PHOTOS ET VIDÉOS – Euthanasie de cerfs : les relocaliser n’était pas une option

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Par Geneviève Michaud
PHOTOS ET VIDÉOS – Euthanasie de cerfs : les relocaliser n’était pas une option
(Photo : Le Courrier du Sud - Geneviève Michaud)

L’annonce de l’euthanasie prochaine de 12 à 15 cerfs de Virginie pour contrer la surpopulation au parc Michel-Chartrand a rapidement soulevé un tollé de protestations. Trois pétitions réclamant plutôt que les bêtes soient transportées dans une autre région ont déjà récolté au total plus de 45 000 signatures et une manifestation est prévue au parc ce samedi. Or, relocaliser les cerfs n’est pas une option, répondent la Ville de Longueuil et les experts.

Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) explique que le cerf de Virginie est un animal très sensible au stress. L’endormir pour le déplacer entraîne un changement métabolique chez l’animal. Ainsi, plus de 50% des cerfs qui sont endormis pour être transportés dans une autre région sont retrouvés morts quelques heures ou quelques jours plus tard.

Le danger est également très grand pour un cerf qui serait déplacé dans une région éloignée, l’animal n’étant pas adapté à des conditions météorologiques différentes, en plus d’être confronté à de nouvelles maladies.

Déplacer les cerfs localement, au boisé du Tremblay, n’était pas non plus envisageable. Les cerfs étant très mobiles sur le territoire, le risque qu’ils reviennent au parc Michel-Chartrand par eux-mêmes était trop grand. L’option aurait également pu entraîner une dispersion des bêtes en territoire agricole, ce qui n’est pas souhaitable.

Troisième option non retenue par la Ville : autoriser la chasse au parc Michel-Chartrand. Le parc comptant un nombre important de sentiers pédestres ainsi que de nombreux accès, en plus d’être très fréquenté, l’enjeu de sécurité était beaucoup trop important.

Deux fois trop

Malgré les efforts pour réduire les impacts et contrôler la surpopulation des cerfs au parc Michel-Chartrand au cours des dernières années, force est de constater que le nombre de cerfs ne cesse d’augmenter, déplore la Ville.

La capacité de support d’un territoire est la pression maximale qu’un animal peut exercer sur son environnement sans en affecter la pérennité. Dans le cas du cerf en milieu urbain, le MFFP fixe la densité acceptable à 8 cerfs par kilomètre carré. Pour un parc de 1,85 km2 comme Michel-Chartrand, la population idéale de cerfs devrait se situer à environ 15 individus.

«L’objectif est d’établir un équilibre et non d’éradiquer la population de cerfs au parc.»

– La Ville de Longueuil

Le dernier inventaire aérien, réalisé le 20 février 2017, fait plutôt état de 32 cerfs au parc.

Contrairement à la croyance populaire, le développement résidentiel et l’étalement urbain ne seraient pas responsables de la surpopulation de cerfs, la situation étant la même en milieu agricole.

Les principales raisons de la surpopulation de cerfs, qui n’est pas propre à Longueuil, seraient plutôt l’absence de prédateurs et les hivers de plus en plus doux. La Ville et le MFFP notent également une diminution non négligeable du nombre de chasseurs au cours des dernières années.

Avenir menacé

La surpopulation de cerfs menace l’avenir du parc en mettant entre autres en péril la biodiversité animale et végétale et en compromettant les plantations actuelles et futures, dont celles prévues pour combler l’abattage des frênes atteints par l’agrile.

«Une densité aussi élevée de cerfs est même nuisible pour l’espèce elle-même, entre autres en raison de la nourriture qui est plus difficilement accessible et du danger de propagation de maladies», indique la Ville.

La création d’exclos – des zones de végétation protégées des cerfs par des clôtures – montre clairement l’effet de la surpopulation des bêtes sur la flore du parc. (Photo : Ville de Longueuil)

En cherchant à se nourrir ailleurs, les cerfs sont également à risque de provoquer des accidents routiers. Seulement en 2019, 38 appels pour des accidents impliquant un cerf sur le territoire de Longueuil ont été placés au 911.

12 à 15 bêtes euthanasiées

L’opération de capture et d’euthanasie sera menée sur 12 à 15 bêtes, majoritairement des femelles, qui sont responsables de la régénération de la population de cerfs du parc.

Afin de préserver la viande pour qu’elle soit remise à Moisson Rive-Sud, qui en fera don aux organismes de dépannage et banques alimentaires du territoire, l’euthanasie des cerfs sera faite sur place par un vétérinaire, à l’aide d’un pistolet percuteur.

L’opération, qui se tiendra sur quelques jours à la fin du mois de novembre, coûtera 65 000$ à la Ville.

Un inventaire aérien du parc Michel-Chartrand sera ensuite réalisé en 2021, de même que des observations sur le terrain.

Intensifier la chasse

Longueuil assure que la décision d’euthanasier près de la moitié des cerfs du parc Michel-Chartrand, prise en concertation avec le MFFP et les experts en contrôle animalier, n’est pas celle qu’elle aurait souhaité appliquer, mais qu’il s’agit de la meilleure option dans les circonstances.

Précisant qu’elle ne souhaite pas devoir répéter cette opération, elle compte donc beaucoup sur la chasse au boisé du Tremblay pour aider à maintenir la population de cerfs à un niveau acceptable.

Actuellement, entre 9 et 11 cerfs sont abattus annuellement par des chasseurs sur le territoire de Longueuil. La Ville souhaite que ce nombre augmente à 15.

Une campagne de sensibilisation est également déployée dès cette semaine pour rappeler aux visiteurs du parc l’importance de ne pas nourrir les animaux. Elle souligne que la nourriture offerte au cerf, n’étant pas adaptée à l’animal, peut lui causer plusieurs problèmes de santé, en plus de favoriser le déplacement des bêtes vers le parc.

Une campagne de sensibilisation vise à rappeler aux visiteurs du parc l’importance de ne pas nourrir les animaux. (Photo : Le Courrier du Sud – Geneviève Michaud)

 

 

 

 

Dommages aux propriétés adjacentes et coûts pour la Ville

  • 14 plaintes de citoyens (2016-2020)
  • 8 demandes de réclamation par des citoyens totalisant plus de 35 000$ (2016-2020)
  • Plus de 50 000$ déboursés par la Ville dans les 5 dernières années (exclos, protection des végétaux, affiches)

Activités de contrôle déployées par la Ville depuis 2009

  • Conférences éducatives au parc Michel-Chartrand sur le cerf et ses impacts
  • Activités de sensibilisation par des agents de protection de la faune (MFFP) et des policiers à vélo pour informer les visiteurs des conséquences du nourrissage artificiel
  • Étude d’impact du brout sur la forêt du parc Michel-Chartrand
  • Amélioration de la signalisation routière aux abords du parc
  • Construction d’exclos
  • Protection des végétaux
  • Chasse permise dans le boisé du Tremblay (depuis 2003)

47 600 cerfs tués par des chasseurs en 2019

Selon les statistiques du ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs, 47 600 cerfs de Virginie ont été abattus par les chasseurs de la province en 2019. De ce nombre, 2870 l’ont été dans la zone 8 Nord, dans laquelle se trouve Longueuil.

En 10 ans, soit de 2010 à 2019, 532 831 cerfs ont été récoltés par les chasseurs québécois, dont 24 410 dans la zone 8 Nord.

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Alain Lavallée
Alain Lavallée
3 mois

L’abattage des cerfs au parc Michel Chartrand n’est pas nécessaire cet automne.

Pour le bien-être de la population en ces temps de COVID et confinement, jamais les parcs n’ont été aussi fréquentés et réconfortants. la présence de quelques cerfs est un magnifique cadeau pour tous les visiteurs, un moment de bonheur, c’est un anti dépresseur naturel .
-L’abattage au parc MC n’est pas nécessaire principalement parce que la chasse du chevreuil au boisé du Tremblay est maintenant intensifiée, ce qui réduira en conséquence la population de chevreuils du parc Michel Chartrand
-automatiquement la pression sur l’écosystème diminuera PMC- boisé du Tremblay diminuera

si ce n’est pas le cas il sera toujours le temps de faire un recensement au printemps et de sévir en conséquence

François
François
3 mois
Répondre à  Alain Lavallée

Les chevreuils du parc Michel Chartrand ne communique même pas avec ceux du boisé du Tremblay depuis le développement de la rue Joyal. En plus, vous n’êtes même pas favorable à la chasse dans le boisé du Tremblay de toute manière.

Votre objectif n’est que de  »kicker » la canne en avant et ignorer le problème pour des raisons de ferveurs végétalienne j’imagine.

Les chevreuils du Parc Michel Chartrand n’ont aucune notion de la vie sauvage, on peut les nourrir à la main avec des peanuts comme des écurreuils, les petits sont couchés à nos pieds quand on marche dans les sentierset on peut pratiquement les caresser, leurs mères nous regarde tout bonnement. C’est rêver en couleur de penser qu’on peu relocaliser ailleurs ces animaux et régler un problème qui existe de toute manière ailleurs.

Encore une fois les gérants d’estrade pense faire mieux que ceux qui ont mis des heures à réfléchir à cette problématique et qui gagnent leur vie à temps plein en oeuvrant dans ce domaine.

Croyez vous que la ville fait celà de gaieté de coeur d’annoncer qu’il y aura abbatage de 15 chevreuils à 1 an des élections? Au moins tout sera mis en oeuvre pour éviter la souffrance et maximiser l’utilisation de ces animaux.

Alain Lavallée
Alain Lavallée
3 mois
Répondre à  François

Où avez vous lu que je ne suis pas favorable à la diminution de la population de cerfs au Boisé du Tremblay. J’ai écrit exactement le contraire.

«  »la chasse du chevreuil au boisé du Tremblay est maintenant intensifiée, ce qui réduira en conséquence la population de chevreuils du parc Michel Chartrand
-automatiquement la pression sur l’écosystème diminuera PMC- boisé du Tremblay diminuera » » » »

POLLUX
POLLUX
2 mois
Répondre à  François

en tout cas bingo les cerfs seront relocalisés par un organisme qui se donne la peine de trouver des solution intelligente ce SANS FRAIS

Alain Lavallée
Alain Lavallée
3 mois

Maintenir la biodiversité c’est aussi préserver et accepter la présence de ces magnifiques animaux. Pour les Longueuillois, il est infinement préférable de vivre avec 30 cerfs au parc MC. plutôt que 30 coyotes.

la ville est sur la bonne voie avec les exclos, l’abattage n’est pas nécessaire.

Quant aux 38 appels fait à la ville pour des incidents, il faut vérifier. la très grande majorité de ces appels sont des plaintes de résidents parce qu’un chevreuil bouffe leur haie de cèdre.

Chantal Beaulieu
Chantal Beaulieu
3 mois
Répondre à  Alain Lavallée

Merci monsieur Lavallée, merci pour ces informations qui auraient pu alimenter Cet l’article d’un organe de presse qui est plus que le relais des communiqués de presse de l’administration publique. J’ai d’ailleurs fait parvenir votre article de 2017 à la mairesse hier. Cet article apportait déjà des nuances qui nous amènent plus loin dans la réflexion qui devrait avoir lieu au sein de cette communauté. Dans quel milieu voulons nous vivre?
Il est important de mentionner qu’en choisissant de profiter d’un milieu de vie comme les alentours du parc, on doive assumer les conséquences. Nous donner comme l’un des arguments les haies des résidents est inconséquent. Nous sommes après tout sur le territoire de ces animaux. Il faut l’admettre. Vous soulignez que la période dans laquelle nous sommes nécessite la proximité de ces animaux qui font du bien, il faut être dans ce parc quotidiennement pour y voir l’enchantement de tous à leur contact. Je vous remercie de vos commentaires, et la dignité que vous y mettez. Merci

Victoria de Martigny
Victoria de Martigny
3 mois

Pour tous les propriétaires qui se sont plaints à la ville, ils devraient peut-être reconnaître que les cerfs étaient là en premier. Nous devons arrêter de tuer des animaux simplement parce que c’est la solution la plus pratique pour les humains. Ayons un peu de respect pour ces êtres sensibles avec lesquels nous partageons la planète et travaillons à trouver une solution plus raisonnable et plus humaine que la mort.

Steve De Grandpré
Steve De Grandpré
3 mois

Je vous offre de les relocaliser sur ma terre à bois à St-Damase-de-L’Islet.

Johanne Gaumond
Johanne Gaumond
24 jours
Répondre à  Steve De Grandpré

Bonjour, je vous félicite de votre mobilisation, à les accueillir. Super.

Jimmy Van Nguyen
Jimmy Van Nguyen
3 mois

Ville de Longueuil …. Je suis dégouté.
Comme être humain, je suis plus que déçu de lire que la Ville de Longueuil a comme projet l’abattage de 15 (ou 17) chevreuils qui vivent au parc Michel-Chartrand.
Tuer des chevreuils à cause de leur surpopulation? À cause de la faible régénérescence de la forêt? À cause des dommages aux propriétés voisines du parc? À cause de l’augmentation des risques d’accidents routiers? …. Quelle condescendance qui n’est pas sans rappeler la pensée colonisatrice.
Corrigez-moi si je me trompe, mais avant que la ville de Longueuil devienne Longueuil, et cela vaut pour toutes les autres villes d’ailleurs, avant même la première pelletée de terre, avant même la première brique, les humains étaient sur le territoire de ces animaux ? Sur leur terre, sur leur environnement… sur leur habitat?
Nous, hommes, femmes, n’étions-nous pas ceux ou celles qui avons pris leur terrain pour les faire nôtres ? On a transformé des centaines, voire des milliers d’hectares pour construire nos villes et autoroutes. Et c’est maintenant la faute de ces pauvres animaux de s’être reproduits sur « nos » territoires ?
Vous parlez de la trop faible régénérescence de la forêt. Entendons votre condescendance encore une fois! Inversons les choses. On diminue ton territoire, ton habitat, tu n’as plus d’espace pour te nourrir, mais c’est de ta faute. Nous sommes devenus des experts du spécisme, de la coupe des arbres quand il crée de l’ombre à notre fenêtre à la création de quartiers ethniques dans le Grand Montréal.
Dommages aux propriétés voisines au parc : De quoi se plaint-on, imaginez que vous êtes dans la situation où on réduit la superficie de votre milieu de vie, pour vous et votre famille. Et que votre seule source de nourriture se trouve dans la cour voisine. Que feriez-vous? Les propriétés riveraines n’ont-elles pas été construites en bordure d’un parc régional? Les habitants de Oka, Ste-Marthe-sur-le-Lac et autres petites villes riveraines qui ont choisi de vivre près d’une rivière ont su l’an passé qu’il n’y a pas de fumée sans feu. La nature reprend son cours. Les eaux sont en recrudescence. À Longueuil, les habitants du parcours du cerf sont aussi conscients que la nature suit son cours. Mais l’homme veut être le plus fort, toujours. Honte à lui.
Augmentations de risques d’accidents routiers : IL N’Y AVAIT PAS DE ROUTES dans le milieu d’habitation des cerfs, il n’y avait pas de maisons, de dépanneurs, de parcs ….. Nous sommes sur leur territoire et non le contraire. Nous sommes la cause de leur surpopulation et non eux. Devrait-on plutôt se débarrasser de plusieurs êtres humains? Car si la solution la plus facile et la moins coûteuse est de débarrasser des cerfs sans leur donner une seule chance de survie, ce sont nous les animaux et non eux. C’est nous qui avons pris leur place et avons le culot de leur imposer notre façon de faire. Cela n’est pas sans rappeler que nous sommes en terre autochtone… Notre culot est légendaire… Quand apprendrons-nous à vivre AVEC autrui? Je me le demande…

Jimmy Van Nguyen
12 novembre 2020

Stephan Dussault
Stephan Dussault
3 mois

Je vais prendre les 15 chevreuils sur ma terre ils ont de quoi à ce nourrir rien qu en masse et puit donner plus de permis femelles