Rose Lévesque célèbre 30 ans de passion artistique

Rose Lévesque célèbre 30 ans de passion artistique

Rose Lévesque s'est inspirée de Saint-Hubert pour peindre ces toiles

PORTRAIT. Faire découvrir les splendeurs du Québec, voilà l’un des fils conducteurs et l’une des missions que s’est donné Rose Lévesque en érigeant au fil des ans sa Maison-musée qui regorge aujourd’hui de murales et de tableaux. La résidente de l’arr. de Saint-Hubert célèbre cette année 30 ans de vie artistique.

Cette artiste originaire de la Gaspésie connaît bien le Québec. Le hasard de la vie – et le métier de son mari – a fait qu’elle a beaucoup voyagé. Les paysages du Québec et l’histoire de la province sont devenus sources d’inspiration pour elle.

Ce n’est donc pas un hasard si les visiteurs peuvent apercevoir sur les murs de sa demeure le barrage de la Manicouagan – où elle a vécu cinq a et «vu ce monstre sortir du sol» –, le rocher Percé, la maison Alphonse Desjardins ou encore une célèbre cascade de l’île d’Anticosti.

Rose Lévesque ouvre ses portes gratuitement lors de la Journée des musées et les Journées de la culture. Elle reçoit aussi fréquemment des groupes.

Dans l’engrenage

Ce projet d’envergure – 35 murales – a  néanmoins démarré modestement. En 1996, Rose Lévesque a entrepris de peindre dans sa salle à manger une murale qui représentait l’histoire de la famille de son mari, et de son coin de pays, la Gaspésie.

«Le conseiller municipal Roger Roy était venu à la maison et avait vu la murale. Il m’avait dit "vous devriez montrer ça au monde!" Un bon dimanche, j’ai mis une pancarte "portes ouvertes" devant chez moi"», relate l’artiste-peintre.

C’est en constatant l’enthousiasme des visiteurs que Mme Lévesque a décidé de poursuivre son projet. «Ce qui m’a stimulée, ce sont les gens qui sont venus me voir et qui m’ont dit que mes peintures leur donnait le goût de visiter le Québec. Une fois prise dans l’engrenage, j’ai voulu aller jusqu’au bout!»

La Maison-musée est maintenant achevée, non pas par manque d’énergie, mais simplement… par manque d’espace!

Rose Lévesque se tient encore toujours bien occupée, se consacrant notamment à l’art abstrait, ajoutant ainsi des œuvres aux quelque 715 tableaux qu’elle a peints au cours de sa vie.

Plusieurs arts à son arc

En plus de la peinture, Rose Lévesque se consacre depuis plus de 30 ans à la poésie. En plus d’écrire des poèmes – dont certains lui ont valu des prix – elle organise un café poésie, chaque Journée de la femme, depuis 18 ans. En 2010, elle a fondé l’Association des amis de la poésie.

L’artiste a par ailleurs écrit D’histoire en histoire, du passé au présent, qui relate les coutumes, les «ennuis et "désennuis"» à travers le temps au Québec. Un ouvrage qui a nécessité beaucoup de recherche. Elle compte aussi le premier tome de son autobiographie parmi ses parutions.

L’art, «c’est une passion pour moi. Des fois, je pense à ralentir, mais dès que je repars dans un nouveau projet, j’oublie mon âge!»

 

Transmettre

Si les visiteurs ont inspiré Rose Lévesque par leurs commentaires, l’artiste a à son tour inspiré les gens de son milieu. Elle a notamment offert des cours de peinture, dévoilant les trucs qu’elle a acquis au fil de la pratique.

Bien qu’elle ait déjà suivi un cours de peinture, elle se considère comme une autodidacte. «J’ai rapidement lâché le cours; je trouvais que ça n’allait pas assez vite!» lance-t-elle.

Au fil du temps, en parlant de son art aux gens qui l’entourent, Rose Lévesque a constaté qu’elle attirait les confidences. «L’art est un peu comme une thérapie. Tu vois la vie en couleurs quand tu travailles avec la couleur, image-t-elle. J’ai sauvé des gens de la dépression profonde.»

Elle relate l’histoire d’une femme qui se confie parfois à elle, et qui lui a dit qu’elle était comme une famille adoptive. «J’aime aider les gens. Je me sens bien. Les gens se confient à moi et je les conseille comme je conseillerais ma fille.»

Poursuivant son souhait d’aider, elle alimente toutes les six semaines sept bibliothèques en libre-service qu’elle a installées dans divers lieux du quartier, s’adressant particulièrement aux gens plus défavorisés.

«Ça va très bien, il y a un bon roulement. Chaque fois que je mets un vieux dictionnaire, il part tout de suite, relève-t-elle. S’il ne revient pas, ce n’est pas grave; ça veut dire qu’il y avait un besoin.»

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