La prison à perpétuité pour le meurtre de sa conjointe

Par Éric Tremblay
La prison à perpétuité pour le meurtre de sa conjointe
Alain Castonguay aété condmané à perpétuité pour le meurtre de sa conjointe en octobre 201 (Photo : Arcihves)

Le juge de la Cour supérieure Daniel Royer a condamné Alain Castonguay à l’emprisonnement à vie pour le meurtre de sa conjointe Johanne Chayer survenu le 3 octobre 2017. Le jugement, qui comprend également des peines concurrentes pour avoir tiré en direction de policiers, fait état d’un épisode de folie meurtrière.

Outre cette peine d’emprisonnement, trois peines de 12 ans, à laquelle ont été déduits les 22 mois de détention préventive purgés à l’établissement de Rivière-des-Prairies, s’ajoutent pour les chefs d’accusation de tentative de meurtre à l’endroit des policiers Thomas Tremblay, Jean-Philippe Girard et Stéphane Côté. L’agent Tremblay a d’ailleurs été atteint durant l’altercation. Il a subi des blessures importantes et conserve des séquelles permanentes à un oeil.

L’enquête a révélé que M. Castonguay, représenté par Me Alexandre Dubé et Me Jacques Vinet, était sous l’effet de l’alcool lors des événements, lui qui avait consommé du Southern Confort. Des prélèvements sanguins ont également relevé la présence dans son sang de benzodiazépines, des médicaments utilisés à l’occasion de troubles de sommeil ou anxieux. Une opinion psychiatrique du Dr. France Proulx conclurait que l’accusé vivait un épisode de dépression majeure au moment des événements. La défense a d’ailleurs mis l’accent sur le fait que M. Castonguay était en état d’intoxication et sous l’effet d’un épisode de dépression majeure au moment des événements.

«Bien que l’épisode de dépression majeure que vivait M. Casonguay au moment du drame ne constituait pas une maladie mentale ouvrant la porte à un verdict d’homicide de non-responsabilité pour cause de troubles mentaux ou à un verdict d’homicide involontaire, le Tribunal retient que la responsabilité de M. Castonguay dans les événements n’est pas entière, souligne le jugement. Même s’il savait ce qu’il faisait et qu’il avait l’intention de le faire, il s’agit d’un meurtre au deuxième degré qui se rapproche davantage d’un homicide involontaire que d’un meurtre au premier degré. La responsabilité de M. Castonguay dans les tentatives de meurtre est également mitigée compte tenu de son état mental.»

La Couronne, représentée par Me Hélène Langis et Me Pierre-Olivier Gagnon, avait soulevé plusieurs facteurs aggravants, tant pour le meurtre que pour les tentatives de meurtre.

Depuis les gestes, l’accusé a manifesté des regrets et des remords. Il s’est excusé pour la souffrance qu’il a causée à sa famille et aux agents de la paix. Il aurait un bon comportement au pénitencier en plus de visiter l’aumonier. Enseignant à la retraite, il n’avait aucun antécédant judiciaire à son dossier.

«À presque 74 ans, M. Castonguay a fait la démonstration dans le passé qu’il peut être un actif pour la société, respectueux des lois et en qui on peut faire confiance, reprend le jugement. Bien que devra être adressée la problématique en vertu de laquelle cet individu sans histoire puisse un soir tuer sa conjointe et faire feu à de multiples reprises sur des agents de la paix dans un épisode de folie meurtrière, il n’est manifestement pas nécessaire d’isoler M. Castonguay de la société pour une très longue période. »

À la fin de la lecture du jugement, l’accusé, qui avait plaidé coupable en juin, a remercié simplement le juge.

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