Petit matin de grève pour les enseignants le 14 avril

Petit matin de grève pour les enseignants le 14 avril
(Photo : Depositphotos)

Les enseignants feront une grève de courte durée le 14 avril. Une façon de signifier l’exaspération devant la lenteur de l’évolution des négociations avec le gouvernement.

Cette grève s’exercera de 0 h 01 à 9 h 30 le 14 avril. Elle concerne les enseignants du Centre de services scolaire Marie-Victorin et la Commission scolaire Riverside.

Les enseignants du Québec sont sans contrat de travail depuis plus d’un an. Ils réclament des améliorations significatives dans leur quotidien, que ce soit par une meilleure composition des classes et des ajouts de services, un allègement de la tâche, de meilleurs salaires et moins de précarité.

La Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ) et l’Association provinciale des enseignantes et enseignants du Québec (APEQ-QPAT) optent pour une grève de courte durée. On vise ainsi à perturber l’administration scolaire, tout en minimisant les répercussions sur les services éducatifs. Un exercice appelé à se reproduire plus souvent. Il pourrait aussi se combiner ou alterner avec les grèves pouvant être exercées par les autres fédérations de la CSQ. Rappelons que celles-ci sont toutes détentrices d’un mandat de grève, pouvant aller jusqu’à l’équivalent de 5 jours, à être exercé au moment opportun.

«On nous dit toujours que ce n’est pas le bon moment pour faire la grève. Malheureusement, la coupe est plus que pleine, la profession est en crise et il faudra des améliorations notables pour attirer et retenir les enseignants», a expliqué Josée Scalabrini, présidente de la FSE-CSQ. Le gouvernement saupoudre des mesures sans véritables moyens, alors qu’il y a un coup de barre à donner, devenu encore plus nécessaire depuis la pandémie. Ça va nous prendre un signal pas mal plus clair que celui qui nous est envoyé. »

Mme Scalabrini rappelle que la profession est majoritairement occupée par des femmes. Elle ajoute que c’est au Québec que les enseignants sont le moins bien rémunérés au Canada. «La pandémie a mis en lumière à quel point les emplois au service des personnes, les petits, les élèves, les malades et les ainés, sont essentiels et font toute la différence, a-t-elle dit. Il serait temps qu’on leur accorde une véritable reconnaissance en améliorant leurs conditions de travail et leur salaire. Parce que c’est le gouvernement qui a voulu négocier durant la pandémie au lieu de reporter les pourparlers, la balle est maintenant dans son camp et il doit répondre aux principales demandes des enseignants. Si l’éducation est une véritable priorité, il passera de la parole aux actes parce que les enseignants, au bout du rouleau, ne le croient plus. »

Pour Heidi Yetman, présidente de l’APEQ, le gouvernement fait la sourde oreille au cris du coeur des enseignants. «Ils sont surchargés, épuisés et abandonnent la profession, lance-t-elle. Après les promesses non tenues de faire de l’éducation une priorité, qu’on ne se surprenne pas de la colère et de la détermination des enseignants qui s’expriment aujourd’hui. Ils se battent pour tout un réseau négligé par les gouvernements successifs. Qu’est-ce que ça va prendre pour leur faire réaliser que tout ce qu’ils investissent auprès des enseignants, ce sont les élèves qui en bénéficient. Quand on valorise l’éducation, on prend soin de celles et ceux qui y travaillent tous les jours. »

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