L’avenir de nos enfants est plus important qu’une simple promesse électorale

Nos universités forment des experts dans tous les domaines et des chercheurs compétents consacrent leur vie à évaluer des programmes. Trois études* récentes comparent les CPE 4 ans aux maternelles 4 ans. Il est intéressant d’entendre leurs conclusions. Pas celles d’employés directement impliqués par d’éventuels changements, ni celles de vagues programmes électoraux, mais celles de véritables experts.

Le Québec a développé un réseau de Centre de la petite enfance (CPE) qui fait l’envie du reste du Canada. Surveillez bien les partis politiques fédéraux. Ils vont promettre une formule semblable aux Canadiens des autres provinces pour les prochaines élections fédérales.

Des maternelles 4 ans existent au Québec depuis 1970. Il y en aurait entre 200 et 400 au Québec selon les différents documents consultés. Elles sont installées dans des milieux défavorisés pour donner de meilleures chances de réussir à l’école, à des enfants moins habitués en société. De là à penser que si c’est bon pour une clientèle défavorisée, ça devrait être bon pour tous les enfants… il n’y a qu’un pas que les experts ne franchissent absolument pas.

Les médias ont fait état qu’en Ontario, la maternelle 4 ans avait favorisé la diplomation. Voilà un argument statistique béton… jusqu’à ce qu’on apprenne que le calcul de la diplomation se fait après la douzième année en Ontario. Or, la maternelle 4 ans a été instaurée il y a à peine 5 ans en Ontario. Il est donc beaucoup trop tôt pour apprécier l’influence de la maternelle 4 ans sur la diplomation. On a affaire à de la propagande.

Les experts et leurs études démontrent que la maternelle 4 ans peut aider l’enfant s’il n’a pas socialisé avant d’entrer à l’école ou s’il n’a pas la connaissance de la langue française. Sinon, les CPE sont meilleurs. Les ratios, les horaires, l’encadrement, les qualités d’interaction, de liens de confiance avec le parent et l’enfant favorisent nettement les CPE. Ces derniers sont aussi équipés pour détecter et régler les problèmes plus tôt, même avant 4 ans, puisqu’ils accueillent les tout-petits dès l’âge de quelques mois.

Il devient de plus en plus évident que la maternelle 4 ans est le prix de consolation quand on ne peut pas s’offrir le CPE. Le gouvernement veut offrir le choix aux parents. Noble sentiment. Dans une société ou on coupe la collation aux plus démunis, et les bains à nos aînés, il faudrait que notre gouvernement soit plus sélectif dans ses choix, surtout les choix coûteux. Récemment, pour calmer la grogne, on inonde les CPE de promesses budgétaires. Pour combien de temps avant la rationalisation?

À Montréal seulement, on évalue à 477 classes additionnelles nécessaires pour accueillir les tout-petits si on voulait instaurer la maternelle 4 ans pour tous. C’est équivalent à 23 écoles neuves. Sans compter le personnel. En Montérégie, c’est 180 classes supplémentaires (équivalent à plus de 6 écoles), avec 180 enseignants et 180 éducateurs alors que la Commission scolaire Marie-Victorin compte déjà 53 classes dans des unités modulaires par manque d’espace.

Bien sûr, la maternelle 4 ans obligatoire (ce que ne prévoit pas le projet de loi actuel) permettrait d’identifier des difficultés chez des enfants qui n’ont jamais quitté la maison. C’est pour cela que les commissions scolaires offrent un certain nombre de ces classes, dans des secteurs spécifiques. Si l’on consacrait une grande partie des budgets prévus pour le développement des maternelles 4 ans dans les CPE, les recherches citées plus bas démontrent que le gouvernement rencontrerait davantage ses objectifs que d’investir «mur à mur» dans la création de nouvelles maternelles 4 ans. Il est plus urgent de déployer les CPE pour le plus grand nombre possible et d’y consacrer les budgets et les ressources nécessaires. Il en va de l’avenir de nos enfants … et parfois de leurs parents.

S’ajoute aux études mentionnées plus bas, les résultats d’un sondage réalisé très récemment, par Léger-Léger auprès de 1002 parents d’enfants de moins de 5 ans, qui démontre que les parents font davantage confiance aux CPE qu’aux maternelles 4 ans**.

Il faudrait que nos élus lisent ces études et protègent ce joyau que toutes les provinces envient: nos CPE.

Comité exécutif du Parti Québécois de Taillon

*Rapport de recherche: La maternelle 4 ans: la qualité de l’environnement éducatif et son apport à la préparation à l’école chez les enfants en milieu défavorisés. Christa Japel  et al. UQAM

Enquête québécoise sur le développement des enfants à la maternelle 2017. (Institut de la statistique du Québec) 2012-2017.

Projet-Pilote sur les maternelles 4 ans. Fédération autonome de l’enseignement (FAE).

**Sondage Léger-Léger

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