Plusieurs citoyens de l’agglomération de Longueuil ont fait part de leur mécontentement sur les réseaux sociaux du fait de ne pas avoir reçu d’alertes automatisées les informant de l’avis d’ébullition émis par la Ville de Longueuil dans la nuit du 9 au 10 avril. Lors de la séance du conseil d’arrondissement du Vieux-Longueuil le mardi 13 août, le conseiller Jonathan Tabarah a parlé de ratés dans les communications et d’enjeux avec le fournisseur notamment.
Questionné concernant la discrétion apparente de la mairesse de Longueuil Catherine Fournier lors de cette période pour le moins difficile pour plusieurs citoyens, M. Tabarah a indiqué qu’elle avait écrit plusieurs mots en ligne, des stories ou publications, particulièrement pour informer, et témoigner de son empathie et du travail sur le terrain.
«C’est possible que ça n’ait pas été transmis par communiqué : on a eu plusieurs ratés de communication lors de la tempête, notamment au niveau de la vitesse transmise pour l’avis d’ébullition, de la quantité de personnes qui l’ont reçus. Il y a eu des enjeux avec notre fournisseur», d’ajouter M. Tabarah.
Le conseiller a indiqué que plusieurs réunions étaient à l’agenda et qu’un post-mortem était prévu dans deux semaines. «Ça fait deux fois qu’il y a des ratés importants au niveau des communication et on ne souhaite plus que ça arrive. Tout est en analyse de post-mortem, et on va attendre d’avoir un suivi rigoureux. Il faut qu’on peaufine nos activités de communications.»
M. Tabarah a ajouté que le travail sur le terrain était la priorité afin d’améliorer les infrastructures de la municipalité et que l’ajout de zones tampons et de bassins de rétention était au programme. Il a aussi rappelé qu’aucun système n’aurait pu absorber une telle quantité d’eau tombée en si peu de temps.
La mairesse réagit
Le mercredi 14 août, la mairesse Fournier s’est longuement exprimée dans une publication sur sa page Facebook où elle revient sur les tristes événements du week-end et sur le travail de la Ville pour parer aux inondations. «La liste des interventions à effectuer pour les secteurs prioritaires est presque prête et devrait pouvoir être communiquée au début de l’automne», indique-t-elle.
Elle explique également les raisons de la publication de l’avis d’ébullition : «[…] l’avis émis dans la nuit de vendredi à samedi était nécessaire en raison d’une baisse de la pression d’eau dans le réseau de distribution de l’usine régionale Louise-Gravel. Après analyse, la baisse de pression a été enregistrée à la suite d’une défaillance des moteurs de la génératrice, elle-même causée par un trouble de synchronisation en raison des pannes successives d’Hydro-Québec.»
La mairesse ajoute que cette situation «pourrait réalistement se reproduire».
Trois pompes… et une 4e en back up!
Une autre citoyenne a mentionné avoir de nouveau été inondée et a suggéré des pistes de solutions.
«Serait-il possible que la Ville prenne des citernes pour ramasser l’eau pour nous aider? Nous c’est là cinquième fois depuis 2014. Je commence à être pas mal écœurée. J’ai trois sump pumps qui fonctionnaient sans arrêt, j’en avais une quatrième en back up. Mais avec un manque électricité, j’ai beau avoir un système avec batterie, la batterie ne dure que 30 minutes. Dans la rue, au coin de Desaulniers et De Lorimier, on a un pied et demi d’eau. On a beau avoir des sump pumps, l’eau revient sur le terrain», de signaler la dame.
En réponse, M. Tabarah a dit croire que l’utilisation de camions citernes serait insuffisante pour évacuer l’eau. «Ce sont des volumes métriques plus importants. Il faudrait des milliers de camions.»
Il a ajouté qu’un comité scientifique se penchait sur le dossier des inondations et qu’un système de détection de quantité d’eau en temps réel dans les infrastructures avait été installé afin d’identifier le plus correctement possible les endroits où intervenir.
«On va mettre tout ce qu’on est capable de mettre en termes d’investissements d’infrastructures. Après chaque tempête, je vais personnellement nettoyer des sous-sols. C’est décourageant [pour les citoyens]. Les assurances ne paient plus. C’est un cauchemar et j’en suis conscient», d’exprimer M. Tabarah.
Le président du conseil d’arrondissement du Vieux Longueuil, Carl Lévesque, a rappelé que les quartiers anciens étaient les plus vulnérables.
Messages non reçus
Par courriel, la Ville a indiqué au Courrier du Sud que, d’entrée de jeu, en ce qui concerne les citoyens qui affirment ne jamais avoir reçu de message malgré leur inscription aux alertes automatisées, les systèmes d’alerte relatifs aux interdictions de stationnement en période hivernale et ceux concernant les avis d’ébullition sont distincts. «Les citoyens doivent donc s’inscrire aux deux listes afin de recevoir à la fois les avis d’interdiction de stationnement et les alertes automatisées.»
{{HTML|IMG|MEDIA|20888|535px|700px}}
En réponse à une citoyenne qui, contrairement à plusieurs internautes critiques à l’égard des communications de la Ville, remerciait Longueuil d’être à l’affût, la Ville a publié cette photo de l’équipe à l’œuvre, à 3h samedi matin. (Photo: page Facebook de la Ville de Longueuil)
«Il est également important de mettre son adresse lors de l’inscription afin d’être avisé lorsqu’un message ne concerne qu’une partie seulement du territoire de la Ville», ajoute-t-on.
La Ville souligne que la performance du système d’alertes automatisées dépend également de certains facteurs extérieurs, par exemple l’efficacité du réseau cellulaire.
Chronologie des événements
La Ville indique que les premières communications citoyennes ont été envoyées à 1h15 dans la nuit du vendredi à samedi.
{{HTML|IMG|MEDIA|20889}}
La Ville de Longueuil indique que les premières communications citoyennes concernant l’avis d’ébullition ont été envoyées à 1h15 dans la nuit du vendredi à samedi. (Photo: page Facebook de la Ville de Longueuil)
«Dès la mise en place de l’avis d’ébullition, la Ville a communiqué sur ses différentes plateformes (site web, réseaux sociaux, médias) l’information nécessaire sur l’avis d’ébullition et les secteurs touchés. Au même moment, la Ville a affiché l’information sur ses panneaux à affichage numérique à travers le territoire et de l’affichage a été fait dans les bâtiments, parcs et installations municipales, ajoute-t-elle. Des messages ont également été envoyés par le système d’alertes citoyennes qui envoie des messages avec des appels automatisés, des textos et des courriels.»
L’avis a été levé le dimanche 11 août, en soirée.
Au total, pour les villes de Boucherville, Saint-Bruno-de-Montarville, l’arrondissement de Saint-Hubert et la portion touchée de l’arrondissement du Vieux-Longueuil, à Longueuil, 282 066 citoyens étaient concernés par l’avis d’ébullition.
Pour s’abonner aux alertes automatisées : https://longueuil.quebec/alerte.

