Manifestation en opposition aux mesures de contrôle dans le réseau de la santé

Manifestation en opposition aux mesures de contrôle dans le réseau de la santé
(Photo : Jean Laramée - Le Courrier du Sud)

Une cinquantaine de personnes ont répondu à l’appel du  Collectif de défense des droits de la Montérégie (CDDM) et de l’Association des groupes en défense des droits en santé mentale du Québec (AGIDD-SMQ) dans le cadre du rassemblement soulignant la 4e Journée nationale Non aux mesures de contrôle, le 15 mai.

Réunis à l’Esplanade du Métro Longueuil, plusieurs manifestants ont pris la parole pour revendiquer la mise en place rapide de mesures de remplacement à l’isolement et à la contention ainsi que pour le respect des droits des personnes qui subissent ces mesures de contrôle.

Le rassemblement était le point culminant d’une campagne de sensibilisation que le CDDM a tenu sur les médias sociaux en diffusant des capsules de témoignages de personnes ayant vécu des mesures de contrôle (isolement, contention physique ou contention chimique).

Le CDDM rappelle que les mesures de contrôle ne sont jamais thérapeutiques et qu’elles occasionnent des traumas chez les personnes qui les subissent, mais aussi sur les soignants qui les appliquent.

«Le ministère de la Santé promettait en 2002 d’en arriver dans les meilleurs délais à réduire, voire à éliminer les mesures de contrôle, sur la base d’expériences probantes, explique l’agente de communication de l’AGIDD-SMQ Gorette Linhares. Dix-sept ans plus tard, bien qu’il existe des solutions ici et ailleurs dans le monde, peu de progrès ont été faits et ce, au détriment des droits des personnes. Pire encore, les données récentes de notre Association démontre la mise en place de mesures de contrôle déguisées qui contournent les prérogatives de la loi.»

Au CISSS Montérégie-Est

À l’hôpital Pierre-Boucher, en psychiatrie,  il y a eu 178 mesures de contrôle appliquées en 2018-2019 pour 39 lits. À l’hôpital Honoré-Mercier de Saint-Hyacinthe,  41 mesures de contrôle appliquées pour 50 lits. Quant à l’hôpital Hôtel-Dieu de Saurel, pour 17 lits, on constate 67 applications de mesures de contrôle.

Au CISSS Montérégie-Centre

Selon les données reçues par les deux organisations, il y a eu 243 mesures de contrôle appliquées pour 89 lits à l’hôpital Charles-LeMoyne et 73 mesures appliquées à l’hôpital du Haut-Richelieu pour 38 lits en psychiatrie.

Au CISSS Montérégie-Ouest

Malgré la demande d’accès à l’information acheminée à la même date qu’aux deux autres CISSS de la Montérégie, le CISSS-MO n’a pas été en mesure de fournir aux organisations les données dans les délais impartis par la Loi d’accès à l’information.

Le CDDM et l’AGIDD-SMQ rappellent par ailleurs que les méthodes de calcul ne sont pas nécessairement standardisées et que les chiffres ne sont pas compilés selon les secteurs.

«Nous demandons à nouveau des mesures concrètes de la part des CISSS de la Montérégie, indique Nancy Melanson, de la coordination du CDDM. Comment changer les pratiques et atteindre l’objectif d’élimination si les établissements ne sont pas capables de comprendre et d’expliquer de tels écarts dans l’application des mesures de contrôle?»

(Sources: CDDM et AGIDD-SMQ)

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