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VIDÉO - «On va transformer ce parc en abattoir» - Anne-France Goldwater

lundi le 10 janvier 2022
Modifié à 8 h 26 min le 11 janvier 2022
Par Yanick Cyr

ycyr@gravitemedia.com

L’avocate Anne-France Goldwater juge que la solution de la Ville de Longueuil est «immorale» puisque les cerfs sont domestiqués. (Photo:Le Courrier du Sud – Yanick Cyr)

Près d’une centaine de personnes ont répondu à l’appel, dimanche, des organisateurs de la manifestation contre l’abattage d’une partie du cheptel de cerfs qui ont élu domicile dans le parc Michel-Chartrand à Longueuil. Et les organisateurs avaient une bonne nouvelle pour les militants : la mairesse a accepté de recevoir, mardi, en mode virtuel, les dirigeants de l’opposition à l’euthanasie des cerfs.

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Tête d’affiche du rassemblement, l’avocate Anne-France Goldwater a livré un discours coloré, moquant la solution retenue par la Ville et louangeant les mérites du déplacement des cerfs.

Mme Goldwater soutient que la solution de la Ville de Longueuil est «immorale» puisque les cerfs sont domestiqués et qu’ils « n’ont plus peur de nous». Les tuer constituerait «un assassinat», selon elle.

 

De plus, elle avance que la reproduction des cerfs du parc et l’arrivée d’autres bêtes feront de l’abattage une opération annuelle. «On va transformer ce parc en abattoir», a déclaré l’avocate aux militants.

Elle a avancé que les humains détenaient l’expertise pour déplacer des cerfs depuis des centaines d’années.

«Premières Nations et pirates» auraient déplacé des cheptels entiers, les seconds dans le but avoué de disposer d’une réserve de viande sur des îles où ils séjournaient.

Déplacement gratuit et drone

Citant «de nombreuses études» et des cas de déplacement de cerfs aux États-Unis, le regroupement propose de déplacer les cerfs gratuitement alors que la Ville aurait déjà dépensé 325 000$ pour son projet l’abattage des cerfs.

Mme Goldwater a dévoilé sa stratégie en prévision d’un éventuel procès contre la Ville, si cette dernière maintient son plan, en faisant référence à l’adoption d’une loi protégeant les droits des animaux.

Mme Goldwater souhaite que les cerfs soient envoyés dans de grands espaces où ils seraient nourris. «Il y a déjà plusieurs personnes qui nous ont contactés pour nous offrir des parcelles de terre afin d’y accueillir les cerfs», souligne-t-elle.

De son côté, le président et directeur général de Sauvetage animal rescue, Éric Dussault, réitère sa solution de créer un enclos pour les cerfs dans le parc Michel-Chartrand, où les bêtes seraient nourries.

«Ils ne vont plus manger toutes les pousses et s’aventurer sur les terrains des résidents», plaide-t-il.

M. Dussault a également retenu les services d’un pilote de drone qui devrait dénombrer les cerfs du parc. «Les chiffres de la Ville sont basés sur une étude de 2017 et ils estiment que la population est rendue à 70 cerfs, mais personne ne les voit, explique-t-il. Avec ce nouveau dénombrement, nous aurons des chiffres plus précis et récents.»

Rencontre

De son côté, la mairesse de Longueuil, Catherine Fournier accepte de rencontrer les représentants de Sauvetage animal rescue «même s’ils ont déjà été entendus dans le cadre des travaux de la Table de concertation».

Elle rappelle que la solution d’un enclos a été rejetée par le Comité d’éthique de l’Université de Montréal.

La mairesse a par ailleurs refusé de commenter une éventuelle judiciarisation du dossier puisqu’elle demeure hypothétique.

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