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Boeing 737-200 : un seul vol de nuit par semaine est prévu

mercredi le 20 mars 2019
Modifié à 17 h 12 min le 20 mars 2019
Par Ali Dostie
AÉROPORT. Des cinq vols de Boeing 737-200 par semaine prévus dès avril à l’aéroport de Saint-Hubert en vertu du contrat entre Chrono Aviation et la société minière Baffinland Iron Mines, un seul d’entre eux sera effectué de nuit. Voilà l’un des faits qu’a tenu à rectifier le vice-président de l’entreprise Dany Gagnon. M. Gagnon s’est présenté à la période de questions du public de la séance du conseil municipal du 19 mars, qui a été fort courue par des résidents riverains de l’aéroport. Ce dernier souhaitait d’une part connaître les craintes des citoyens et d’autre part rétablir les faits. Il a d’ailleurs passé plusieurs minutes avec ceux-ci à la suite de la période de questions. Selon lui, beaucoup de fausses informations ont circulé concernant les Boeing 737-200. Certains ont avancé que ces modèles avaient été interdits de circulation en Europe parce que trop bruyants. «C’est faux, tranche-t-il en entrevue. Dans tous les pays régis par l’OACI [Organisation de l'aviation civile internationale], dont le Canada, les avions doivent être munis de silencieux "stage 3".» 30% moins bruyant Dans cette catégorie de silencieux, il existe différentes marques et modèles. Celui dont sont munis les deux Boeing 737-200 de la flotte de Chrono Aviation en est un «extrêmement rare, que l’on voit nulle part au Canada». «C’est un silencieux 30% plus performant que les autres silencieux stage 3. Donc, l’avion est 30% moins bruyant que les autres 737-200 qui circulent au Canada», expose M. Gagnon Les Boeing 737 200 dotés d’un silencieux font un décollage à puissance maximale qui se tient sous la barre des 90 db. «Mais la très grande majorité des décollages dans l’industrie actuellement se font à puissance réduite, pour des raisons évidentes d’économie d’essence mais aussi d’économie de moteur. Donc, avec ce qu’on opère, on sait que quelques secondes seulement après le décollage, on est sous la barre des 71 db.» «C’est très raisonnable pour un avion qui part d’un aéroport, ajoute-t-il. On sait qu’un avion fait du bruit. On est conscient et on comprend très bien les citoyens. Mais il ne faut pas mettre tous les œufs dans le même panier.» Un Boeing qui atteint les 3000 pieds en 1 minute est aussi très différent des manœuvres que font les écoles de pilotage, avec des mouvements incessants de plus petits avions, à 1500 pieds. Il rappelle de plus que les mouvements de Boeing 737-200 seront beaucoup plus limités que ce que font les écoles de pilotage. Et la majorité des vols auront lieu en après-midi. Dans le cas de l’entente avec Baffinland Iron Mines, Chrono Aviation a répondu à la demande d’un vol de nuit. «En tant que compagnie aérienne, nous n’avons aucun avantage à faire des vols de nuit. C’est exceptionnel, un horaire comme celui-là», assure Dany Gagnon. De plus, en décollant de la piste 06 autant que possible, la trajectoire des avions survolera davantage de champs que s’ils empruntaient la piste 24. Les atterrissages se feront de nuit, mais M. Gagnon assure que le niveau de bruit n’a rien à voir avec celui du décollage. Puisque la piste est suffisamment longue – 7800 pieds –, les avions n’ont pas à mettre en marche les inverseurs de poussée (qui emploieraient la puissance maximale des moteurs) à l’approche de la piste. «Au moment de toucher le sol, la puissance des moteurs est à zéro, illustre M. Gagnon. Je peux garantir que l’on entendra pas les avions atterrir.» En développement Si l’aéroport de Dorval est en mesure d’implanter un couvre-feu aux plus gros transporteurs la nuit, M. Gagnon estime que l’aéroport de Saint-Hubert n’est pas dans la même position pour le faire. «L’aéroport de Dorval est inondé d’avions, il peut se permettre de refuser des vols. À l’aéroport de Saint-Hubert, qui est en train d’essayer de se développer et d’attirer une clientèle de transporteurs aériens et de passagers, c’est très difficile de séduire de nouveaux opérateurs si on met de nouvelles limites d’opération.» Le vice-président de Chrono Aviation a aussi réitéré les impacts économiques importants d’un tel contrat et du rayonnement de son entreprise. Cette dernière, qui ne comptait qu’un avion il y a à peine trois ans et en compte aujourd’hui une quinzaine, a permis la création d’une centaine d’emplois. «Si 800 personnes débarquent et viennent manger au marché public, je pense qu’il y en a qui vont sauter de joie. Même chose pour les hôtels autour, les stations-services. Il y a des retombées non-négligeables.»

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