Longueuil approuve le projet de Devimco, non sans émettre certains bémols

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Par Ali Dostie
Longueuil approuve le projet de Devimco, non sans émettre certains bémols
(Photo : Gracieuseté - Devimco)

À l’exception des quatre membres de l’opposition officielle, les élus de Longueuil ont donné leur aval au projet de 500 M$ de Devimco Immobilier pour le développement du centre-ville, à la séance du conseil municipal du 26 mai. Les craintes entourant l’absence de logements sociaux et abordables et d’espaces sociocommunautaires, l’enjeu de la congestion routière et des questions toujours sans réponse sont apparus comme des irritants dans les débats.

Le chef de l’opposition officielle Xavier Léger a souligné qu’il s’agit d’une «excellente entente» d’un point de vue économique pour la Ville, considérant l’engagement du promoteur Devimco à refaire l’édicule de la station de métro, arrivé à sa fin de vie utile, ainsi que les revenus de taxes que ce vaste projet immobilier rapportera à la Ville.

En vertu de l’entente, le prix d’achat des terrains est de 13,8 M$, auquel s’ajoutent des frais de parcs et des droits de mutation de l’ordre de 2 M$. Le promoteur s’engage entre autres à reconstruire la station de métro, ainsi que des espaces commerciaux, en plus de quatre tours de 23 étages qui abriteront 1200 logements.

M. Léger a toutefois déploré l’absence d’espaces réservés au milieu sociocommunautaire, de logements sociaux ou d’une compensation du promoteur qui aurait pu financer de telles unités d’habitation.

Il aurait aussi souhaité avoir plus de temps pour analyser l’entente ainsi que ses tenants et aboutissants. L’opposition a été référée à la loi d’accès à l’information pour obtenir les études de circulation de ce secteur.

La conseillère municipale Colette Éthier a proposé que le conseil adopte une résolution afin de rendre publiques ces études d’impact. Elle a décrié ne pas avoir en main l’ensemble des réponses à ses questions – qui reflètent les inquiétudes des citoyens de son district.

Mme Éthier s’inquiète notamment du manque d’espaces de stationnement et des aménagements au réseau routier, qui devront répondre aux besoins des centaines de résidents supplémentaires qu’engendrera la construction de quatre tours résidentielles dans ce secteur déjà congestionné.

«Le développement au centre-ville était conditionnel au réaménagement du réseau routier, notamment par l’ajout d’un réseau supérieur en partenariat avec le ministère des Transports (MTQ), fait-elle valoir. Tout ça devait se faire en parallèle des projets de redéveloppement.»

Selon l’entente, la Ville s’engage à reconfigurer son réseau routier local et à «déployer des efforts raisonnables, sans obligation de résultats», auprès du MTQ afin qu’il entreprenne la reconstruction de l’échangeur La Fayette.

La demande exprimée par Xavier Léger de reporter l’adoption de l’entente de principe n’a pas passé l’exercice du vote. Le directeur général Patrick Savard avait préalablement mentionné que le report d’une entente qui a nécessité des centaines d’heures de négociation pourrait la compromettre.

Logement social

L’absence de logements sociaux et abordables dans le projet de Devimco a été décrite par certains élus comme un «échec» de la Ville de Longueuil à l’égard du développement social.

«J’ai l’impression d’assister à un rendez-vous manqué pour le développement de logements sociaux et abordables, a exprimé le conseiller indépendant Steve Gagnon. Je vais appuyer, mais je tenais à vous exprimer ma plus grande déception. Sommes-nous en train de développer un centre-ville pour privilégiés?»

Dans un avis de proposition qu’appuient ses collègues Jean-François Boivin, Jonathan Tabarah, Jacques Lemire et Jacques E. Poitras, il a suggéré qu’un mécanisme de financement, impliquant l’Agglomération de Longueuil et d’autres paliers de gouvernement, soit implanté afin qu’une partie des revenus de taxes du projet de Devimco serve au financement de logements sociaux et abordables.

Le conseiller de l’opposition officiel Michel Lanctôt a suggéré que le conseil s’engage à utiliser une partie des profits tirés de la vente des terrains à Devimco pour financer le développement du logement social.

Les élus ont fait écho à des craintes et inquiétudes exprimées depuis 2018 par le milieu communautaire, qui a réitéré son souhait que les logements sociaux ne soient pas écartés du centre-ville et que les organismes soient partie prenante des discussions.

«Pas la finalité»

La mairesse Sylvie Parent a voulu se faire rassurante: l’approbation de l’entente de principe avec Devimco ne signifie pas l’impossibilité de construire des logements sociaux au centre-ville.

«Ce n’est qu’un projet, le premier domino. Ce n’est pas la finalité», a-t-elle soutenu, rappelant que la vision de Longueuil centre-ville estimait à 3,5 G$ l’argent privé qui y serait investi.

Les villes sont tributaires des gouvernements fédéral et provincial quant au financement des logements sociaux, a-t-elle rappelé. Une compétence qui relève de l’Agglomération de Longueuil.

Mme Parent a rappelé que les villes du Québec exhortent le fédéral et le provincial d’en arriver à une entente sur le logement. «C’est frustrant, mais nous ne sommes pas maître d’œuvre dans ces dispositions. Par contre, on continue de dire à quel point on en a besoin.»

Actuellement, les demandes de Longueuil au programme AccèsLogis concernent 700 unités.

Selon le directeur général Patrick Savard, «il ne faut pas voir le projet comme une compétition aux logements sociaux. Ce sera un levier pour le prochain projet et ça servira à financer les futurs logements sociaux.»

Mme Parent a avancé qu’il est normal de ne pas avoir réponse à tout en ce moment, appelant le conseil à faire confiance au promoteur et à l’administration municipale.

En réponse aux craintes concernant la congestion routière, elle a souligné que le but de ce projet à haute densité est de favoriser le transport en commun et de réduire l’auto solo, ce à quoi contribuerait d’ailleurs le tramway Léeo.

 

 

Denis Trudel en faveur de la mixité sociale

Dans ce dossier, le député fédéral de Longueuil-Saint-Hubert, Denis Trudel a fait un plaidoyer en faveur de la mixité sociale, favorise la diversité des activités économiques, des services publics et des profils socio-démographiques.

«À titre de porte-parole en solidarité sociale pour le Bloc québécois, je suis interpellé par ce projet car je vous rappelle que mon cheval de bataille en ce moment est d’obtenir du gouvernement libéral le transfert de 1,4 milliard de dollars dus au Québec dans le cadre de la stratégie nationale sur le logement.»

Actuellement, 33% des ménages locataires consacrent plus de 30% de ses revenus pour se loger et que 14% y consacrent plus de 50%. Et la pandémie aggraver cette situation: 150 000 ménages au Québec n’ont pas pu payer leur loyer en avril. À son avis, «l’urgence de la situation ne nous permet pas d’attendre».

Il espère que la Ville invite tous les promoteurs à inclure du logement social, du logement abordable et du locatif dans une perspective de mixité sociale.

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