À quand des Studios Éphémères permanents ?

À quand des Studios Éphémères permanents ?

Louise Séguin, directrice générale du Conseil des arts de Longueuil

Les médias faisaient mention récemment des effets négatifs de l’embourgeoisement de quartiers montréalais sur l’accessibilité des ateliers pour les artistes. Saviez-vous que cette situation affecte également des artistes locaux?

Malgré le nombre considérable d’artistes à Longueuil, force est de constater qu’on ne trouve sur le territoire aucun édifice qui regroupe des espaces de création. C’est donc à Montréal que nos artistes vont chercher les conditions propices à la création.

Voyant ce besoin, le Conseil des arts de Longueuil, avec ses partenaires Wittycloud et la Ville de Longueuil, a mis en place neuf Studios Éphémères de création à la station de métro Longueuil–Université-de-Sherbrooke. Bien que ce projet innovant apporte un soutien considérable à la création et offre une visibilité importante aux artistes et organismes participants (en moyenne 42 000 déplacements quotidiens), il n’en demeure pas moins éphémère. Les locaux sont prêtés par la Ville de Longueuil pour une durée limitée.

De tels ateliers d’artistes représentent pourtant un apport important pour le milieu. D’une part, ils offrent un lieu de création, de réflexion, d’expérimentation, d’entreposage et d’échanges pour les artistes, et, d’autre part, ils génèrent une communauté où se rencontre une foule d’initiatives créatives créant un lieu dynamique, attrayant, qui participe à la création de la valeur.

C’est connu, les ateliers d’artistes contribuent à la revitalisation de secteurs, notamment en réutilisant des bâtiments vacants, qui d’ailleurs ont souvent une valeur patrimoniale. Plusieurs grandes villes l’ont compris en mettant en place des mesures visant le développement et le maintien d’ateliers d’artistes, notamment l’annulation des taxes foncières et l’aménagement de bâtiments.

Le lieu recherché permet une mixité des usages: peindre sans crainte de tacher les planchers, faire du plâtre, scier du bois, monter des décors, déplacer des structures lourdes. Un lieu bien éclairé, solide, où on peut salir et faire du bruit. Le lieu doit également offrir aux artistes un bail à long terme à prix très modique… et, pourquoi pas, y inclure des espaces de rencontres-échanges avec le public afin de créer une réelle synergie avec la communauté?

Un appel est lancé. Si vous connaissez un tel bâtiment vacant à Longueuil, communiquez sans tarder avec le Conseil des arts de Longueuil.

Louise Séguin, directrice générale du Conseil des arts de Longueuil

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