Pénurie de main-d’œuvre: les pharmaciens d’établissement de santé demandent plus de recrutement

Pénurie de main-d’œuvre: les pharmaciens d’établissement de santé demandent plus de recrutement
(Photo : Pixabay)

La pénurie chronique de pharmaciens d’établissement  – qui perdure depuis les années 2000 – freine leur déploiement dans les unités de soins comme l’oncologie, les soins intensifs et l’urgence, déplore l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec (APES).

En parallèle à une tournée des différents établissements de santé du Québec, le président et la directrice générale de l’APES veulent sensibiliser la population au rôle et enjeux que vivent leurs membres. Ils se sont arrêtés le 12 février dans des installations du CISSS Montérégie-Est.

Dans les équipes interdisciplinaires des unités de soins et cliniques externes des hôpitaux, ainsi qu’en CHSLD, les interventions des pharmaciens visent l’usage optimal des médicaments pour favoriser l’atteinte des résultats attendus de la pharmacothérapie.

Pénurie

La capacité de déployer des pharmaciens aux unités de soins, dans les cliniques externes des hôpitaux et dans les CHSLD est directement liée à la pénurie de main-d’œuvre, qui sévit chez ces professionnels de la santé.

Le taux de pénurie, sur la base des postes existants dans les établissements, était de 19% au Québec au printemps 2019. Cela représente quelque 280 postes non comblés.

«Contrairement à plusieurs professions de la santé, la majorité des pharmaciens au Québec travaillent au privé, expose le président de l’APES, le pharmacien François Paradis. L’augmentation des inscriptions au premier cycle en pharmacie dans la décennie 2000 a permis de répondre en bonne partie aux besoins des pharmacies de quartier, mais encore trop peu de jeunes poursuivent leurs études à la maîtrise en pharmacothérapie avancée pour devenir pharmaciens en milieu hospitalier.»

Attirer la relève

La principale solution consiste à parvenir à attirer davantage de relève. L’objectif est de diplômer plus d’une centaine de pharmaciens par année à la Maîtrise en pharmacothérapie avancée. La dernière cohorte compte moins de 75 résidents diplômés.

«Des efforts soutenus et continus de la part du ministère de la Santé, des deux facultés de pharmacie et de tout le milieu de la pharmacie d’établissement doivent être fournis pour attirer la relève», a soutenu M. Paradis. Il faut non seulement viser à doter les postes existants, mais aussi s’assurer de répondre aux besoins en soins pharmaceutiques de tous les patients vulnérables dans les hôpitaux et les CHSLD.»

Actuellement, un programme permet l’embauche de résidents dès le début de leur maîtrise en retour de leur engagement à travailler un minimum de 3 ans dans ces milieux après l’obtention de leur diplôme. L’APES s’explique toutefois mal que le ministère de la Santé et des Services sociaux restreigne l’accès à cette option en le limitant à un seul candidat par établissement visé.

Afin de contribuer à pallier les effets de la pénurie de main-d’oeuvre, 96% des pharmaciens des établissements de santé ont opté pour la semaine de travail de 40 heures, à laquelle s’ajoutent des heures supplémentaires et le recours aux services de pharmaciens dépanneurs.

(Source : Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec)

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