De retour au Québec, David Saint-Jacques reçoit une longue ovation

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Par Katherine Harvey-Pinard
De retour au Québec, David Saint-Jacques reçoit une longue ovation
(Photo : Jean Laramée - Le Courrier du Sud)

David Saint-Jacques a été accueilli sous un tonnerre d’applaudissements à l’Agence spatiale canadienne ce matin. Il s’agit d’un retour au Québec pour l’astronaute, qui vient de passer 204 jours en orbite.

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«Je suis vraiment fier d’avoir représenté le Canada, l’Agence spatiale et chacun d’entre vous individuellement dans cette incroyable aventure que je n’ai pas encore fini de digérer», a dit d’entrée de jeu le Lambertois, s’adressant aux dizaines d’employés de l’ASC réunis à l’entrée du centre spatial John-H.-Chapman.

«Je suis revenu sur Terre d’abord, après je suis revenu dans mon équipe opérationnelle; je suis revenu dans ma famille et maintenant, je reviens un peu dans mon équipe: la boucle est bouclée. Merci», a également souligné l’astronaute, qui semblait en forme et touché de revoir son équipe.

L’expérience d’une vie
On aurait pu entendre une mouche voler lorsque David Saint-Jacques s’est lancé dans le récit des moments marquants de ses six mois en orbite. L’astronaute présentait en même temps quelques photos personnelles prises au fil de son séjour. Chacune d’entre elles était accompagnée d’une anecdote.

«C’est la machine la plus complexe jamais bâtie par le cerveau humain, mais c’était encore plus que ça: c’était ma maison pendant 204 jours, dit-il d’abord au sujet de la Station spatiale internationale. C’est une petite oasis de vie au milieu de l’espace. C’est le résultat de collaborations, d’accords, de créativité. Ce n’est pas tant la technologie que le fait que ça nous amène à travailler ensemble qui est exceptionnel.»

David Saint-Jacques est entre autres revenu sur sa relation avec ses deux collègues de la mission Expedition 58/59, l’Américaine Anne McClain et le Russe Oleg Kononenko. Bien plus que des collègues ou des amis, ils forment maintenant une fratrie, «incluant des chicanes de temps en temps», affirme-t-il en riant.

«Nous sommes fiers d’être membres d’une équipe internationale. Malgré tous les problèmes politiques qui existent et que nous ne pouvons effacer, tous les jours, dans l’espace, nous démontrons qu’il y a une voie à suivre. Quand nous réussissons à mettre nos différences de côté, nous pouvons accomplir des miracles.»

Une sortie mémorable
L’un des moments mémorables de David Saint-Jacques a été sa sortie extravéhiculaire de six heures. Il est également devenu le premier astronaute canadien à utiliser le Canadarm2.

«C’est quelque chose que tous les astronautes souhaitent faire un jour, révèle-t-il. Il n’y a jamais de garantie, mais nous nous préparons pendant des milliers d’heures pour être prêts à cela. C’est un gros travail d’équipe.»

«C’est paradoxal; on ne se sent pas vraiment seul dans le scaphandre. On ressent ce fort sentiment d’être un représentant de cette énorme équipe, souligne-t-il. Quand j’y étais, avec seulement l’habit entre l’espace et moi, avec la Terre qui roulait doucement sous moi, j’ai senti que j’étais une partie de cette énorme chose qu’est l’esprit humain. L’esprit humain a une énorme portée. Tu peux imaginer la taille d’un humain sur Terre; les gens sont petits. Mais leurs esprits… toute cette humanité. Et voilà que je suis ici, à les représenter, confortable, dans ce scaphandre. C’était incroyable, émotionnel, d’être cette extension de l’humanité.»

Au cours des prochaines semaines, David Saint-Jacques poursuivra sa réhabilitation. Il croit qu’il devrait récupérer un état mental et physique normal d’ici les deux à six prochains mois.

L’astronaute continuera également sa «réinsertion sociale»; il a pu se rendre au chalet de ses parents hier soir et il compte bien retrouver ses amis prochainement.

De jeunes admirateurs
Des jeunes du camps de jour de l’École nationale d’aérotechnique (ÉNA) ont pu poser quelques questions à David Saint-Jacques, ce qui a donné lieu à quelques moments cocasses. Une jeune fille a entre autres demandé à l’astronaute s’il y avait beaucoup de place dans la fusée Soyouz. Saint-Jacques l’a fait monter sur scène pour lui répondre.

«Dans la fusée, on est trois. Toi, tu seras le commandant, qui est au centre. On est tellement proche que nos épaules se touchent, comme ça, explique-t-il en imitant le tout. On a plein de bagages, on ne peut même pas se voir les uns les autres. On peut juste voir les cadrans, les écrans de contrôle, et nos mains. C’est incroyable, hein? Quand on arrive dans la station, là, il y a de la place!»

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