Québec veut faciliter les transferts d’entreprises

Québec veut faciliter les transferts d’entreprises

Le ministre Stéphane Billette.

Crédit photo : Pierre Langevin - L'Information d'affaires Rive-Sud

En observant la courbe démographique du Québec, on constate que d’ici cinq ans, 20% des entrepreneurs seront à quelques pas de la retraite. C’est pourquoi le gouvernement a créé le Centre de transfert d’entreprises du Québec (CTEQ).

Ayant pour mission de traiter l’enjeu de la relève des dirigeants, de la valorisation et du transfert d’entreprise, le CTEQ accompagne les cédants et les repreneurs sur l’ensemble du processus, afin d’en assurer la qualité et l’intégrité, de favoriser la pérennité des entreprises et de participer positivement au bilan entrepreneurial du Québec.

L’une des particularités dans plusieurs PME de la province est que la liste des clients, les procédés, les priorités et même les contacts se retrouvent uniquement dans la tête du dirigeant. Rien sur papier.

Comme l’explique le ministre délégué aux Petites et Moyennes Entreprises Stéphane Billette, peu de gens pensent à la retraite lorsque vient le temps de partir une entreprise.

«La retraite, c’est secondaire quand un nouvel entrepreneur commence, dit M. Billette. Comme le transfert d’une entreprise nécessite entre deux et huit ans pour compléter le processus, le CTEQ prend une importance considérable.»

Il peut arriver que la relève entrepreneuriale se retrouve à l’intérieur de l’entreprise. Des employés finissent par acheter l’entreprise en formant une coopérative.

«Souvent, ce sont les employés qui souhaitent acheter et ils n’ont pas la mise de fonds nécessaire, indique M. Billette. Donc, nous avons mis sur pied le Plan d’action gouvernemental en entrepreneuriat afin de soutenir l’entrepreneuriat sous toutes ses formes. Présentement, nous parlons d’une pénurie de main-d’œuvre, dans un bref avenir, il pourrait être question d’une pénurie d’entrepreneurs si nous ne faisons rien.»

Une formation pour expliquer les défis du reprenariat
L’Institut de leadership en gestion et le CTEQ unissent leurs forces. Le programme de Certification en gestion de transfert d’entreprise offert cet automne permettra de mieux outiller les acteurs impliqués dans le reprenariat.

Le président et cofondateur de l’Institut de leadership Éric Paquette explique que les petites et moyennes entreprises forment le gros du tissu social du Québec. Plusieurs d’entre elles ont été fondées par des baby-boomers qui envisagent de se retirer. Si la retraite dorée est envisagée, que se passe-t-il avec l’entreprise?

«La montée du Québec inc., si je peux m’exprimer ainsi, fait que le Québec est devenu une population de propriétaires plus qu’avant, résume-t-il. Mais au-delà de l’entrepreneur, il y a aussi le reprenant, les employés ou les clients. C’est important d’avoir une approche humaine parce que l’on parle d’individus.»

Les changements qui surviennent peuvent affecter plus qu’on peut le penser. Ainsi, la formation vise à accompagner les divers intervenants d’un transfert, ce qui peut concerner des banquiers, fiscalistes ou avocats, afin de les informer de l’ensemble des défis.

La Certification devrait donc permettre d’avoir une longueur d’avance sur les autres quant à la compréhension globale des différents contextes et des principaux enjeux reliés à un transfert.

Aucune recette idéale n’existe. Certains planifient le transfert sur une longue période. Mais parfois, une maladie ou un décès vient bousculer les plans. D’où l’importance de préparer cette étape cruciale afin de la réaliser pour le bien de tous.

Avec la collaboration d’Éric Tremblay.

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Et si les entrepreneurs ne veulent pas prendre une retraite… ?