Nissan Frontier 2018 : c’est quoi ça, Instagram?

Nissan Frontier 2018 : c’est quoi ça, Instagram?


Le Guide de l'Auto

Article par Michel Deslauriers

Le marché des camionnettes intermédiaires gagnera en popularité avec l’arrivée du Ford Ranger 2019 et le lancement récent du Jeep Gladiator 2020. D’ici 2022, la marque Ram introduira elle aussi un nouveau pickup, et des rumeurs persistent selon lesquelles Hyundai en lancera également un très bientôt.

Les produits actuels dans le segment incluent le Toyota Tacoma, le Honda Ridgeline, le Chevrolet Colorado et le GMC Canyon. Et puis il y a le Nissan Frontier, qui poursuit sa carrière pratiquement inchangé après avoir été introduit au Salon de Detroit de… 2004.

Aux côtés de ses rivaux plus modernes, le Frontier a l’air d’un papi qui se demande bien c’est quoi cette étrange chose appelée Instagram dont parle ses petits-enfants. En 2004, l’Apple iPhone n’existait pas, Facebook venait tout juste de voir le jour et la population étasunienne trouvait que George W. Bush était l’homme de la situation et méritait un deuxième mandat en tant que président. En 2004, Usher dominait le palmarès de musique hot 100 de Billboard. Usher?

Et lorsque l’on dit que le Nissan Frontier n’a pas beaucoup changé depuis que la génération actuelle du camion a été mise en vente il y a 14 ans, on ne plaisante pas. Outre une grille de calandre retouchée et un radio plus moderne (lire : moins archaïque), le modèle 2018 pourrait passer pour un 2015. Ou un 2012. Ou un 2005. Curieusement, le constructeur a lancé une nouvelle camionnette sur d’autres marchés en 2014, mais on ne l’a pas eue chez nous.

Un quatre cylindres de 2,5 litres est disponible dans le Frontier S 4×2 de base, qui développe 152 modestes 152. Par contre, aussitôt que l’on choisit une autre déclinaison ou le rouage 4×4, le camion obtient un V6 de 4,0 litres. Ce dernier ne dispose d’aucune innovation technologique récente, mais parvient tout de même à produire 261 chevaux ainsi qu’un couple de 281 livres-pied, le tout géré par une boîte automatique à cinq rapports tout aussi vétuste. Les deux sont aussi rapides que des adolescents à qui l’on demande de ranger leur chambre, mais la motorisation permet au Nissan Frontier 2018 de remorquer jusqu’à 3 044 kilogrammes (6 710 livres) et de transporter une charge utile maximale de 649 kg (1 430 lb).

Bien sûr, certains concurrents peuvent faire mieux. Le Colorado et le Canyon équipés de leur moteur turbodiesel peuvent tirer jusqu’à 7 700 lb, alors que le nouveau Ranger avec son quatre cylindres EcoBoost peut remorquer jusqu’à 7 500 lb. Là où le V6 de Nissan brille, c’est au chapitre de la fiabilité – et les faibles coûts d’entretien, puisqu’il n’y a pas de turbocompresseur ou de système d’injection directe qui finiront par briser.

Par contre, la consommation de carburant est horrible. Lors de notre essai du Nissan Frontier édition Minuit 2018, on a obtenu une moyenne de 15,0 L/100 km. Le Tacoma V6 n’est que légèrement moins énergivore, cependant les cousins GM, le Ford et le Honda sont passablement plus efficaces.

En montant à bord du Frontier, on subit également des flashbacks du temps avant l’arrivée des médias sociaux. Le tissu des sièges n’a pas changé depuis 14 ans, quoique l’on aime bien son motif texturé. L’habitacle est exigu aux normes d’aujourd’hui, et le dossier de la banquette arrière est fixé à un angle avoisinant 90 degrés, alors les occupants s’y sentiront comme le Bossu de Notre-Dame. Le plastique dur et robuste composant le tableau de bord et les panneaux de porte a l’air d’avoir été conçu avec la collaboration de Little Tikes.

Sur la route, le Frontier adopte un roulement sautillant qui caractérisait les camionnettes d’antan. En comparaison, le Ridgeline donne l’impression d’être une Rolls-Royce. Une fois de plus, les composants du Nissan sont éprouvés, solides et le système à quatre roues motrices comprend une gamme basse pour procurer une certaine habilité hors route.

Oubliez l’écran tactile et le système de navigation dans la plupart des versions, disponibles uniquement dans l’édition Pro-4X du Nissan Frontier 2018. L’intégration Apple CarPlay et Android Auto n’est pas offerte. Le camion peut toutefois être équipé d’une connectivité Bluetooth, d’un port USB et de la compatibilité SiriusXM, tout comme un sonar de recul, des sièges avant chauffants, un toit ouvrant un climatiseur automatique bizone.

Le prix de base est établi à 23 998 $ avant les frais de transport et de préparation, faisant du Frontier la camionnette la moins chère sur le marché canadien. Par contre, choisir un rouage 4×4 – ce que tout acheteur devrait faire – fait grimper le tarif à au moins 28 898 $. C’est encore intéressant.

L’édition Minuit est une nouveauté pour 2018, et moyennant 35 398 $, elle propose un niveau d’équipement adéquat, des jantes en alliage noir de 18 pouces, une calandre noire, des marchepieds, des coques de rétroviseurs et des poignées de porte noirs ainsi que des pare-chocs de couleur assortie. Le camion s’avère assez joli doté de cet ensemble, sans toutefois pouvoir cacher son âge vénérable.

Alors, comment se mesure le Frontier vis-à-vis ses rivaux plus récents? Pas très bien. Il traîne de la patte au chapitre des fonctionnalités multimédias et de connectivité, il consomme beaucoup d’essence et son diamètre de braquage complique les manœuvres de stationnement au centre commercial. En contrepartie, sa construction est solide, il est peu dispendieux à entretenir et conserve bien sa valeur. Si l’on est à la recherche d’une camionnette sans dentelle, habile et fiable, le Frontier nous appelle.