Blindshot, premier roman de Denis Coupal: rêver en 24 images seconde

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Par Ali Dostie
Blindshot, premier roman de Denis Coupal: rêver en 24 images seconde
Denis Coupal (Photo : Gracieuseté / Pierre Arsenault)

LIVRE. Le nom Denis Coupal n’est pas connu du grand public. Du moins, pas encore. Pourtant, lors des séances de signatures organisées dans des librairies de la région, l’auteur de Brossard n’a pas de peine à convaincre les clients d’acheter Blindshot, son tout premier roman.

Et il semble que les attentes créées soient comblées, alors que le thriller cumule les critiques positives et réactions enthousiastes.

 

Voyez l’auteur se prêter à l’exercice de présenter, en une minute, son roman.

 

Blindshot – actuellement en anglais mais à paraître en français en 2020 – est né d’un coup de feu. Un coup de feu entendu depuis le bureau de Denis Coupal dans les Cantons-de-L’Est. Un coup, en un bel après-midi. Une balle perdue? Un coup volontaire? se demandait-il.

«Un chasseur, pas trop sportif, tirait de son camion, très près d’une montagne où il y avait une migration de cerfs. Je trouvais ça intéressant… et dangereux.»

Alors se transpose cette idée d’un coup de feu qui atteint le personnage de Paul Carignan, sans que l’on comprenne d’où vient le tir.

«Mais ça, c’est le côté thriller. Le plus important encore, plus humain et pertinent, c’est le côté social de Blindshot», tranche rapidement Denis Coupal.

Les enfants de Paul, insatisfaits de la façon dont les autorités gèrent – ou plutôt ne gèrent pas – l’enquête, décideront de prendre action.

«C’est un livre qui parle de deux jeunes qui prennent la loi dans leurs propres mains et disent: les autorités autour ne sont pas en contrôle de la situation, ce n’est pas assez. On mérite mieux et on veut mieux que ça. Cette idée que deux frères attaqueraient les gens responsables de quelque chose d’aussi horrible, je trouve que c’est vraiment l’enjeu. J’essaie, un peu comme dans Lord of the Flies [de William Golding], de faire presque une fable. Je ne sais pas si c’est ce le lecteur retient.»

Les styles littéraires ne sont pas des catégories étanches pour Denis Coupal, qui situe Blindshot à la frontière entre le thriller et quelque chose de plus littéraire. Sans compter qu’on lui a même dit que son roman a des allures de western.

«Les personnages sont importants. Tous les auteurs diraient ça, mais c’était important pour moi que la famille soit vraiment bien imaginée, bien entourée de vie et de vraies choses pour que ce soit de la littérature.»

Son œuvre se rapprocherait davantage d’un mélange entre Robert Ludlum et John Irving que, par exemple, Dean Koontz.

«Il est phénoménal, il a une plume incroyable mais je ne peux pas lire ses oeuvres: il entre dans la tête d’un serial killer qui décapite du monde!»

Comme au cinéma

Un premier roman, mais certes pas une première expérience d’écriture pour celui qui a écrit son premier scénario de long métrage à 16 ans. Denis Coupal a étudié le cinéma dans le but de faire des films. D’ailleurs, l’histoire de Blindshot se destinait d’abord à être raconté sur grand écran.

L’auteur a visualisé son roman de cette façon, et espère que ça se sent chez le lecteur, que «les pages se tournent vite».

L’écriture de ce premier roman lui a beaucoup appris, notamment quant à la structure, la discipline exigée et l’équilibre nécessaire avec une vie professionnelle remplie. Il espère, avec ce bagage, pouvoir «revenir en force» vers le cinéma, lui qui a déjà écrit quelques scénarios pour lesquels il avait obtenu du financement.

«Dans un roman, on vise plus simplement les lecteurs. En cinéma, il faut penser au producteur et au réalisateur. Mais dans les deux cas, il faut se permettre de rêver, d’avoir cette liberté créatrice. Sinon tu es mort, ça va être plate.»

«C’est un peu pour ça que j’ai choisi une idée qui lance beaucoup de défis: est-ce crédible que des jeunes fassent ce qu’ils vont faire? Je pense que oui. La réaction au livre est fantastique, les gens l’aiment pour différentes raisons. Ça veut dire que la créativité était là. Je suis fier de cet effort. J’ai écrit le livre que je voulais écrire.»

Des idées, des projets, tout plein

Denis Coupal adorerait certes voir Blindshot au grand écran – si un producteur dit oui, parfait – mais il est actuellement «trop emballé par ce qui se passe» pour en faire sa seule priorité. «J’ai plein d’idées.»

Tel un autre roman, «plus costaud», dont il entame la recherche, en plus du scénario d’un thriller «très urbain» qu’il écrit en ce moment.

Grand amateur du film Un zoo la nuit, il estime que l’oeuvre de Jean-Claude Lauzon manque au cinéma québécois. Si ce n’est pas lui-même qui se retrouve derrière la caméra, il aurait bien imaginé Lauzon réaliser le film dont le scénario est actuellement en écriture.

Et depuis tout récemment, des copies du scénario d’une comédie dramatique qu’il a coécrit avec sa conjointe reposent sur les bureaux de producteurs montréalais avec, dans la même enveloppe, Blindshot.

Durant la conversation, il évoque aussi une nouvelle «plus artistique et poétique, un peu comme L’Alchimiste de Paulo Coelho», qu’il rêve d’écrire depuis 30 ans.

«J’ai des goûts éclectiques et j’aimerais faire des films éclectiques, qui ne seront pas tous comme Blindshot, mais qui iront dans toutes les directions.»

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