Série Alfred: Yves Beauchemin tient sa promesse

Par Stagiaire
Série Alfred: Yves Beauchemin tient sa promesse
Yves Beauchemin (Photo : Gracieuseté)

L’écrivain Yves Beauchemin publiera le 10 septembre la suite des aventures d’Alfred, sa série jeunesse amorcée en 1992. Il en avait fait la promesse aux enfants qu’il avait rencontrés dans les écoles il y a 20 ans. Avec Alfred et le chat chauve, c’est maintenant chose faite.

«Deux « ch » de suite, ça se dit mal», convient d’emblée Yves Beauchemin en entrevue avec Le Courrier du Sud, en référence au titre de ce dernier opus. «Mais le personnage a un côté délinquant, ajoute-t-il. C’est un rat d’égout qui a mauvais caractère, il est baveux et frondeur.»

Ce personnage a su séduire les enfants. «Les jeunes rient beaucoup, et ils apprécient les histoires invraisemblables d’Alfred», dit l’auteur.

«J’ai travaillé la tension dramatique, poursuit-il. C’est plus raide que dans les tomes précédents, mais personne ne meurt. Ultimement, c’est le rat qui sauve le chat!»

Genèse d’un succès

La série Alfred est née dans l’imagination d’Yves Beauchemin lorsqu’il écrivait son roman Juliette Pomerleau. Le fils d’un couple d’amis était atteint de leucémie. M. Beauchemin lui avait dit qu’il lui écrirait une histoire par jour durant ses traitements.

Or, «c’était plus de travail que je ne le pensais», avoue le romancier.

Il a donc écrit la première histoire, Antoine et Alfred, et lui a envoyé le manuscrit avant qu’il ne soit publié… La série était lancée.

Deux autres histoires ont succédé à ce premier conte: Alfred sauve Antoine et Alfred et la lune cassée. Le succès a été au rendez-vous auprès du jeune lectorat.

La nouvelle édition rassemble ces trois premiers opus et un volet inédit – Alfred et le chat chauve.

«Depuis quelques années, explique l’écrivain, Québec-Amérique rassemble des contes en intégrales. Ces éditions volumineuses ont un bon succès. J’ai donc décidé de reprendre Alfred< avec un inédit.»

L’intrigue est simple mais très bien ficelée. «Alfred est dans le pétrin, raconte son auteur. Il se rend dans la cour d’un antiquaire situé sur la rue Guillaume. À cet endroit, il fait la rencontre d’un chat qui perd ses poils. Il en parle alors à Antoine…» Et à eux deux, ils vont combattre le dessein de l’antiquaire: se faire une postiche avec la fourrure du chat.

Écrire pour tous

Celui qui nous a donné Le Matou n’a pas changé sa façon d’écrire pour son jeune lectorat.

«Les jeunes sont intelligents, insiste-t-il, et ils sont capables de comprendre la vie et la mort. Ils connaissent ça.»

«Alice au pays des Merveilles de Lewis Carroll et L’Île au trésor de Robert Louis Stevenson sont deux romans qui ont une écriture magnifique et qui peut être appréciée par des adultes», plaide l’écrivain québécois.

M. Beauchemin laisse venir à lui les idées. «J’ai toujours un calpin rouge pour noter des phrases qui me marquent ou que j’imagine», avoue-t-il. Ses idées viennent et vont, et elles peuvent disparaître.

Lorsqu’il écrit, il attend que la magie opère. «Ce n’est pas toujours facile, mais ça marche bien souvent», se réjouit-il.

Il a sa manière de faire et il y tient. Mais il ne veut pas répéter ce qui a déjà été fait: il veut apporter quelque chose de nouveau. Il veut gagner l’attention du lecteur, susciter son intérêt et le faire rire.

Pour l’écrivain, le contact physique avec le livre comme avec le lecteur est privilégié.

«Ce qui est le plus important pour moi? s’interroge-t-il. L’amitié et le partage du métier.»

M. Beauchemin s’est lié au fil des ans avec Pierre Falardeau et Louis Caron. Il dit cependant ne pas fréquenter beaucoup d’autres écrivains.

Mais il partage avec eux «une certaine fraternité dans le métier, la même souffrance et la même fragilité», conclut-il.

Rens.: quebec-amerique.com

Partager cet article

Laisser un commentaire

avatar
  S'inscrire  
Me notifier des