L’usine de biométhanisation maintes fois annoncée pourrait ne pas voir le jour

L’usine de biométhanisation maintes fois annoncée pourrait ne pas voir le jour

Crédit photo : Archives - Le Courrier du Sud

LONGUEUIL. La construction attendue depuis plusieurs années du Centre de recyclage des matières organiques par biométhanisation et compostage (CEREMO) pourrait ne pas avoir lieu. L’agglomération étudie en ce moment l’option d’assurer le traitement de ces matières par la SÉMECS, située à Varennes.

Un total de 35,5 M$ est néanmoins consacré à la construction d’un tel centre dans le programme triennal d’immobilisations (PTI) de l’agglomération de Longueuil 2019-2020-2021, adopté ce 20 septembre. Un PTI qui prévoit des investissements de 152 M$.

Le projet de construction du centre de biométhanisation, prévu pour 2020-2021, est actuellement à l’étape de conception. Une nouvelle proposition s’est toutefois ajoutée et l’option de donner un contrat de services à l’usine de la société d’économie mixte de l’est de la couronne sud SÉMECS – déjà fonctionnelle – fait actuellement l’objet d’analyse.

Une étude d’avant-projet analysant la faisabilité technique et économique du sous-traitement de la valorisation des matières résiduelles par SÉMECS avait d’ailleurs été adoptée à la séance du conseil municipal de février.

Si Longueuil allait de l’avant, l’usine de la SÉMECS devrait être agrandie afin d’accueillir les matières de l’agglomération.

Si le projet de construction est plutôt privilégié, Longueuil ira en appel d’offres pour trouver un fournisseur capable d’assurer la conception, la construction, l’exploitation et l’entretien.

La décision devrait être prise d’ici la fin de l’année.

Quel que soit l’option, le projet devra voir le jour avant 2023, échéance pour obtenir la subvention gouvernementale.

Les matières organiques des actuels projets pilotes de Brossard et Longueuil sont expédiées en Ontario. La Ville fait valoir qu’une entente avec SÉMECS offrirait une proximité intéressante.

54,8 M$ en 2019

Dans le nouveau PTI, 54 M$ sont réservés pour les projets de 2019.

Au cours des trois prochaines années, c’est le volet bâtiment qui accapare la plus grande partie des investissements (65,5 M$). Viennent ensuite l’amélioration des infrastructures (39,6 M$), les équipements (35,4 M$) et le développement des systèmes de gestion (12,1 M$).

D’importantes sommes sont également consacrées aux infrastructures en matière de traitement des eaux. Trois ans après la fuite de diesel en janvier 2015, un montant de près de 1,5 M$ sera nécessaire pour la décontamination des sols du 850, rue Saint-Charles Ouest.

Un centre de formation du Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL) verra aussi le jour au 600, chemin du Lac, à Boucherville (3 M$). Actuellement, le local accueille entre autres un centre de tir. Il sera réaménagé afin que les policiers qui doivent suivre des formations puissent le faire sur le territoire plutôt qu’à Nicolet.

La construction de la caserne 44 et du centre d’entraînement à Brossard (11,8 M$); la construction de l’écocentre Payer (6M$); et la phase 3 de réfection du poste de police du boul. Curé-Poirier (5,6 M$) sont quelques-uns des investissements prévus dans les bâtiments.

De plus, 169 véhicules du SPAL et 33 véhicules du service de sécurité incendie devront être remplacés au cours des trois prochaines années. À elles seules, ces deux dépenses se chiffrent à 33,5 M$ sur trois ans.

Brossard et Saint-Bruno votent contre

Le maire de Saint-Bruno-de-Montarville Martin Murray ainsi que la mairesse de Brossard Doreen Assaad ont tous deux voté contre le PTI, lors de la séance extraordinaire du 20 septembre. Contrairement à son prédécesseur, le maire de Saint-Lambert Pierre Brodeur a quant à lui voté en faveur du programme.

«C’est toujours sur la même question; ce n’est pas sur le fond, mais sur la répartition et l’impact des dépenses mixtes», a indiqué M. Murray, votant ainsi par «esprit de cohérence» avec les demandes des dernières années.

Mme Assaad a plutôt expliqué son opposition par un manque «d’information et de collaboration» dans l’élaboration du PTI. Elle rappelle que certains élus en étaient à leur première expérience d’un PTI d’agglomération.

«Cette année, il nous est soumis plus tôt que d’habitude. Les villes ne peuvent pas faire de lien avec leur budget de fonctionnement. Ça complique la vie des villes», a-t-elle souligné.

Elle affirme avoir demandé un délai supplémentaire d’un mois avant l’adoption du PTI, afin de pouvoir bien en analyser l’ensemble des éléments. Elle a avancé également que les élus et fonctionnaires de la ville centre ont pu prendre connaissance plus tôt du document.

«Il est faux de prétendre que des élus le voient avant; ce n’est pas comme ça que ça se passe», a tenu à rectifier la mairesse de Longueuil Sylvie Parent.

Mme Parent a aussi indiqué que l’adoption a été reportée à deux reprises à la demande de Mme Assaad.

Face aux commentaires de ses homologues, le maire de Boucherville Jean Martel a rappelé la nature d’un PTI. «C’est un énoncé d’intention. Ces projets, on les voit au fur et à mesure. Il ne faut pas le rendre plus contraignant qu’il ne l’est.»

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