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Plaintes de citoyens: Helicraft apporte des changements

mardi le 31 août 2021
Modifié à 12 h 04 min le 07 septembre 2021
Par Ali Dostie

Un hélicoptère d'Helicraft (Photo: Le Courrier du Sud - Michel Hersir)

Depuis deux semaines, les hélicoptères de l’entreprise Helicraft volent à plus haute altitude et la trajectoire des vols touristiques qui surplombaient les quartiers résidentiels de Longueuil, notamment du district Boisé-Du Tremblay, ont quelque peu changé. Elle espère ainsi apaiser les critiques de citoyens exaspérés du bruit fréquent des appareils.

Les hélicoptères décollant du site du chemin de la Savane, voisin de l’aéroport de Saint-Hubert, montent désormais jusqu’à 1500 pieds, plutôt que 1000 pieds, avant d’entamer leur parcours. Et les vols touristiques n’empruntent plus le même chemin pour atteindre l’île de Montréal.

«Ils quittent vers l’autoroute et tournent au quartier industriel, près du tunnel Lafontaine», détaille Jimmy Joubert, propriétaire et directeur d’exploitation d’Helicraft.

Ces changements ont été apportés avec la collaboration et l’approbation de NAV Canada et Transports Canada.
«Ce sont des modifications très difficiles à obtenir. Comme opérateur, on «subi», on doit se plier à la loi. Il y a des corridors aériens que l’on doit respecter», soulève M. Joubert, qui admet du même souffle que les changements que peut apporter l’entreprise à ses opérations demeurent très limités.

«J’espère que l’on va réussir à calmer les citoyens, souhaite-t-il. Je ne sais pas s’ils remarquent [ces modifications] jusqu’à maintenant.»

Pas le seul

Depuis quelques semaines, des citoyens se plaignent des vols touristiques de la compagnie, qui surplombent les quartiers résidentiels, et ce, de plus en plus souvent, et à basse altitude.

Selon M. Joubert, le nombre de vols touristiques offerts par Helicraft n’a pas augmenté, outre une «légère hausse» durant les vacances de la construction.

Les vols touristiques représentent environ 500 heures de vol par an, soit environ 1500 vols, considérant la durée de 20 ou 30 minutes des tours offerts.

La majeure partie des heures de vols d’Helicraft, soit environ 3000, sont consacrées à la formation. «On forme les pilotes qui veulent en faire un métier. On est l’une des plus grosses écoles au Québec», illustre le propriétaire.
Il note toutefois que ce ne sont pas ces vols qui semblent plus dérangeants pour la population, alors qu’ils survolent essentiellement des champs.

M. Joubert fait par ailleurs remarquer qu’Helicraft n’est pas l’unique entreprise à faire voler des hélicoptères dans le ciel de Longueuil à partir de l’aéroport de Saint-Hubert.  C’est le cas de la Sûreté du Québec, des Forces armées canadiennes et d’Air Medic, entre autres.

En tout, il y a environ une cinquantaine d’hélicoptères à l’aéroport de Saint-hubert. Helicraft compte six «petits appareils à pistons», se défend-il.

«Des fois, des citoyens me disent : hey, j’entends souvent ton gros hélicoptère vert. Mais il s’agit d’un Griffon de l’armée canadienne, qui fait des entraînements et qui est très bruyant.»

-Jimmy Joubert, propriétaire d'Helicraft

«Petit spectacle»

À la séance du conseil municipal du 24 août, le conseiller du district du Boisé-Du Tremblay Benoit L’Écuyer dénonçait à nouveau le bruit des hélicoptères et faisait allusion à une récente pétition de près de 200 signatures réclamant plus de quiétude.

Il a même fait entendre le bruit d’un hélicoptère surplombant son district, enregistré à partir de son cellulaire.
«Je vis moi-même dans le secteur et je vous confirme que l'intensité et la fréquence du bruit des hélicoptères est sans précédent cette année. En 12 ans de mandat, c'est la première année que j'ai des plaintes pour ça», a-t-il d’ailleurs signifié, dans un communiqué de Longueuil Citoyen, où le candidat à la mairie demande à NAV Canada, sinon à la Ville, d’intervenir.

À la séance du conseil, M. L’Écuyer déplorait également qu’un citoyen ait appris, par le biais d’une communication avec le cabinet de la mairesse, que des solutions étaient en cours.

Le conseiller municipal Jonathan Tabarah a aussi renchéri qu’il s’agissait d’un problème qui s’accentue dans le district du Parc-Michel-Chartrand.

«C’est réellement intolérable, on doit arrêter d’avoir nos conversations pour les reprendre une fois que les hélicoptères sont passés, a-t-il partagé. J’ai hâte de voir les ententes, et où la suite des discussions vont nous mener.»

Jimmy Joubert confirme qu’il a travaillé en collaboration avec la mairie de Longueuil dans ce dossier.
Il se désole toutefois du même coup que M. L’Écuyer ait «fait son petit spectacle», sans le contacter directement pour lui faire part des doléances des citoyens et pour envisager des pistes de solutions.

«C’est dommage. Il se sert des plaintes de citoyens pour faire de ce dosser un cheval de bataille pour les élections. S’il avait voulu régler le problème, il m’aurait contacté. Comme propriétaire et directeur de l’exploitation, je suis le principal intéressé.»

M. Joubert a d’ailleurs contacté le conseiller, vendredi dernier.

Appelé à réagir, M. L’Écuyer a affirmé que ce dernier lui a partagé «sa perception de [s]es interventions au conseil», mais rien de plus «sur le fond du problème».

«Tant mieux s’il a pris des démarches sérieuses pour redonner un peu de quiétude à nos citoyens, mais on me connait comme un homme prudent, je le croirai quand je le verrai! Entretemps, la pétition continue de circuler et je continue à mettre de la pression», a soutenu le conseiller.

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