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Les feux extérieurs seront temporairement permis dans deux arrondissements

jeudi le 25 novembre 2021
Modifié à 8 h 33 min le 27 novembre 2021
Par Ali Dostie

La modification du règlement sur les nuisances s’appliquera dès le 14 décembre. (Photo: Le Courrier du Sud - Archives)

Les feux de foyers extérieurs au bois ne seront plus interdits sur le territoire des arr. du Greenfield Park et de Saint-Hubert, du moins temporairement, le temps que se tienne une consultation publique sur le sujet.

L’enjeu de l’interdiction des foyers extérieurs au bois sera le premier mandat donné au futur Office de participation publique indépendant que mettra en place l’administration. La modification du règlement sur les nuisances entrera en vigueur le 14 décembre, date de la prochaine séance du conseil. Le projet de règlement a été adopté à l’assemblée du 23 novembre.

«Cette question sera analysée par experts de santé publique, des spécialistes en environnement, des citoyens, en tenant compte du principe de l’autonomie des arrondissements, mais aussi d’autres facteurs. Ce sera analysé de fond en comble et de façon indépendante. Donc, on sort de l’émotivité du débat», a signifié la mairesse Catherine Fournier, à la séance du conseil.

La modification du règlement autorisant les feux dans les arr. de Greenfield Park et Saint-Hubert s’appuie notamment sur les prises de positions qu’avaient adoptées les deux arrondissements dans le cadre des multiples débats au cours de la dernière année.

Rappelons que les élus de Saint-Hubert avaient élaboré une réglementation qui encadrerait davantage les feux extérieurs, sans les interdire, notamment en raison de la forte volonté de sa population de maintenir les feux extérieurs. Du côté de l’arr. de Greenfield Park, une consultation publique avait révélé que 79% des répondants étaient contre l’interdiction, ce qui avait poussé Robert Myles à voter en ce sens.

Les élus du Vieux-Longueuil s’étaient unanimement prononcé en faveur de l’interdiction, les feux extérieurs ayant toujours été interdits dans cet arrondissement.

Le débat avait ainsi rapidement glissé sur le terrain du respect des compétences d’arrondissement. L’actuel règlement relève plutôt de la Ville, la précédente administration et la direction générale faisant valoir que la question des nuisances et une «compétence ville».

Viser le consensus

L’annonce de cette levée de l’interdiction sur une partie du territoire de Longueuil a suscité de nombreuses questions de citoyens, à la séance du conseil municipal.

«Pourquoi aller en ce sens alors que effets néfastes sont bien documentés?» et «Comment favoriser notre santé si on ramène les feux de bois extérieurs?» sont quelques-unes des inquiétudes soulevées.

«Quelle est votre priorité, protéger la santé des citoyens et la réduction du smog ou l’autonomie de arrondissement à polluer? Allez-vous exercer votre leadership de mairesse en matière d’environnement?» a demandé le citoyen Sylvain Massé.

Mme Fournier s’est voulue rassurante.

«Cette levée de l’interdiction est temporaire, parce que le point central du message à retenir ce soir, c’est la démarche, la façon d’adopter des règlements à Longueuil, c’est ce qui va changer.»

-Catherine Fournier

Elle espère susciter l’adhésion de la population, particulièrement pour des questions aussi sensibles. Dans le cadre du mandat qui sera accordé au futur Office de participation publique, les enjeux de santé publique et d’environnement, notamment, seront abordés, assure-t-elle, afin d’aboutir à une «réglementation robuste», le plus rapidement possible.

«On gagne tous à avoir un règlement qui fasse consensus, car cela facilitera son application», a soutenu la mairesse.

Le conseiller municipal Jacques Lemire, qui a vertement défendu la volonté de Saint-Hubert de maintenir les feux extérieurs au bois dans le passé, a de nouveau plaidé pour un encadrement de ceux-ci. Il estime que quatre citoyens sur cinq rencontrés dans le cadre de son porte-à-porte durant la campagne électorale étaient contre l’interdiction.

Un office indépendant

Le conseil municipal a mandaté le comité exécutif pour qu’il propose la création d’un Office de participation publique indépendant.

Le comité exécutif s’est vu accorder quatre mois pour faire cette proposition.

«La Ville de Longueuil est la seule des cinq plus grandes villes du Québec qui ne compte pas sur une expertise interne ou une structure organisée de participation publique, a exposé Catherine Fournier. La participation publique est devenue une exigence démocratique incontournable pour les institutions démocratiques locales.»

Une structure de consultation publique indépendante «mènera à des décisions plus éclairées de l’administration et un sentiment d’appartenance renforcé envers notre ville».

Durant la séance du conseil, la mairesse a annoncé que le développement de l’aéroport – un autre sujet chaud – fera l’objet d’un mandat du futur bureau de consultation.

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