Une fausse inauguration d’un logement social comme moyen de revendication

Une fausse inauguration d’un logement social comme moyen de revendication

Crédit photo : Gracieuseté

Élus, citoyens et médias étaient convié le 8 juin à l’inauguration d’Habitation Solidaires, à la station métro de Longueuil. Toutefois, pas de nouveaux logements sociaux tels qu’annoncé. Ce canular a plutôt été l’occasion pour les groupes communautaires d’exposer les réalités vécues par les femmes locataires et leurs besoins en matière de nouvelles unités de logement social.

Les groupes voulaient ainsi signifier le manque flagrant d’unités de logement social et l’absence de réserves de terrains et de bâtiments dans les nouveaux développements envisagés par les villes de l’agglomération de Longueuil.

«Nous ne pouvons pas ignorer les statistiques qui démontrent que les femmes sont plus touchées par les problèmes de logement, a indiqué Marjolaine Tapin, du Comité logement Rive-Sud, se basant sur l’enquête nationale sur les ménages de 2011. Par exemple, 41,1% des ménages locataires longueuillois ayant une femme comme principal soutien financier consacrent 30% et plus de leur revenu pour se loger comparativement 33,7% quand le principal soutien est un homme.»

Rachel Fortin du Pavillon Marguerite de Champlain a souligné l’importance de l’accès à du logement social pour les femmes victimes de violence. «Le fait d’avoir des conditions économiques adéquates et sécuritaires permet aux femmes de se sortir de leurs conditions de vulnérabilité et de rompre avec le cycle de la violence conjugale», a-t-elle mentionné.

Pour sa part, Audrey Gosselin Pellerin de la Table de concertation des groupes de femmes de la Montérégie a fait valoir les opportunités que représente le logement social, que ce soit pour la mère monoparentale qui peut ainsi quitter un logement insalubre ou encore pour une femme qui doit changer d’appartement parce que son colocataire la harcelait.

«La pauvreté a plusieurs visages et ceux-ci sont de plus en plus féminins, il est urgent que nos élus améliorent l’accès au logement social afin de pallier les inégalités systémiques qui touchent les femmes et leur offrir l’opportunité d’améliorer leurs conditions de vie et de développer leur plein potentiel au sein de notre société», a-t-elle poursuivi.

Les personnes présentes ont assisté à une mise en scène du Centre d’éducation et d’action des femmes de Montréal qui présentait les rapports de pouvoir et les comportements violents qui peuvent persister entre les propriétaires et le les femmes locataires.

Une locataire a aussi témoigné pour expliquer comment son loyer, dans une coopérative d’habitation subventionnée, a été une planche de salut pour sortir de la dynamique de violence conjugale dans laquelle elle était et pour petit à petit reprendre du pouvoir sur sa vie.

Cette action politique locale a été organisée par le Carrefour pour Elle, le Pavillon Marguerite de Champlain, le Centre des Femmes de Longueuil, la Table de concertation des groupes de femmes de la Montérégie, le Comité logement Rive-Sud et la Maison La Virevolte.

L’événement s’inscrit dans la foulée des préparations pour la marche De villes en villages pour le droit au logement organisée par le FRAPRU qui aura lieu à l’automne. Plusieurs personnes parcourront à pied la distance entre Ottawa et Québec afin de promouvoir l’importance du logement social. Les Longueuillois seront invités à un rassemblement lors de son passage à Longueuil, le 15 septembre.  (A.D.)

Une fausse inauguration de logements sociaux a été l’occasion de dénoncer le manque de ce type d’habitations sur le territoire de l’agglomération de Longueuil.

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