Projet de loi 40: le «commencement de la fin», selon Carole Lavallée

Projet de loi 40: le «commencement de la fin», selon Carole Lavallée
Carole Lavallée (Photo : Archives - Le Courrier du Sud)

«Vous ne méritiez aucunement ce mépris et ce manque de respect de la part du gouvernement de la CAQ et de son ministre de l’Éducation», a écrit Carole Lavallée aux «ex-commissaires» de la Commission scolaire Marie-Victorin (CSMV), en tant que son «ex-présidente», quelques heures après l’adoption en pleine nuit du 8 février du projet de loi 40 abolissant les commissions scolaires.

Le projet de loi abolit les élections scolaires et transforme les commissions scolaires en centres de services scolaires. Il «officialise une décentralisation importante de la prise de décision vers ceux qui connaissent les élèves par leur nom», présente le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge, par voie de communiqué.

En vertu d’un amendement apparu sur la table le 7 février, le projet de loi 40 met fin au mandat actuel des commissaires dès la sanction.

Carole Lavallée a tenu s’adresser aux commissaires.

«Je tiens à remercier sincèrement mes 15 collègues du conseil des commissaires pour leur engagement, leur dévouement et leur passion pour l’éducation publique et pour leur ferme volonté à mettre tout en œuvre pour améliorer la réussite des élèves», a écrit Mme Lavallée, dans une lettre qu’elle a aussi partagée au Courrier du Sud.

«Vous pouvez garder la tête haute et être fiers du travail accompli et des résultats atteints à la CSMV qui, d’ailleurs ne cessent de s’améliorer.»

Selon Mme Lavallée, par ce projet de loi, le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge

«a clairement démontré sa méconnaissance du réseau de l’éducation publique, de ses partenaires et du travail de ses anciens collègues».

«Au-delà de ce mépris injustifié, je suis très préoccupée par l’incertitude et le grand bouleversement qui planent à partir de maintenant dans tout le réseau.  Tout cela est bien loin des véritables enjeux qui auraient mérité qu’on s’y attarde en toute urgence.»

Elle a également remercié ceux qui ont travaillé avec le conseil des commissaires au cours des dernières années et a souhaité à la directrice générale Marie-Dominique Taillon et son équipe «beaucoup de courage» pour la mise en œuvre de la nouvelle gouvernance et pour la transition.

Selon le ministre, la période de transition sera menée par les directeurs généraux des commissions scolaires, jusqu’à ce que soient désignés les membres des conseils d’administration des centres de services. Le ministère assure qu’une équipe accompagnera le réseau durant «ce processus de modernisation».

Dans la journée de vendredi, les commissaires de la CSMV avaient dénoncé d’une même voix le bâillon imposé par le gouvernement caquiste pour l’adoption de ce projet de loi. Ils qualifiaient ce geste d’«autocratique, centralisateur et antidémocratique».

Selon eux, le ministre de l’Éducation se donne des pouvoirs démesurés. Le projet de loi permet aux anglophones d’élire la majorité des membres de leurs futurs centres de services scolaires; un droit retiré aux francophones. Les commissaires déplorent que les citoyens francophones qui désirent s’impliquer se voient ainsi retirer leur droit de se présenter aux élections scolaires.

Les commissaires sont Benoit Laganière, Nicole Leblanc, Jean-Pierre Picard, Serge Mainville, Denise Girard, Diane Fournier, Catherine Pelletier, Bruno Marcoux, Paule Froment, Michel Messier, Michel Gervais, Nicola Grenon, Reine Bombo, Sheila Ellien et Michel Rocheleau. (A.D.)

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Denis Beaulé

« mépris injustifié » + « pouvoirs démesurés » = mépris(e) démesuré(e) !