La COVID-19 a coûté cher au gouvernement provincial

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Par Claude Poirier
La COVID-19 a coûté cher au gouvernement provincial
(Photo : Jean Demers)

Le Journal de Montréal nous apprenait la semaine dernière, grâce à la loi d’accès à l’information, les montants dépensés par le ministère de la Sécurité publique pour les heures supplémentaires seulement des policiers de la Sûreté du Québec. Ces dépenses sont de l’ordre de près de 85 M$ en 2020, en raison de la pandémie majoritairement.

Quand je pense aux travailleurs de première ligne – qu’il s’agisse des infirmiers et infirmières, préposés aux bénéficiaires, ambulanciers et tous ceux en santé – au personnel scolaire et à tant d’autres qui voient le salaire des forces de l’ordre, ça me déchire.

Il est évident que les policiers font un boulot important dans la société. Je ne dénigre aucunement leur travail. Néanmoins, quand on regarde des enquêtes qui ont coûté une fortune comme celle de l’UPAC en branle depuis plus de deux ans et pour laquelle on attend encore des résultats ou encore à l’investigation sur l’ex-directeur de la Sûreté du Québec, Martin Prud’homme, en cours depuis aussi longtemps alors qu’il reste à la maison tout en étant payé plein salaire, je ne peux m’empêcher d’être dépassé.

Cela me rappelle ce que disait feu le syndicaliste Michel Chartrand à l’effet qu’il est plus facile pour les policiers de négocier des conventions collectives parce qu’ils portent une arme, alors que d’autres travailleurs n’ont pas ce pouvoir.

On a besoin des policiers pour protéger les citoyens, mais la question se pose : comment se fait-il que certains soient financièrement favorisés lors de tragédies comme cette pandémie? Comment se fait-il que ceux qui, chaque jour, ont risqué leur vie pour en sauver d’autres, qui ont assisté à la mort de milliers de personnes dans le domaine de la santé, soient si loin d’être payés autant?

Quand je vois les grèves et les revendications de travailleurs ces temps-ci, je comprends leur colère. Les révélations au sujet du salaire d’agents de la paix, dont certains ont vu leurs revenus plus que tripler en 2020, font réfléchir.

La SQ a rétorqué que des policiers travaillent à assurer le respect des règles sanitaires, ce qui nécessite beaucoup de déplacements, des vérifications et de la surveillance. Le corps policier a affirmé que les agents ont aussi continué à intervenir relativement à d’autres crimes.

Au plus fort de la pandémie, la criminalité et la circulation étaient réduites, on le sait. En plus, les policiers savent à quoi s’attendre en s’enrôlant. À mon sens, ils n’ont pas effectué d’interventions musclées qui expliquent leur salaire élevé à cause de la pandémie, contrairement aux employés de la santé, qui sont marqués pour toujours.

10-4!

(Propos recueillis par Gravité Média)

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