L’impensable retour à la compétition d’un retraité du volleyball assis

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Par Audrey Leduc-Brodeur
L’impensable retour à la compétition d’un retraité du volleyball assis
(Photo : Gracieuseté - Scott Grant/Canadian Paralympic Committee)

Le moins qu’on puisse dire, c’est que les chances que José Rebelo reprennent le collier, après quatre années de retraite qui ont couronné 20 ans de carrière au paravolleyball, étaient minimes. Une visite de courtoisie au camp d’entraînement de l’équipe nationale a pourtant chamboulé les plans du résident de l’arr. de Saint-Hubert.

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Comme prévu, l’athlète de 48 ans a participé à un tournoi amical de volleyball assis, entre retraités, au Danemark, en janvier. Ce qui l’était moins, c’est que d’anciens coéquipiers ont tenté de le convaincre de retourner à la compétition pour viser une place aux Jeux paralympiques de Tokyo qui devaient se tenir cet été.

«Je n’étais pas à chaud à l’idée. Mais je me suis dit que ça ne m’engageait à rien d’aller jeter un œil. J’y allais simplement pour voir», confie le médaillé d’argent des Paralympiques de Sydney en 2000.

«Évidemment, je suis revenu avec la piqûre et le goût de jouer de nouveau!» enchaîne-t-il après un bref silence.

José Rebelo s’est engagé pour six mois, le temps d’aider l’équipe à obtenir son billet pour les Jeux paralympiques, puis à y participer. Toutefois, il a appris en mars que son séjour avec l’équipe nationale allait se prolonger, à la suite du report de la compétition en 2021 en raison de la pandémie.

«Ç’a été un choc, j’étais démoralisé. J’étais dans un crescendo en termes de performance. Mais je préfère voir cela comme la possibilité de m’entraîner plus longtemps. Je sautais directement dans le bain, alors que là j’aurai le temps de me perfectionner. Et puis, ça n’aurait pas été correct de tenir les Jeux quand même, d’un point de vue sécuritaire», analyse-t-il.

Quand on ne peut s’empêcher de lui faire remarquer son âge, l’athlète éclate de rire.

«Je joue de façon plus ergonomique que les jeunes, car je sais que l’effort doit donner des résultats, souligne-t-il pour justifier sa place au sein de la formation. Je suis capable de me déplacer au bon endroit au bon moment grâce à ma vision du jeu.»

«Je suis l’élément stabilisateur qui calme les autres joueurs dans l’équipe, ajoute-t-il. Je peux être une personne de confiance pour réussir le jeu nécessaire.»

Implication

Celui qui a été amputé de la jambe droite à 19 mois après qu’elle eut été écrasée par un camion n’a pas chômé depuis sa retraite en 2015. Il préside la commission des athlètes de la Fédération mondiale de paravolleyball et dirige l’Association sportive et communautaire du Centre-Sud à Montréal.

«Ma première année de retraite a été difficile, mais je me suis habitué au fil du temps», raconte-t-il.

Avec l’arrivée du beau temps, le père de trois enfants s’entraîne aussi à l’extérieur en faisant du trampoline, du vélo et de la natation, notamment. Il souhaite également redémarrer une ligue de volleyball assis au Québec.

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