Un cinquième Dakar pour Beaulé et Bensadoun

Un cinquième Dakar pour Beaulé et Bensadoun

David Bensadoun et Patrick Beaulé en sont à leur cinquième participation au Dakar.

Crédit photo : Gracieuseté

DÉFI. L’équipe ALDO Racing, composée du pilote David Bensadoun et de son copilote de Longueuil Patrick Beaulé, parcourra 5603 kilomètres au Pérou, du 7 au 17 janvier. Les acolytes en sont à leur cinquième participation au Dakar, un des plus gros rallyes-raids au monde.

Le Dakar 2019 100% Pérou est composé de 10 étapes, dont une bonne partie se déroule dans le désert. Dans un aller-retour à Lima, les quelques centaines de participants se rendront jusqu’à Tacna, le point le plus éloigné, avant de revenir au mi-rallye à Arequipa pour une journée de repos. Ils devront ensuite regagner Lima en passant par San Juan de Marcona et Pisco.

La distance Lima, Pisco-Ica, San Juan de Marcona, Arequipa, Tacna et le retour à Arequipa, parcourue lors des 5 premières étapes, est d’environ 1880 km par la route nationale, mais les compétiteurs auront parcouru plus de 3000 km pour y parvenir.

«Les terrains sont extrêmement difficiles, dit Patrick Beaulé. Tu es dans les rivières desséchées, dans la grosse roche. Dans le désert, l’orientation est super difficile. Le terrain est mou.»

«Tu ne peux pas arrêter, sinon tu restes pris, poursuit-il. Il faut toujours que tu saches où tu t’en vas. Quand tu montes une dune et que tu arrives pour traverser de l’autre côté, parfois, c’est presque une falaise. Tu dois être capable de réagir vite.»

C’est sans parler de la chaleur accablante du désert péruvien. «On a déjà eu jusqu’à 48°C à l’ombre, se souvient le copilote. Mais il n’y a pas d’ombre, il n’y a pas d’arbre.»

L’expérience humaine est toutefois sans pareille; l’adrénaline est à son apogée tout au long de l’aventure.

«Pendant qu’on est en mode compétition et qu’on course, je ne pense à rien d’autre. Je décroche.»

Longue préparation

Participer à un Dakar est loin d’être chose simple; la préparation physique, psychologique et logistique est considérable.

Physiquement, ce sont les entraînements cardiovasculaires qui sont primordiaux.

«Ce dont tu as le plus besoin, c’est la concentration, explique Patrick Beaulé. Plus tu es en bonne forme physique, plus longtemps tu seras capable de te concentrer.»

Mentalement, l’objectif est de se préparer à ce qui t’attend, à ce que tu affronteras; certains participants y perdent la vie, notamment ceux à moto.

«Tu ne dois pas t’en faire avec les vidéos et photos que tu vois sur le Web, précise le Longueuillois. Ça fait peur à tout le monde. Moi, je ne vais pas voir ça; je me dis que je l’ai déjà fait, que je suis capable. Il ne faut pas que tu te dévalorises.»

La logistique est quant à elle la partie la plus longue et compliquée de la préparation.

«Il n’y a pas juste le véhicule de course à préparer. On a deux autres camions d’assistance qui doivent eux aussi être modifiés, adaptés, préparés, révisés pour être sûr qu’ils sont en bonne condition et qu’ils transportent les bonnes pièces pour que tu ne cours pas après celles-ci.»

Puis, tous les véhicules doivent être transférés au Pérou; cette année, ils seront envoyés en Europe, puis transférés dans un conteneur par bateau en Amérique du Sud.

Le CR6

Après quatre participations au Dakar, David et Patrick savent très bien quel type de véhicule ils veulent, ce qui est fiable, performant et confortable. Après avoir magasiné à travers l’Europe, c’est sur un manufacturier d’Afrique du Sud, Century Racing, que s’est arrêté leur choix. Leur nouveau véhicule? Un CR6.

Homologué selon les normes de la Fédération internationale de l’automobile, le CR6 est propulsé par un moteur V8 Chevrolet Corvette de 427 pouces cubes qui développe 505 chevaux à 6300 tours/minute. Sa vitesse maximale est de 210 km/h.

«Ç’a pris presque un an pour construire le véhicule, mentionne Patrick Beaulé. On est allé le tester dans un désert en Afrique du Sud et finalement, ce n’était pas correct. On était déçu. On était censé faire le Dakar 2018, mais on n’a pas pu. Le véhicule était censé être prêt en septembre 2017. Ils ont trouvé certains problèmes, l’ont réparé et l’ont retesté. On l’a eu cet été.»

L’équipe ALDO Racing concourra dans la division des équipes amateurs de la catégorie T1.3 à deux roues motrices. Cette année, son objectif est de battre son meilleur résultat, soit une 32e place au classement général obtenue en 2015.

«Avec nos habiletés de pilotage et de navigation, on est capable d’atteindre le top 25, croit Patrick Beaulé. Avec la performance du véhicule, on devrait aussi être capable de faire un top 25. Par contre, on n’a pas pu tester la fiabilité du véhicule; on a confiance en lui quand même, mais on pourra confirmer la fiabilité seulement après le rallye», conclut-il.

 

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