Actualités
COVID-19

Hôpitaux du Grand Montréal: la situation est «très critique»

lundi le 11 janvier 2021
Modifié à 9 h 32 min le 13 janvier 2021
Par Ali Dostie
La situation «très critique» dans les hôpitaux du Grand Montréal impose un important délestage qui affectera plusieurs unités du réseau hospitalier. Le premier ministre demande aux Québécois de limiter leurs contacts avec les gens de 65 ans et plus. «La situation est très critique, la hausse des cas impose une pression énorme sur les hôpitaux, malgré tous les efforts et les mesures mises en place. Des patients risquent d’en subir les conséquences», a détaillé la sous-ministre adjointe au ministère de la Santé et des Services sociaux Lucie Opatrny, en conférence de presse ce lundi. Au cours des dernières semaines, le nombre d’hospitalisations dans la région de Montréal a doublé, passant de 472 à 1071. Des hôpitaux ont atteint le niveau maximum de délestage. [caption id="attachment_106511" align="alignright" width="444"] Lucie Opatrny, la sous-ministre adjointe au ministère de la Santé et des Services sociaux[/caption] Ainsi, les chirurgies semi urgentes et non urgentes, les tests de dépistage du cancer du colon, les greffes de rein provenant d’un donneur vivant et de nombreuses consultations non urgentes en cliniques externes spécialisées sont quelques exemples d’activités délestées. Certains patients sont transférés vers d’autres centres hospitaliers. En conférence, l’exemple d’un patient de l’Hôpital Anna-Laberge transféré en Estrie a été donné. «Pour le moment, on essaie d’avoir des soins qui se donnent de façon locale», a toutefois précisé Mme Opatrny. Le manque important de personnel, notamment parce qu’il a été déployé dans les milieux de vie pour aînés, contribue à aggraver la situation. Réduire le nombre de chirurgies d’un jour, notamment, permettra de déployer des infirmières aux soins intensifs, d'augmenter le nombre de lits et d’agrandir la capacité hospitalière dans la région. «On demande à la population de respecter les mesures sanitaires en place. Le non-respect [de ces mesures] sera dramatique pour le réseau de la santé et la population», a-t-elle évoqué. En cas de dépassement, cela «imposerait de prendre des décisions encore plus difficile qu’elles ne le sont déjà», a laissé entendre Mme Opatrny. Québec n’en est toutefois pas encore à mettre en marche le protocole de priorisation qui déterminerait quel patient soigner advenant un manque de places. Des formations et simulations sur papier ont toutefois débuté. «Il y a quelques mois, on se disait que c’était hypothétique, mais malheureusement, le recours [à ce protocole] est de plus en plus une possibilité», a relevé la sous-ministre adjointe. Dans ce contexte, le premier ministre François Legault a rappelé que les travailleurs du milieu de la santé ainsi que les personnes âgées de 65 ans et plus sont les deux groupes à protéger d’abord. Une proportion de 80% des patients COVID ont 65 ans et plus, et 95% des décès sont des personnes de ce groupe d’âge. «Si on se met tous ensemble pour éviter des contacts avec ces personnes, on va régler une grande partie du problème», a signifié le premier ministre. Vaccins Le ministre de la Santé et des Service sociaux Christian Dubé a informé que plus de la moitié des personnes en CHSLD ont été vaccinées et que d’ici deux semaines, ce sera l’ensemble des personnes de ces milieux qui auront reçu leur vaccin. «C’est une excellente nouvelle», s’est-il réjoui. Plus de 60 000 membres du personnel de santé sont vaccinés et Québec espère que l'ensemble du personnel soignant le sera d’ici la mi-mars. De plus, l’objectif de vacciner 250 000 Québécois d’ici début février demeure «dans la ligne de mire» du gouvernement. En ce moment, plus de 80% des doses reçues ont été administrées, ce qui fait dire à M. Dubé que le Québec serait en mesure de recevoir encore davantage de doses. «Des vaccins, amenez-en, on est prêt à vacciner.» Alors que Québec a changé de stratégie pour utiliser le plus de vaccins possible plutôt que d’en conserver pour une deuxième dose, des discussions sont en cours entre les fabricants et la Santé publique quant à l’intervalle à respecter entre les deux doses à administrer. Couvre-feu François Legault s’est dit «impressionné, touché» de voir comment les Québécois ont suivi les directives entourant le couvre-feu, en vigueur depuis samedi. «Les Québécois ont été solidaires et sont restés chez eux», a-t-il dit. En deux nuits cette fin de semaine, 740 contraventions ont été remises à travers le Québec. «C’est beaucoup, mais pas beaucoup», a-t-il qualifié, remerciant d’un même souffle les policiers qui ont, comme demandé, adopté une approche plus coercitive. M. Legault s’est par ailleurs dit heureux de voir les enfants de retour à l’école. Si certains soulèvent le risque d’un retour en classe, M. Legault le présente comme un «risque calculé», les inconvénients de garder les enfants à la maison étant plus nombreux. «C’est un risque calculé, j’assume ce choix là.»

Connectez-vous afin de pouvoir ajouter des commentaires

Connectez-vous