La santé par et pour les arts

La santé par et pour les arts
(Photo : Gracieuseté)

Plusieurs études démontrent la forte relation entre la pratique des activités culturelles et le bien-être et la santé des personnes. Pendant la période de confinement, nous avons pu constater les bienfaits que nous procurent les performances artistiques en ligne. Mais qu’en est-il maintenant de l’état de santé de la culture?

Certains artistes ont dénoncé le fait que cette multiplication de contenus culturels en ligne gratuits contribue à aggraver leur précarité financière en permettant aux Facebook Live de ce monde de diffuser leurs créations tout en ne leur offrant en retour qu’un cachet dérisoire, voire pas de cachet du tout. D’ailleurs, l’ONU a lancé un avertissement à cet effet soulignant que cette entorse à la propriété intellectuelle présentait un danger pour le secteur culturel déjà fragile.

Louise Séguin, directrice générale du Conseil des arts de Longueuil (Photo: Gracieuseté)

Plusieurs artistes ont également réagi à l’annonce, par CBC/Radio-Canada et le Conseil des arts du Canada, d’un nouveau programme de financement aidant les créateurs à orienter leur travail vers un public en ligne. Selon eux, il est illusoire de croire que toutes les disciplines artistiques peuvent s’adapter aux contraintes de la diffusion numérique sans compromettre l’essence même des créations. Chaque démarche artistique doit demeurer libre dans son mode de diffusion.

Heureusement, on a vu dernièrement la réouverture des salles de spectacles et des lieux d’exposition, sous certaines conditions sanitaires. À cela s’est ajouté le plan de relance culturel du ministère de la Culture et des Communications, qui encourage notamment les productions dans des lieux inédits, tels que les déambulatoires et autres espaces extérieurs, ainsi que l’appui aux salles alternatives et privées pour valoriser la relève.

Néanmoins, nous le savons, le retour à la normale sera long pour le milieu culturel, principalement pour les arts de la scène qui devront rétablir les ponts entre les artistes et le public pour qu’il se sente en sécurité. Des sondages réalisés en avril par Baromètre Divertissement et Léger 36 indiquent que les deux tiers des Québécois ne sont pas prêts à retourner en salle de spectacles ou à visiter un musée et que cette crainte pourrait durer jusqu’à 6 mois après la reprise des activités.

Voilà en fait le réel adversaire à la relance. Il reste donc à désamorcer nos propres peurs en renouant avec ces lieux culturels adaptés. La santé de l’art au Québec relèvera aussi du public.

Louise Séguin, directrice générale du Conseil des arts de Longueuil

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