Infrastructures: des sommes disponibles pour les municipalités

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Par Ali Dostie
Infrastructures: des sommes disponibles pour les municipalités
Le ministre François-Philippe Champagne (Photo : Jean Laramée – Le Courrier du Sud)

POLITIQUE. Le Québec – et la Rive-Sud – doivent être en mesure de se doter d’infrastructures modernes, «colonne vertébrale» essentielle à une croissance économique solide. L’aide ponctuelle de 2,2 G$  – inscrite au budget fédéral 2019 –, qui vient bonifier le Fonds fédéral sur la taxe sur l’essence, donne les outils nécessaires aux municipalités.

C’est en ces termes que le ministre fédéral de l’Infrastructure et des Collectivités François-Philippe Champagne s’est adressé au monde politique et des affaires de la région et a présenté la «vision ambitieuse» de son gouvernement, lors d’une conférence devant la Chambre de commerce et industrie de la Rive-Sud (CCIRS), le 26 mars.

«Nous donnons les ressources nécessaires aux municipalités pour bâtir les infrastructures du 21e> siècle, des infrastructures modernes, résilientes et vertes», a-t-il qualifié.

Ainsi, le budget fédéral du ministre des Finances Bill Morneau verse 4,3 G$ dans le Fonds fédéral sur la taxe sur l’essence. Au Québec, ce sont 500 M$ supplémentaires disponibles.

Un coup de barre nécessaire, juge M. Champagne, après une période de «désinvestissement» de 10 ans.

Des projets à prioriser

Alors que les sommes sont sur la table, il revient aux municipalités d’identifier les projets d’infrastructures à mettre de l’avant, puis ensuite à Québec de «faire un choix politique» et de cibler ceux à prioriser.

À l’égard de cette responsabilité des municipalités, le ministre a affirmé s’être entretenu le jour même avec la mairesse de Longueuil Sylvie Parent, qu’il a remerciée pour son leadership afin de faire valoir les priorités de la région.

«On a pris un moment pour peaufiner certains enjeux importants», a-t-il évoqué, nommant expressément le prolongement de la ligne jaune et le tramway sur le boul. Taschereau.

Questionné quant aux investissements auxquels peut s’attendre la grande région de Montréal au cours de la prochaine décennie, M. Champagne n’a pu préciser de montant. Tout dépendra du plan directeur du gouvernement. Les formules des programmes, établies en fonction de l’achalandage et de la population, feraient néanmoins que la région – qui compte un réseau parmi les plus achalandés du pays – ressorte gagnante.

Le président de la CCIRS Richard D’Amour a d’ailleurs mentionné d’entrée de jeu que la Rive-Sud, «longtemps négligée», «s’attend à ce que ça bouge».

François-Philippe Champagne a aussi rappelé l’existence de la Banque d’infrastructures, vouée aux projets présentant un modèle financier qui saurait attirer des investisseurs. «La Banque peut prendre des risques que les investisseurs privés seraient plus frileux de prendre, a -t-il soulevé. C’est un autre vecteur pour accélérer ces projets.»

La mairesse de Sainte-Julie et présidente ex-officio de l’Union des municipalités du Québec (UMQ) Suzanne Roy a profité de la présence du ministre pour faire part des inquiétudes du monde municipal à l’égard de sommes disponibles mais qui, parce que, par exemple, les critères de certains programmes n’ont pas encore été établis, ne sont toujours pas parvenues dans les coffres des municipalités.

À ces propos, M. Champagne a répondu que l’«argent est là», et qu’il y a urgence d’agir pour les gouvernements provinciaux.

«Le 7,5 G$ est toujours sur la table. On vient d’ajouter 3 G$ en infrastructures – 1 G$ en réfection écoénergétique et 2 G$ dans le fonds de la taxe sur l’essence. On espère qu’avec vous, les municipalités, on est capable de mettre une saine pression. Après huit mois, on est en droit de demander: peut-on avancer un peu plus vite?»

Accords commerciaux

En plus de vanter les sommes investies pour déployer un réseau Internet haute vitesse à la grandeur du pays d’ici 2030 et des investissements pour la formation de la main-d’œuvre, celui qui a aussi été ministre du Commerce international a parlé exportation.

Les accords commerciaux récemment conclus par le Canada donnent accès aux entrepreneurs d’ici à 1,5 milliard de consommateurs, tant en Amérique et en Europe qu’en Asie.

«Le Canada est le seul pays pas physiquement en Europe qui a un accord qui permet de vendre en Europe, selon les mêmes conditions qu’une compagnie de Toulouse ou encore de Londres», a-t-il exposé.

Il a aussi vanté l’Accord de partenariat transpacifique global et progressiste (PTPGP), qui permet notamment des échanges avec des pays d’Asie comme le Japon, la Malaisie et le Vietnam.

Sans compter l’accord de libre-échange signé avec les États-Unis qui a permis de «stabiliser cette relation».

Comme «seul pays du G7 à avoir des accords de libre-échange avec tous les pays du G7», le Canada est ainsi un «pôle tournant du commerce», a-t-il constaté.

 

D’«excellentes nouvelles»

Dans une discussion avec le ministre des Infrastructures et des Collectivités qui a débordé des 30 minutes allouées, la mairesse de Longueuil Sylvie Parent a mis l’accent sur les projets d’infrastructures prioritaires pour la Rive-Sud, mais a également vanté l’«effervescence palpable» de la région.

«C’est très positif, c’est une très belle rencontre», a-t-elle indiqué, en marge de la conférence.

Les projets de prolongement de la ligne jaune et d’un mode de transport structurant sur le boul. Taschereau semblent avoir le vent dans les voiles, alors que le budget provincial dévoilé la semaine dernière inscrivait dans le Plan québécois des infrastructures la mise à l’étude de ces deux projets et celui de voies réservées sur la route 116 au sein d’un réseau métropolitain.

«C’est une excellente nouvelle, on a senti que des députés sur notre territoire ont travaillé pour faire avancer ces deux projets d’infrastructures qu’on attend depuis si longtemps», a exprimé Mme Parent. On va suivre ça de près, de façon mensuelle, pour s’assurer qu’un échéancier viendra rapidement.»

 

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