Opinion

Prévisions économiques estivales : nébulosité variable avec percées de soleil

mardi le 14 juin 2022
Modifié à 9 h 49 min le 09 juin 2022
Par René Vézina

redactiongm@gravitemedia.com

Note de la rédaction: Notre chroniqueur René Vézina prend des vacances bien méritées. Il sera de retour à la mi-août.

Ce ne sont pas là des prévisions compromettantes, admettons-le, mais avec les circonstances changeantes que nous connaissons, il serait bien audacieux d’y aller de déclarations fracassantes.

Nouvelle vague de pandémie? Pas à court terme, mais on ne sait jamais... Retour au bon sens en Russie? Pas davantage. Autres incidents internationaux avec impacts chez nous? Malheureusement probables.

 Mais vous voyez? S’il fallait nous en faire pour tout ce que nous ne contrôlons pas et qui risque de nous tomber dessus, la vie deviendrait intolérable. Tenons donc pour acquis que le paysage économique actuel demeurera plus ou moins le même pour les semaines à venir, le temps de souffler, et imaginons ce qui nous attend.

 Première prévision: le coût de la vie ne baissera pas à court terme, influencé par la cherté des prix de l’essence, mais il n’augmentera pas beaucoup non plus.

 Pourquoi? D’abord, parce que l’été, les fruits et légumes frais deviennent plus abordables, surtout que l’alimentation a lourdement influencé la hausse de l’inflation ces derniers mois. De meilleures récoltes de céréales devraient également aider malgré la chute des livraisons de l’Ukraine. Et les chaînes d’approvisionnement reviennent lentement à la normale. Reste le gros point d’interrogation que représente l’essence. De ce côté, le répit semble plus qu’incertain.

Deuxième prévision: les taux d’intérêt vont encore monter, mais compte tenu de ce qui précède, on peut espérer que les hausses soient à la fois moins fortes et moins soutenues que ce que plusieurs redoutent. En même temps, ces augmentations vont contribuer à calmer le marché de l’immobilier, en feu depuis quelques années.

Troisième prévision? Il n’y aura pas de récession. L’économie va ralentir sans entraîner de mises à pied massives qui accompagnent inévitablement une récession. Les marchés boursiers vont demeurer rocailleux, mais ils ne devraient pas plonger.

Dernière prévision? Sans s’effondrer, la mondialisation va elle aussi marquer un temps d’arrêt. On se rend aujourd’hui compte à quel point il est embêtant de dépendre de fournisseurs au bout du monde. En revanche, la production locale, elle, va augmenter dans bien des domaines, alimentaires, manufacturiers et autres.

Évidemment, tout cela demeure une sorte de sport extrême. Nous ne sommes jamais à l’abri de mauvaises surprises. Mais encore une fois, s’il fallait nous lever tous les matins en craignant que le ciel nous tombe sur la tête, mieux vaudrait rester couché!

Alors, profitez du mieux que vous le pouvez des douceurs de l’été maintenant que le déclin de la COVID nous permet de respirer sans masque, et comme moi, croisez-vous les doigts pour que le soleil l’emporte sur les nuages…