Une mère qui a forcé sa fillette à se prostituer écope de 7 ans de prison

Une mère qui a forcé sa fillette à se prostituer écope de 7 ans de prison

Marc Clermont

Crédit photo : Archives - Le Courrier du Sud

JUSTICE. La mère qui «louait» sa fillette au présumé pédophile Marc Clermont a été condamnée à 7 ans de prison, cet après-midi, au palais de justice de Longueuil.

La mère de la fillette, dont l’identité ne peut être dévoilée afin de préserver l’anonymat de la victime, a entre autres été reconnue coupable d’avoir amené sa fille à rendre des services sexuels contre de l’argent et d’avoir vécu en partie des produits de la prostitution de sa fille.

Lors de l’annonce de la sentence, le juge Marco Labrie a qualifié les gestes de l’accusée de «crime inimaginable», qui «dépasse la fiction».

Quatre ans d’enfer

Les gestes reprochés à l’accusée auraient été commis sur une période de quatre ans, de 2013 à 2017. La fillette était âgée d’à peine 6 ans lors des premiers évènements.

L’accusée, qui réside à Longueuil, se prostituait à l’époque et Clermont était l’un de ses clients réguliers, jusqu’au jour où il lui a offert la somme de 140$ pour avoir accès au corps de sa fille. Une offre que la femme de 38 ans n’a pas su décliner. Le crapuleux stratagème s’est poursuivi sur une période de quatre ans, à une fréquence de deux fois par mois vers la fin.

La mère a également avoué avoir exercé un contrôle sur les mouvements de sa fille à quelques reprises en vue de faciliter son exploitation.

La mère aurait initialement consulté sa fille avant de permettre à Clermont de commettre ses crimes. La petite aurait accepté par amour pour sa mère. L’argent de Clermont servait notamment à payer l’épicerie et des sorties au cinéma.

Lorsque la fillette aurait demandé à sa mère de cesser les actes sexuels, cette dernière aurait insisté. La jeune fille s’est alors résignée a raconté son histoire à un intervenant scolaire. Le jour même, soit le 6 mars 2017, la mère s’est rendue à la police, après que sa fille lui ait avoué avoir parlé à l’intervenant. Elle a été officiellement mise sous arrestation deux jours plus tard.

Incarcérée depuis le 8 mars, elle bénéficiera d’une réduction de peine en raison de la détention préventive qu’elle a préalablement purgée. Elle restera donc derrière les barreaux pendant encore cinq ans et dix mois.

Mère inapte

La mère était sous curatelle publique au moment des faits qui lui sont reprochés. Inapte à gérer ses biens, elle conservait tout de même la garde de son enfant, même si elle a mentionné à au moins une reprise à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) qu’elle se sentait incapable de bien s’en occuper.

La mère souffrirait de nombreux problèmes physiques et psychologiques, notamment une dépendance affective, une dépression chronique et un trouble de la personnalité non spécifié. Elle souffrirait également de stress post-traumatique pour des violences physiques et sexuelles subies dans sa jeunesse.

Graves séquelles psychologiques

Depuis l’arrestation de sa mère, la victime été confiée à une famille d’accueil et est suivie par une psychologue. Selon une intervenante entendue en cour, la fillette, qui n’a pas encore 10 ans, sentirait une grande culpabilité depuis que sa mère a été arrêtée. Elle souffrirait également d’importants épisodes dépressifs et aurait même exprimé des idées suicidaires.

Elle aurait confié à une intervenante qu’elle aurait consenti à subir son calvaire pour éviter d’être séparée de sa mère.

Clermont

Le présumé pédophile Marc Clermont est détenu depuis le début des procédures dans une aile spéciale de la prison de Rivière-des-Prairies, afin d’assurer sa protection. Le Montréalais s’est résigné à demeurer derrière les barreaux et ne tentera pas d’être libéré pendant les procédures judiciaires. Il devrait revenir en cour le 22 janvier pour son procès.

Depuis son arrestation, au moins deux autres femmes ont affirmé avoir été victimes de Clermont, entre 1989 à 1997.

L’homme a déjà été condamné à trois ans de pénitencier en 2010 pour des crimes similaires.

Avec la collaboration de Jos Morabito.

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