Actualités
Noël

L’emballage réutilisable perce un plus grand marché

le jeudi 30 novembre 2023
Modifié à 15 h 12 min le 30 novembre 2023
Par Michel Hersir

mhersir@gravitemedia.com

Gabrielle Huppé et Maude Girard, devant des tissus rescapés qui deviendront des emballages cadeau réutilisables. (Photo : Le Courrier du Sud – Denis Germain)

Gabrielle Huppé et Maude Girard ont lancé Next Chance, entreprise d’emballage de cadeau réutilisable, en 2020, deux semaines avant la pandémie. «On avait même plus accès à notre premier lot de tissus», racontent-elles aujourd’hui en riant.

Depuis, beaucoup de choses ont changé : elles ont leur propre local dans le quartier industriel de Longueuil – où elles ont accueilli Le Courrier du Sud –, leurs produits sont entrés chez des détaillants renommés comme Simons et Signé Local et elles étaient des assises de l’économie circulaire le 21 novembre au Palais des congrès de Montréal.

Les deux femmes se réjouissent de percer un marché plus général avec des emballages fabriqués de tissus rescapés, qui impliquent une irrégularité dans les produits vendus.

«On est habitué d’avoir tel produit dans telle ou telle couleur. Mais là, on se rend compte que les gros joueurs sont à la recherche de solutions écoresponsables, alors ils n’ont pas le choix de s’ouvrir à d’autres façons de faire. Ça nous encourage beaucoup», souligne Gabrielle Huppé.

Si l’intérêt de joueurs internationaux se manifeste, la bannière Simons leur permet d’offrir leurs produits jusqu’à Vancouver.

Montréal-Québec

Malgré les limites que leur a posées la pandémie, l’entreprise a connu un bon succès en ligne dès ses débuts. Un intérêt qui a continué de croître, jusqu’à ce que leur sous-sol déborde. «C’était plus vivable!» note Gabrielle Huppé.

Depuis juillet 2022, les entrepreneuses ont donc pignon dans un local à Longueuil. Sur l’un des murs, une grande étagère est bondée de tissus. Sur l’autre, les produits sont prêts à être envoyés. Elles estiment avoir sauvé 27 400 mètres de tissus destinés à la poubelle, soit l’équivalent de presque 10 ponts Jacques-Cartier.

«C’est le fun des alternatives écoresponsables, mais c’est le fun de garder le plaisir de développer des cadeaux.»

-Maude Girard, cofondatrice de Next Chance

Notre prochain objectif devrait être Montréal-Québec!» lance Maude Girard.

Reprendre ou ne pas reprendre l’emballage

Selon les deux complices, le changement d’habitude entre le papier jetable et l’emballage réutilisable est bien adopté par la population en général.

«Ce qui freine les gens, c’est qu’ils se disent : le coût est plus élevé. Mais finalement, quand on calcule, le coût est moins élevé par utilisation. On voit une progression dans le marché, les gens commencent à connaître cette façon d’emballer», explique Maude Girard.

 

L'un des emballages proposés par Next Chance. (Photo : Le Courrier du Sud – Denis Germain)

 

«L’autre question qu’on voit beaucoup c’est : est-ce qu’on reprend l’emballage après avoir donné le cadeau? Normalement, ça va dans les sites d’enfouissement, on ne se pose pas la question, mais un emballage comme ça, d’une telle valeur et d’une telle qualité, qu’est-ce que je fais avec ça?», ajoute Gabrielle Huppé.

Un sondage maison a montré que 80% de la communauté reprenaient l’emballage et que les gens se créent une petite collection, puis, après quelques utilisations, étaient plus enclins à le donner.

«C’est moins tabou qu’on le croit», assure Maude Girard.

Futur

Où les deux femmes voient-elles Next Chance dans les prochaines années? Il y a certes une volonté d’aller à l’international, dans les pays qui consomment le plus de papier cadeau jetable.

À plus court terme, elles souhaitent une présence plus grande pour l’emballage écoresponsable au Canada.

«Dans chaque grand commerce, il y a une section de papier d’emballage cadeau. On veut occuper une partie de ces sections-là, pour que sur le marché, il n’y ait pas juste des options jetables», soutient Maude Girard.