Opinion

Le Publisac est-il toujours utile ?

mardi le 21 juin 2022
Modifié à 15 h 27 min le 17 juin 2022
Par Claude Poirier

redactiongm@gravitemedia.com

Claude Poirier (Photo: Gracieuseté)

Pour moi, la réponse est oui.

J’ai pris du temps avant de m’exprimer sur le sujet, car on pourrait m’accuser d’être en conflit d’intérêts. Sachez que je ne suis pas là pour défendre la position de mon employeur, mais plutôt pour défendre d’abord le droit à mon lectorat d’être informé.

Je fais partie de la génération des 80 ans et plus. Le débat entourant la distribution du Publisac, qui contient le journal local et les circulaires, me fait penser à celui sur l’arrivée des guichets automatiques dans les banques. Combien d’utilisateurs à l’époque ont paniqué à l’idée de ne plus pouvoir recevoir certains services au comptoir comme à l’habitude? J’étais l’un de ceux-là.

Mon lectorat ainsi que ma clientèle à la radio et à la télévision sont généralement constitués de personnes âgées de 50 ans et plus. Les lecteurs de ma chronique publiée dans les journaux de Gravité Média me le font toujours savoir lorsqu’ils ne reçoivent pas l’édition papier à leur porte, tandis que le dépanneur du coin me rappelle souvent que les copies s’écoulent rapidement.

C’est vrai qu’il est possible de consulter sur Internet les spéciaux des circulaires et tous les articles publiés sur les sites Web des journaux. Pour ceux qui ont de la facilité à le faire, tant mieux, mais pour les aînés, les gens de ma génération, le Publisac demeure le meilleur moyen de s’y référer.

La Ville de Mirabel, qui voulait stopper la distribution automatique sur son territoire, et TC Transcontinental, qui emploie les camelots, sont allés devant les tribunaux pour défendre leur position. La Ville de Montréal veut emboîter le pas. La fin du Publisac entraînerait des pertes d’emploi énormes pour TC Transcontinental, rappelons-le. Mirabel veut implanter un système d’autocollants pour que ses citoyens puissent signifier leur souhait de recevoir le Publisac à leur porte, plutôt que l’inverse. Pensez-vous qu’il sera rentable pour le distributeur et plaisant pour ses camelots de monter au 3e étage d’un immeuble pour remettre un seul Publisac?

Existe-t-il une solution temporaire? À mon avis, des points de dépôt devraient être ajoutés dans des endroits clés, comme les stations-service et les résidences pour aînés, par exemple.

Et à ceux qui évoquent des arguments environnementaux, rappelez-vous que le sac distribué est fait à 100% de plastique recyclé et qu’il est lui-même recyclable, et que les circulaires sont imprimées sur du papier journal fabriqué à partir de résidus de scieries.

Pourquoi alors Mirabel et Montréal prennent des mesures aussi draconiennes? Je pense que ces villes devraient penser aux milliers d’emplois en jeu et à leurs résidents plus âgés ou à ceux qui n’ont pas accès à Internet.  

10-4!

(Propos recueillis par Gravité Média)