José Rebelo sera des Jeux parapanaméricains en volleyball assis

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Par Pierre Loiselle
José Rebelo sera des Jeux parapanaméricains en volleyball assis
José Rebelo (à gauche

TORONTO. Médaillé d’argent à Sydney et triple médaillé d’or aux Championnats du monde de volleyball debout avec le Canada en 2002, 2004 et 2006, José Rebelo tentera cette fois de participer aux Jeux paralympiques de Rio en volleyball assis.

La partie la plus facile du rêve de l’Hubertin de 43 ans s’est réalisée le 4 mai quand le Comité paralympique canadien a dévoilé les noms de ceux qui représenteront le Canada en volleyball aux Jeux parapanaméricains de Toronto, cet été. Sans surprise, le nom de José Rebelo s’y trouvait et sans surprise, il était le seul Québécois de l’équipe, lui qui, à force de persévérance, s’est adapté au sport assis, ce que d’autres n’ont pu ou n’ont pas voulu faire.

Le volleyball assis est présenté aux Jeux paralympiques depuis ceux d’Athènes, en 2004, et le Canada s’y est converti en 2007, avec les multiples désagréments d’un tel changement.

Rebelo, amputé sous le genou droit à l’âge de 2 ans après avoir eu la jambe écrasée par un camion, est en mesure d’apprécier tous ses efforts pour passer d’un sport où il sautait dans les airs pour bloquer ou frapper le ballon au-dessus du filet, à celui où il est obligé d’avoir les fesses en contact avec le sol au moment d’une frappe. Toute une différence!

Le filet a beau être plus bas et moins large, frapper en se déplaçant sur les fesses, ça veut dire frapper en déséquilibre et quelques fois à une main, tout ce qu’un athlète accompli avait appris à ne pas faire debout.

Rendez-vous avec les États-Unis

«Comme les autres athlètes canadiens, j’ai vécu une sorte de traversée du désert, raconte José Rebelo, père de trois enfants et directeur d’un centre sportif. Nous sommes passés de 2es aux Jeux paralympiques à 3es des Jeux parapanaméricains en 2007 et 2011. Nos déplacements étaient lents et nous étions irréguliers avec nos frappes en déséquilibre. Il a fallu s’ajuster et cette année, nous avons une vraie chance d’atteindre les Jeux paralympiques.»

Il sait déjà que le résultat de ses 8 ans d’ajustements se jouera contre les États-Unis, probablement en demi-finale.

«C’est simple: deux places seront allouées aux Amériques, et le Brésil, une puissance mondiale, est qualifiée d’office à titre de pays hôte. Il sera favori pour remporter le tournoi de Toronto, alors que les États-Unis et le Canada devraient se battre pour la médaille d’argent et gagner une des huit places pour Rio 2016. Depuis les dernières années, nous sommes à égalité; dans certaines compétitions, ils nous dominent, dans d’autres, nous avons le dessus. Alors ce sera 50-50 à Toronto, mais avec une possibilité de tournoi de barrage en 2016 comme ultime possibilité d’aller à Rio.»

La compétition plutôt que la fête

José Rebelo a su rapidement qu’il serait sur l’équipe à Toronto. «Mon expérience à ces compétitions internationales a beaucoup influencé les décideurs. C’est une grosse fête qui aura lieu à Toronto et je suis content d’en faire partie, mais à mon âge, je n’y vais que pour la compétition, alors que quand j’étais plus jeune, j’y allais autant pour la fête et le social que pour le jeu. Je connais très bien les distractions qui pourraient nuire à notre équipe et les entraîneurs seront bien contents d’avoir un vétéran qui laissera les jeunes vivre leurs Jeux, mais qui ramènera tout le monde vers la tâche à accomplir quand ça sera le temps. J’y veillerai, car à mon âge, c’est peut-être ma dernière chance d’aller aux Jeux paralympiques. Je vais tout faire pour y arriver.»

Non seulement Rebelo s’est familiarisé avec le volleyball assis, mais il pense que ça lui a permis de prolonger sa carrière. «Je suis un passionné du volleyball, mais je ne suis pas certain que j’aurais pu continuer à sauter et endurer la douleur d’une prothèse sur ma jambe. Mon corps n’aurait probablement pas tenu le coup.»

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