Le cégep Édouard-Montpetit rêve d’un pavillon de la santé et de l’innovation

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Par Ali Dostie
Le cégep Édouard-Montpetit rêve d’un pavillon de la santé et de l’innovation
Une esquisse de ce à quoi pourrait ressembler le pavillon de la santé et de l’innovation. Il ne s’agit pas d’une conception définitive. (Photo : Gracieuseté)

ÉDUCATION. Le cégep Édouard-Montpetit (CEM) souhaite se doter d’un pavillon de la santé et de l’innovation qui réunirait ses actuelles cinq cliniques de santé accessibles à la population, en plus d’en créer de nouvelles. Un agrandissement de 11 000 m2 dont les visées sont multiples, dont celle d’accroître le nombre de diplômés en Soins infirmiers.

«Nous voulons exercer un leadership et un rôle important pour la formation, l’innovation et la recherche en santé», affirme le directeur général du cégep Édouard-Montpetit Sylvain Lambert.

Ce pavillon offrirait un espace structurant pour l’enseignement des professions de la santé. Actuellement, les cliniques-écoles de denturologie, d’hygiène dentaire, de lentilles cornéennes, de lunetterie ainsi que la clinique de santé sont réparties un peu partout au sein de l’établissement. Regrouper ces cliniques en un seul et même pavillon faciliterait l’accès à la population.

L’établissement entend de plus bonifier l’accès aux soins et ainsi diminuer les listes d’attente dans la région.

À la clinique de santé où sont formées les infirmières, un médecin reçoit des patients une fois par semaine. Le Cégep souhaite multiplier le nombre de cubicules de consultation – actuellement six –, augmenter le nombre de médecins qui y pratiquent et s’assurer que la clinique soit ouverte à l’année.

Dans une approche favorisant l’interdisciplinarité, une clinique en échographie et possiblement une en imagerie médicale pourraient être mises sur pied.

La création d’un nouveau pavillon serait aussi l’occasion de prendre le virage technologique, alors que certaines cliniques datent de plus de 40 ans, rappelle M. Lambert.

«Nous voulons offrir un environnement technologique haut de gamme, exprime-t-il. Le pavillon de la santé et de l’innovation est assez novateur et ambitieux.»

Le Cégep imagine un étage dédié à l’innovation qui permettrait de tester de nouvelles pratiques professionnelles et participer à l’évolution de la simulation en santé. Des discussions sont en cours à cet effet avec des partenaires privés.

Plus d’infirmières praticiennes

Au fil des réflexions qui durent depuis deux ans, le projet a pris de l’ampleur tout particulièrement quant à ses visées pour la formation des infirmières. Le CEM veut offrir un milieu d’apprentissage encore plus axé sur l’aspect pratique, afin de mieux préparer les étudiants à intégrer les milieux de stage.

«On veut offrir une plus grande alternance travail-études dans la clinique, avant que les infirmières se retrouvent en stage en milieu privé ou en centre hospitalier. On a constaté qu’une fois à l’hôpital, il y avait encore des apprentissages à faire; le choc était trop grand», témoigne Sylvain Lambert.

«Nous voulons améliorer la réussite éducative et assurer les apprentissages dans un milieu contrôlé», poursuit-il.

L’établissement espère augmenter le nombre de diplômés en Soins infirmiers. Environ le tiers terminent après trois ans.

«Puis, avec une plus grande capacité, on augmente aussi le nombre de diplômés», ajout-t-il.

Le Cégep a approché l’Université de Sherbrooke avec en tête l’idée de créer des laboratoires/cliniques pour l’unification du programme collégial de Soins infirmiers et d’un programme universitaire de Sciences infirmières. Les étudiants pourraient compléter un DEC-BAC unifié en quatre ans.

«Ça s’est fait dans une réflexion commune. Il existe déjà des DEC-BAC passerelles. Il y avait une crainte que l’on arrive avec quelque chose de semblable, mais nous avons établi que ce serait quelque chose de novateur, sur lequel on travaillerait en collaboration», assure M. Lambert.

À terme, l’objectif est donc de former davantage d’infirmières et de proposer un parcours de professionnalisation jusqu’au statut d’infirmière praticienne spécialisée (IPS).

«Et nous savons que le gouvernement a une grande ouverture à l’égard des IPS», s’enthousiasme le directeur général.

D’autres partenaires tels que le ministère de l’Éducation, le ministère de la Santé et des Services sociaux ainsi que le Centre intégré de santé et services sociaux (CISSS) de la Montérégie-Est ont été approchés.

Dossier d’opportunité

Dans le «meilleur des scénarios», selon Sylvain Lambert, le pavillon pourrait accueillir les étudiants et la population dans quatre ans.

Grâce à une subvention de 250 000$ de Desjardins, le CEM a pu jeter les bases de ce que pourrait être ce pavillon de la santé, avec un architecte et un chargé de projet. Une fiche d’avant-projet de transformation de certaines de ses infrastructures a été déposée au ministère de la Santé en février 2018.

Le Cégep espère obtenir le financement nécessaire – 2 M$ – pour la réalisation du dossier d’opportunité, qui fournirait une «analyse plus fine», entre autres quant à la capacité d’accueil et au coût d’un tel pavillon. Les premières estimations chiffrent le projet autour de 110 M$.

«Le dossier est présentement sur le bureau du ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur», évoque le directeur de l’établissement scolaire, optimiste.

Le 19 juin, l’attaché de presse du ministre Jean-François Roberge confirmait au journal que «le dossier avance bien au ministère. Nous aurons plus de détails à communiquer sous peu.»

 

 

Catherine Fournier vante le projet

La députée de Marie-Victorin Catherine Fournier a fait des représentations auprès de la ministre de la Santé et des Services sociaux Danielle McCann afin de faire valoir le projet du CEM.

Lors de l’étude des crédits budgétaires 2019-2020 le 1<@V>er<@$p> mai, la députée s’était dite déçue que l’étude d’opportunité n’ait pas été inscrite au Plan québécois des infrastructures (PQI) et avait demandé à Mme McCann si elle pouvait s’engager à ce que le projet aille de l’avant.

Précisant que ce dossier relevait du ministère de l’Éducation, la ministre McCann avait néanmoins fait preuve d’ouverture.

«On ferait d’une pierre trois coups: on forme en emploi des infirmières, on donne des services à la population et on a cette synergie de l’ensemble des techniques en santé. C’est un projet extrêmement intéressant, avait-elle qualifié. C’est ce genre d’approche qu’on veut instaurer dans le contexte de pénurie de main-d’œuvre.»

«Je suis contente de voir que l’on reçoit le projet avec enthousiasme, avait répondu Mme Fournier. Je suis consciente que les deux ministres se parlent, alors un peu de pression ne fera certainement pas de tort. Je les invite tous les deux à venir rencontrer la direction du cégep Édouard-Montpetit.»

 

Les étudiants en santé au CEM

Nombre d’étudiants en technique de santé (prothèses dentaires, denturologie, hygiène dentaire, radiodiagnostic, orthèses visuelles, soins infirmiers) en 2018-2019: 963*

Nombre d’étudiants en soins infirmiers en 2018-2019: 383*

*Il s’agit d’une moyenne, puisque des étudiants terminent leur parcours à l’automne et d’autres l’entament à l’hiver.

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