Budget du Québec : Un goût amer pour le communautaire

Budget du Québec : Un goût amer pour le communautaire
Maude Boulay, agente de développement de la CDC de l’agglomération de Longueuil (Photo : Gracieuseté)

Le 25 mars dernier, le gouvernement du Québec a déposé un budget qui laisse un goût amer au milieu communautaire. Les 41,8 M$ offerts pour 2021-2022 sont très loin des 460 M$ par année revendiqués par les 4000 groupes communautaires autonomes de la province. De l’argent qui, de plus, ne répond pas aux besoins des organismes puisqu’il est en grande partie non récurrent.

Il s’agit d’un très net recul par rapport aux dernières années, d’une gifle monumentale par rapport aux espoirs suscités par les discussions des derniers mois sur le prochain Plan d’action gouvernemental en matière d’action communautaire (PAGAC) qui devait être déposé ce printemps et qui finalement est repoussé d’un an.

Dur à croire qu’à peine quatre jours avant le dépôt, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, lors de son discours d’ouverture du Forum Voir Grand, clamait que «la crise sanitaire a mis en lumière le rôle essentiel des organismes d’action communautaire autonome pour le maintien de notre filet social.»

Cette reconnaissance en bons mots ne vaut rien si elle n’est pas accompagnée d’enveloppes pour répondre aux besoins grandissants de nos communautés. De surcroît, des besoins qui ont été exacerbés par la crise. La pandémie a accentué la charge de travail dans les organismes communautaires et a mis en lumière, de manière encore plus évidente, le sous-financement de notre secteur d’emploi.

À force de faire plus avec moins pour ne laisser tomber personne, les travailleuses et travailleurs du communautaire sont en train de payer de leur santé. Une étude menée par le Laboratoire de recherche sur la santé au travail de l’UQAM soutient que «29% [des travailleuses et travailleurs du communautaire] affirment vivre de l’épuisement professionnel, une augmentation de 9% par rapport à la situation prévalant avant la crise sanitaire.»

Comme société, nous avons fait le choix de nous doter d’un filet social qui réduit les inégalités et nous permet de traverser des crises comme celle que nous vivons. Les trous dans notre filet sont de plus en plus gros et ce sont les populations vulnérables qui en souffrent. Allons-nous choisir de laisser notre filet se désagréger ou réclamer du gouvernement qu’il investisse pour le renforcer? Faites-vous entendre. Interpelez vos députés!

Maude Boulay, agente de développement et communication

Corporation de développement communautaire de l’agglomération de Longueuil (CDC AL)

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