Les classes-bulles, ça ne fonctionne pas, dit le Syndicat de Champlain

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Par Ali Dostie
Les classes-bulles, ça ne fonctionne pas, dit le Syndicat de Champlain
(Photo : Denis Germain - Le Courrier du Sud)

Le Syndicat de Champlain demande plus d’honnêteté en ce qui a trait au concept des bulles-classes: en allant à l’école, les enfants ne restent pas dans une seule bulle… mais dans trois: dans le transport scolaire, en classe, et au service de garde.

«La bulle-classe, ce n’est pas respecté. Ce qu’on demande, c’est d’être honnête. Disons la vérité et arrêtons de dire qu’il n’y a qu’une bulle», présente le président du Syndicat de Champlain* Éric Gingras. L’organisation représente le personnel enseignant du Centre de services scolaire Marie-Victorin (CSSMV), notamment.

Une semaine après la rentrée, l’expérience du terrain confirme certaines craintes quant à la fragilité des bulles-classes.

«Beaucoup de personnel d’écoles primaires nous disent: « tu travailles toute la journée à faire respecter les règles, la distanciation, mais dès que les jeunes sortent, près du terrain de l’école, ils sont tous ensemble. Le soir, on les voit faire du vélo entre amis. Il n’y en a plus, de bulle ». C’est un enjeu.»

Malgré ce constat, M. Gingras considère que dans l’ensemble, les membres du personnel parviennent à faire en sorte que les règles du ministère «passent le test» de la réalité.

Dans la cour de récréation, par exemple, les élèves doivent demeurer à 1 mètre des enfants d’autres bulles-classes. «Ce qu’on nous dit, c’est qu’on arrive à le faire respecter, mais quand on passe la moitié de son temps à faire respecter la distanciation, on ne fait pas autre chose.»

M. Gingras se montre confiant que le temps rendra les enseignants de plus en plus à l’aise avec cet environnement, conscient de l’adaptation que nécessitent ces changements. Ne serait-ce que pour «connecter» et créer un lien de confiance avec les élèves… lorsque l’on porte un masque et une protection oculaire.

«Les gens mettent l’épaule à la roue», constate-t-il.

Éric Gingras se réjouit que le CSSMV ait accepté certaines demandes du Syndicat, comme celle d’offrir des Plexiglas aux enseignants qui le désirent.

«Les relations sont bonnes, il y a une écoute attentive», avance-t-il.

Pénurie d’enseignants: «fragile»

En entrevue au Courrier du Sud à la fin août, la directrice générale du CSSMV Marie-Dominique Taillon n’a pas manqué de souligner que tous les postes d’enseignants étaient comblés, en date du 24 août.

Cependant, sur le site Web du CSSMV, cinq affectations doivent toujours trouver preneurs, en date du 9 septembre.

Une étudiante de 5e secondaire de l’école Jacques-Rousseau a écrit au journal au lendemain de la rentrée: pas d’enseignant en français, en mathématiques ni en musique. Durant les premières séances, des remplaçants étaient en classe.

Une semaine plus tard, seul le cours de mathématiques était toujours sans enseignant.

«Oui, beaucoup de postes ont été comblés, mais c’est très fragile», estime Éric Gingras. Il craint que les enseignants qui quitteraient pour congés parentaux ou invalidité au cours de l’année scolaire soient difficiles à remplacer.

«La pénurie existait avant la pandémie, et ça ne va pas nécessairement mieux.»

M. Gingras insiste: c’est par de meilleures conditions de travail que l’on rendra la profession plus attrayante. «C’était déjà difficile pour les enseignants. Là, on se retrouve avec un milieu sous pression. Ça va prendre un coup de barre pour valoriser l’enseignement.»

De meilleures conditions passent aussi par le télétravail, selon le Syndicat, qui souhaiterait que les enseignants puissent travailler de la maison lorsque les élèves ne sont pas en classe.

«Ce qu’on a senti du côté du CSSMV, dans les non-dit, c’est que les directions d’école veulent surveiller et s’assurer que les employés travaillent bel et bien.»

En ligne

Même si le ministre de l’Éducation ouvrait la porte à un enseignement en partie en ligne pour les élèves de 4e et 5e secondaire, la majorité des centres de services scolaires de la Montérégie ont privilégié des cours entièrement en classe.

L’enseignement s’effectue en ligne pour les élèves qui, en raison d’une condition médicale ou de la condition médicale d’un proche, sont plus vulnérables au coronavirus.

Le Syndicat espère que les enseignants en charge de cette pédagogie à distance seront bien outillés. «On nous a dit qu’il y aurait de la formation et de l’encadrement, mais on attend encore.»

*Dans une version précédente de l’article, il était mentionné que le Syndicat de Champlain représente aussi les employés de soutien du CSSMV. C’est plutôt la section locale 578 du Syndicat des employées et employés professionnel-les et de bureau – Québec (CTC-FTQ) qui représente la totalité du personnel de soutien du CSSMV, soit plus de 2600 membres.

 

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Hudon Frances

On est dans une bulle pleine d’incertitude!