’arrivée de l’École nationale d’aérotechnique a aussi créé un changement remarqué dans l’histoire du CEM. Les cégeps contenaient au départ environ 1500 étudiants chacun. Le CEM s’est rapidement distingué en 1972 avec cet agrandissement.

«Saint-Hubert et le campus principal, ç’a permis d’augmenter la population étudiante d’environ 2000 étudiants d’un coup et ç’a continué pour que le CEM devienne le plus gros au Québec, explique M. Miqueu. Ç’a été un moment d’explosion.»

«Beaucoup d’éléments sociaux ont aussi changé. Les professeurs fumaient dans les classes. Tous les bureaux avaient un cendrier. Maintenant, j’enseigne à des enfants d’élèves qui ont fréquenté le CEM il y a des années.»

Au chapitre des cours d’éducation physique, Jacques Miqueu considère que le CEM a été avant-gardiste. Le ministère de l’Éducation laissait le contenu de ces cours à la discrétion de chaque cégep. Le CEM a donc innové en créant la séquence de cours avec des objectifs clairs. Cette structure est devenue la norme dans les cégeps à la fin des années 1980.

Le seul aspect négatif que Jacques Miqueu trouve déplorable de son Cégep, c’est sa difficulté à propager les bonnes nouvelles.

«On est presque auto-suffisant, lance-t-il. Alors nos bons coups, ils ne sortent pas de nos murs comme ils le devraient. Les gens des autres cégeps m’en parlent, parfois. Pendant de nombreuses années, on n’a pas eu ce réflexe-là, de partager nos bons coups. Mais ça s’améliore.»

Un cinquantième anniversaire, c’est une bonne nouvelle. Et cette fois-ci, il la partage!

«J’ai toujours voulu enseigner au cégep, et si possible, au cégep Édouard-Montpetit.» – Jacques Miqueu

Souvenirs d’antan
D’aussi loin qu’il se souvienne, Jacques Miqueu a connu l’époque où, avant d’être converti en cégep, le cégep Édouard-Montpetit était l’Externat classique. Dans cet endroit, les Frères franciscains enseignaient aux adolescents.

«Je me souviens aussi que l’auditorium, à l’entrée présentait, des films à 25¢ le samedi, se remémore le professeur d’éducation physique. Le dimanche, ça se passait au sous-sol de l’église. L’hiver, nous avions la seule patinoire avec des coins ronds. Il n’y avait pas d’arénas dans ce temps-là.»

C’est en 1966-1967 qu’il a fréquenté l’Externat classique, dans la bâtisse du futur cégep, alors géré par la Commission scolaire régionale de Chambly.

De 1971 à 1978, durant son parcours collégial rempli d’aventures, Jacques Miqueu a eu la chance de vivre une expérience unique grâce à son programme d’échange en allant étudier au North Adams State College.

En 1981, il a terminé son parcours universitaire à l’Université de Sherbrooke. Il a alors décroché son premier emploi de gérant, qu’il a conservé durant trois mois, au Centre sportif du CEM.

Jacques Miqueu a commencé à enseigner en 1983 et n’a jamais cessé depuis, à l’exception d’une courte période, en 1995-1996, où il a été prêté à la Fédération de basketball du Canada.

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