Contrer la pénurie de personnel avec des tire-pois

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Par René Vézina
Contrer la pénurie de personnel avec des tire-pois
(Photo : Denis Germain - Le Courrier du Sud)

C’est un thème qui devrait se retrouver au coeur de la campagne électorale fédérale, mais qui demeure sur les lignes de côté. En tous cas, jusqu’à présent. Il est question ici de la pénurie de la main-d’œuvre.

C’est vrai qu’elle frappe beaucoup au Québec, plus qu’ailleurs au pays. Au dernier relevé, présenté à la mi-septembre, on parlait de 140 000 postes à combler dans tous les domaines. C’est énorme. Les employeurs en Montérégie en savent quelque chose en raison de la vitalité économique de cette région.

Le chiffre a été avancé lors de l’annonce d’un nouveau plan d’action par le ministre québécois du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale Jean Boulet. À défaut d’engagements fédéraux, le gouvernement du Québec y va de ses propres actions. C’est louable, mais loin d’être concluant.

En deux mots, pour ce qui est de la principale mesure, Québec va allouer 7 M$ sur cinq ans pour inciter les employeurs à engager des travailleurs «expérimentés». À noter ici que c’est le mot poli pour désigner des gens de 60 ans et plus.

Oui, on a longtemps déconsidéré les travailleurs plus âgés. Mais c’était à l’époque où la main-d’œuvre disponible était abondante. Ce n’est plus le cas. De là cette perche tendue aux employeurs. Ils pourront recevoir un crédit d’impôt de 50% sur la paie (mais pas au-delà du salaire minimum) la première année s’ils engagent des travailleurs autrement voués à la retraite.

C’est bien. Mais voici deux bémols.

Un, ce n’est pas une grosse somme. À peine 1,4 M$ par année. En comparaison, c’est à peine plus que ce qu’il en coûte pour construire un kilomètre d’autoroute au Québec. On part à la guerre avec des tire-pois.

Deux, le problème n’est plus du côté des employeurs. Ils cherchent désespérément du renfort et ces travailleurs «expérimentés» ne les rebutent plus. Même McDonald’s en recrute! Oui, il faut composer avec leurs demandes, et des horaires irréguliers, mais on a fini par reconnaître leurs qualités et leur contribution potentielle. En d’autres mots, quand Québec offre des avantages fiscaux aux employeurs, il prêche à des convertis.

C’est plutôt du côté des travailleurs eux-mêmes qu’il faudrait agir. Ils ne se précipitent pas à répondre aux offres d’emplois qui défilent. Pour cause: avec l’âge, on apprend à calculer. Il faudrait donc leur proposer plus d’avantages fiscaux pour demeurer actifs que les minces incitatifs qui leur sont aujourd’hui proposés.

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