Les Packers en mode séduction

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Par Katherine Harvey-Pinard
Les Packers en mode séduction
(Photo : Denis Germain - Le Courrier du Sud)

Manque de joueurs, de bénévoles, de commanditaires et d’installations; les Packers de Greenfield Park lancent un cri du cœur à la communauté. L’organisation souhaite faire valoir les nombreux avantages du football, un «sport merveilleux», «d’une beauté et d’une fluidité phénoménales».

«On a besoin d’aide, de jeunes qui s’inscrivent, de bénévoles qui donnent du temps, même si c’est seulement 10 heures par saison», lance d’entrée de jeu la vice-présidente administration et maman d’un joueur des Packers Isabelle Perron.

En 2018, un peu plus de 20% moins de jeunes que l’année précédente se sont inscrits pour jouer au sein de l’organisation des Packers.

Le président des Packers déplore que le football soit encore perçu et présenté comme un sport «de brutes, sauvage», ce qui joue un rôle dans la baisse du nombre de joueurs.

«C’est beaucoup plus que ça… C’est un sport d’une beauté et d’une fluidité phénoménales, dit Richard Bagordo, passionné. C’est incroyable, ce que ces 22 jeunes font sur le terrain en même temps.»

«On peut faire dire ce qu’on veut aux chiffres, mais statistiquement, le football se retrouve au 6e rang pour les coups à la tête et les commotions cérébrales. Le hockey et le soccer sont devant. Malheureusement, tout le monde pense que le football est plus dangereux.»

Il souligne le travail des fédérations de football canadienne et québécoise, qui ont pris plusieurs mesures au cours des dernières années afin de rendre le sport plus sécuritaire.

«La chose la plus difficile pour un parent, c’est de voir son enfant blessé sur le terrain, dit Mme Perron. On a tellement un bon staff, on entraîne tellement nos joueurs de mieux en mieux que les blessures sont de plus en plus minimes et il y a de moins en moins de commotions.»

Pas accès aux écoles

Il y a aussi le recrutement qui fait mal aux Packers, étant fortement limité en raison des programmes scolaires.

«On n’a pas le droit d’aller dans les écoles francophones parce qu’elles sont protégées par le Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ), explique Richard Bagordo. Ils refusent, sur l’ensemble du territoire de l’agglomération de Longueuil, qu’on aille dans les écoles francophones. Ils font ça pour protéger Charles-Lemoyne, Jacques-Rousseau et De Mortagne, qui ont toutes un programme de football.»

Si un jeune n’est pas sélectionné au sein de son équipe scolaire, il est alors libre d’aller où il veut. Chez les Packers, par exemple.

«Qu’on ne puisse pas avoir accès à Jacques-Rousseau ou Charles-Lemoyne, c’est normal, ils veulent protéger leur programme. Mais qu’est-ce qui nous empêcherait d’aller à Gérard-Filion ou à Mgr-Parent? Je n’ai pas le droit, et c’est ça qui fait mal», soutient M. Bagordo.

L’impact de la communauté

Isabelle Perron et Richard Bagordo insistent sur l’impact que la communauté peut avoir sur la survie des Packers. Les bénévoles actuels s’essoufflent; les Packers ont besoin de citoyens qui s’impliquent, que ce soit pour une, deux, ou dix heures au cours de l’été. Tout le temps offert est le bienvenu.

«Tout le monde a un beat de vie effréné, je sais que ce n’est pas facile, observe Richard Bagordo. Juste deux heures, ça fait une énorme différence pour nous. La majorité passe plus de temps que ça sur son cellulaire dans une semaine.»

Isabelle Perron, bénévole depuis plusieurs années, a été derrière le banc de l’équipe pee wee à titre de gérante pendant deux ans, une implication qu’elle considère comme «une des plus belles choses» qu’elle a fait dans sa vie.

«Passer du temps avec mon fils, mais aussi avec plein d’autres jeunes que j’ai appris à connaître, c’était merveilleux. La jeunesse d’aujourd’hui, elle est magnifique», dit-elle.

«J’ai vu des enfants qui n’abandonnent pas. Des pleurs quand ça ne va pas bien, des sourires quand on fait un touchdown. Des émotions qu’ils vivent en équipe, ensemble. Je me suis sentie privilégiée d’être dans le quotidien de ces jeunes en tant que bénévole.»

Enjeu financier

L’impact de la communauté passe aussi par les entreprises; les commandites manquent considérablement aux Packers. Mme Perron regrette également le peu d’aide financière des différents paliers gouvernementaux.

«Il n’y en a pas au Canada et au Québec, ce sont des pinottes. Ils ne prennent pas soin d’investir dans des organismes à but non lucratif comme nous, qui font bouger les jeunes. Ça ne devrait pas être comme ça, on devrait avoir de l’aide.»

L’organisation compte faire tout en son pouvoir pour recruter de nouveaux bénévoles, obtenir de nouvelles commandites et rappeler aux citoyens de Greenfield Park, et de toute l’agglomération de Longueuil, qu’elle est bien présente et qu’elle souhaite accomplir sa mission, celle de faire bouger les jeunes.

«Cette année, on fait du bruit, lance Isabelle Perron. On est là, on est en vie, on est saint et on veut que ça continue.»

Locaux et terrains

Les installations sportives, gérées par la Ville de Longueuil, manquent également aux Packers.

«Quand on va dans d’autres villes, où ils ont un montant plus important, on remarque que nos locaux sont désuets par rapport à ceux des autres, fait savoir Isabelle Perron. On n’a même pas de chambre pour les équipes qui viennent jouer.»

Le terrain des Packers est situé sur la rue Empire, dans l’arr. de Greenfield Park. Le terrain ne leur appartient toutefois que les mardis et les jeudis pour les pratiques – les matchs ne commenceront qu’à la mi-août. Les tykes, atomes, moustiques et pee wee sont à l’entraînement de 18h30 à 20h, tandis que les bantam et midget y sont de 20h à 22h.

«Mes plus jeunes pratiquent trois heures par semaine et je compétitionne contre des programmes qui pratiquent de six à neuf heures par semaine», fait savoir M. Bagordo.

Richard Bagordo et Isabelle Perron précisent avoir un bon lien avec la Ville et affirment que celle-ci tente d’être proactive lorsque les Packers la contactent, mais ils déplorent une «priorité pour les jeunes du soccer».

La sécurité, une priorité

La sécurité des joueurs revêt une importance capitale pour l’organisation des Packers, qui s’assure qu’un thérapeute sportif soit présent à chaque match, à l’étranger et à domicile, sans exception.

«On a mis un protocole en place et maintenant, les thérapeutes sont rois et maîtres, affirme Richard Bagordo. Aucun entraîneur n’a un mot à dire. C’est comme ça qu’on a structuré le programme. Ce sont eux qui ont fait les études. Ils sont hyper qualifiés. Avant, un entraîneur pouvait dire à un jeune: «Penses-tu que t’es correct? J’ai besoin de toi, embarque sur le terrain.» Mais là, c’est impossible de le faire. Ç’a créé des situations où, dans un match serré, on a perdu. Mais tu sais quoi? On s’en fout.»

L’organisation investit pas moins de 10 000$ en thérapeutes chaque année. «On ne lésine pas sur la sécurité», insiste M. Bagordo.

Les Packers juniors

Les Packers ont annoncé l’arrivée dès cet été d’une équipe junior pour les 18 à 24 ans. L’entraîneur-chef sera Yanick Wilford. L’organisation compte donc sept équipes. Le prix d’une saison varie entre 125 et 400$ selon le niveau, voyagement et équipement inclus, excepté les crampons.

«On a beaucoup de familles qui sont à faible revenu, indique M. Bagordo. On ne refuse personne, on trouve des ententes avec les gens. Il y a un minimum qu’on demande de payer pour des frais administratifs et ce que la saison nous coûte.»

«On demande aux familles de redonner du temps, que ce soit les jeunes ou les parents.»

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Catherine PagéLambert Gosselin Recent comment authors
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Lambert Gosselin
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Lambert Gosselin

Excellent article! Mes 15 années à jouer et coacher au football m’ont apporté beaucoup plus que du plaisir. J’y ai appris la discipline, le travail d’équipe, l’engagement, le dépassement de soi. J’ai appris à perdre, j’ai appris à gagner, j’ai appris à réussir et à échouer. À me relever quand je tombe, à aider ceux qui sont tombés.

C’est le plus beau sport au monde.

Catherine Pagé
Guest
Catherine Pagé

Entièrement d’accord! Le plus beau sport du monde, une véritable école de vie! Le football change des vies!