Diocèse de Saint-Jean-Longueuil: poursuivre la mission malgré les coups durs financiers

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Par Ali Dostie
Diocèse de Saint-Jean-Longueuil: poursuivre la mission malgré les coups durs financiers
(Photo : Denis Germain - Le Courrier du Sud)

Depuis le début de la pandémie, le Diocèse de Saint-Jean-Longueuil n’a mis à pied aucun des quelque 40 prêtres et 100 agents de pastorale qui œuvrent dans les 45 paroisses et au centre diocésain. Ceux-ci sont appelés à apporter leur soutien à leur prochain, notamment en prêtant main-forte aux organismes communautaires.

«Dès le départ, on s’est dit que notre mission n’est pas de mettre du monde dehors ou de fermer des églises, indique l’économe diocésain Paul De Leeuw. Tout le personnel pastoral [des laïcs] est maintenu en travail, dans le milieu communautaire, ou encore en offrant des services d’écoute auprès de personnes âgées.»

Il cite en exemples l’église Notre-Dame-de-Grâces transformée en centre de jour pour itinérants et l’émission diffusée chaque matin sur TVRS; une aide spirituelle pour les paroissiens qui en ressentent le besoin.

Par ailleurs, une large part des bénévoles, âgés de 70 ans et plus, doivent demeurer à la maison. Le Diocèse s’est tourné alors vers les jeunes. «On a fait un appel aux jeunes et on a obtenu de bonnes réponses. L’équipe pastorale a su les motiver, pour aider des organismes dans la communauté.»

Chute de 30% des revenus

Payer les salaires des prêtres et agents de pastorale, normalement défrayés par les paroisses, représente un coût mensuel de l’ordre de 200 000$.

Le Diocèse pourra-t-il tenir le rythme durant toute la pandémie? «On vit d’espoir, lance M. De Leeuw. On n’y peut rien. C’est notre mission. On espère que quand nous retrouverons une certaine normalité, les gens verront les efforts qui ont été déployés.»

Dans le contexte actuel où plusieurs citoyens ont perdu leur emploi, il est délicat de demander des dons, fait-il valoir.

Plusieurs fabriques de paroisse sont éligibles à la subvention salariale d’urgence qui couvrira 75% des salaires. «Cela aidera tout le monde», admet-il.

D’autant plus qu’avec la fermeture des églises, les revenus de l’ensemble des paroisses ont chuté de 30%, uniquement en mars. Ce sont 400 000$ en moins qui entrent dans les coffres du diocèse.

À elle seule, la fin de la quête représente une perte de 100 000$ pour ce même mois. Les revenus de la dime se voient réduits d’un montant similaire.

Ces chiffres pour le moins alarmants ne laissent rien présager de bon pour le bilan d’avril. «En mars, il n’y avait que deux semaines de pandémie. En avril, c’est tout le mois, rappelle M. De Leeuw.  Je n’ai pas envie de demander les chiffres!»

Variable

Au cours de l’été 2019, le plâtre du plafond de la cocathédrale a été refait jusqu’au jubé, complétant ainsi la restauration du chœur, terminée en 2018.

La situation est plus ou moins critique, selon la santé financière des paroisses. Déjà, en décembre 2019, la moitié d’entre elles enregistraient un déficit budgétaire variant entre 5 et 40%.

À la paroisse Saint-Antoine-de-Padoue, la baisse de revenus est de 51%. Avec ses coûts d’entretien et ses travaux de réfection, «la cocathédrale nous préoccupe», avance l’économe diocésain.

Chacune des phases de travaux effectués et à venir se chiffrent à un demi-million de dollars, pour un total de 3,5 M$. En 2019, les travaux pour refaire le plâtre se sont avérés moins chers que prévus.

Par ailleurs, entre mars 2019 et mars 2020, les mariages célébrés à la cocathédrale, très prisée pour ces célébrations, ont chuté de 86%.

Pour d’autres paroisses, le coup est moins dur à absorber. C’est le cas de la paroisse de la Visitation qui, grâce à la vente d’une église il y a quelques années, bénéficie d’un petit coussin.

La crise précipitera-t-elle la vente d’églises, alors que 28 des 95 lieux de culte du diocèse ont connu ce sort au cours des dernières années? «Je ne sais pas. Peut-être, laisse entendre Paul De Leeuw. On en a vendu plusieurs, car il y en avait trop. Mais là, nous serons peut-être obligés de couper dans les églises qui [financièrement] deviennent excédentaires.»

Deuils

Sur le plan humain, l’impossibilité de célébrer des funérailles est l’un des éléments les plus éprouvants de la pandémie, cible Paul De Leeuw, qui a récemment perdu un frère ainsi que son ami Claude Lafortune.

Seule consolation, il est possible, au moment de l’inhumation, que deux ou trois personnes soient présentes avec le prêtre, qui prononcera une prière.

Ce n’est pas demain que les églises ouvriront et que des messes pourront y être célébrées. «Avoir une vraie célébration, ce sera difficile. Il y a beaucoup de choses à revoir, à repenser. Pour donner la communion, pour l’instant, nous n’avons pas de solutions» expose-t-il.

Entre-temps, des messes sont diffusées chaque matin à TVRS, à partir de l’église Saint-Georges.

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Michel Tétrault
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Michel Tétrault

Bon, je m’attendais que les églises rouvrent à l’automne ou plus tard, comme je peux voir ça sera impossible, dommage, je commence à m’ennuyer de mon église, j’ai pas un bon felling, je crois elles vont rester fermé indéfiniment, il y aura plus de religion, et, ça m’inquiète énormément…