Sur la route des maisons de type shoebox

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Par Ali Dostie
Sur la route des maisons de type shoebox
Cette maison de la rue Saint-Alexandre semble répondre aux critères de la maison shoebox. (Photo : Gracieuseté)

En sillonnant les rues des districts de Coteau Rouge, de LeMoyne-de Jacques Cartier et des Explorateurs, deux citoyennes de Longueuil ont dressé un inventaire des nombreuses petites habitations s’apparentant aux maisons shoebox, que l’arr. Rosemont – La Petite-Patrie à Montréal a protégées en 2019. Elles souhaiteraient que ces vestiges du patrimoine ouvrier de Ville Jacques-Cartier ne soient pas oubliés.

Une «mignonne» maison bleue est à l’origine de cette quête architecturale d’Andrée Matte et Christine Perusset.

Munies d’un plan de la ville, elles ont ensuite arpenté les rues à la recherche de ces petites maisons, qu’elles ont photographiées et brièvement décrites dans un document qui fait état de leurs résultats préliminaires.

«C’est intéressant comme patrimoine architectural. Elles ont toutes à peu près le même modèle, mais sont aussi très variées», constate Mme Matte. Certaines ont été agrandies, modifiées, bonifiées d’un sous-sol, ou complètement rénovées.

Tout au long de leur parcours, ce sont aussi des histoires qu’elles ont récoltées.

Deux mini maisons, côte à côte

«Quand j’ai vu les deux maisons collées, j’ai fait la farce que c’était sûrement deux frères qui y habitaient, relate-t-elle. La dame qui demeurait là m’a dit que je n’étais pas bien loin : il s’agissait de deux sœurs!»

En discutant avec le propriétaire d’une autre de ces habitations, rue Notre-Dame-de-Grâces, dans Coteau Rouge, elles ont appris que la maison avait été initialement construite durant les fins de semaine de 1947 à 1951, par le beau-père de l’actuel propriétaire.

«Cela fait 70 ans qu’il vit dans cette rue et il a vu tous les changements survenus depuis. À la construction, les toilettes étaient à l’extérieur et il n’y avait pas d’eau courante», rapportent les deux femmes, dans le document qui recense les résultats préliminaires de leur recherche.

Une autre de ces maisons avait été initialement construite à partir de boites de poisson, réduites en planche.

«Si on regarde un livre d’histoire de Longueuil, on voit les belles maisons de riches, mais on oublie le patrimoine ouvrier, qui a son histoire aussi», relève Mme Matte, ancienne conservatrice dans un musée.

À protéger

Les deux Longueuilloises ont appris que la maison avait été initialement construite durant les fins de semaine de 1947 à 1951, par le beau-père de l’actuel propriétaire.

Andrée Matte et Christine Perusset s’attristent de voir ces maisons issues de l’époque de Ville Jacques-Cartier peu à peu disparaître du paysage urbain au profit de constructions modernes et plus imposantes.

«Je ne crois pas que la Ville devrait tout conserver, mais au moins quelques-unes, pour garder une trace de leur existence, pour garder cette mémoire du développement de Longueuil.»

Elles ont d’ailleurs approché la Société historique et culturelle du Marigot, qui aurait démontré un intérêt à l’égard de leur travail. La Société d’histoire se penche depuis quelques années déjà sur l’histoire de Ville Jacques-Cartier.

Pour la suite de leurs démarches, les deux Longueuilloises souhaiteraient obtenir le soutien d’un architecte, entre autres pour déterminer ce qui définit véritablement une maison shoebox.

Selon la Ville de Montréal, les maisons shoebox sont caractérisées par un toit plat, et le fait qu’elles ont un seul étage. Dans la plupart des cas, la porte en située au centre de la façade, entourée de deux fenêtres positionnées de façon symétrique. Elles sont généralement construites en briques et possèdent une corniche ou un parapet, ainsi qu’une galerie en façade, surplombée d’une marquise.

En 2019, l’arr. Rosemont – La Petite-Patrie a classé ses 561 maisons de type shoebox selon leur valeur architecturale et a adopté un règlement afin de les protéger et d’encadrer entre autres leur agrandissement et démolition.

 

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Louise Mauger
Louise Mauger
1 mois

Bravo Andrée et Christine! Enfin 2 personnes qui s’intéressent vraiment au patrimoine . J’ose espérer que la ville de Longueuil tiendra compte de vos recherches et saura mettre en valeur ces maisons qui ont une très belle histoire de la vie de ces ouvriers qui ont vécu et bâti une ville comme Longueuil! L’histoire de ces maisons et leur famille fait partie de notre histoire il ne faut pas l’oublier .
Merci à vous deux pour votre implication à l’histoire d’une ville!
Louise

Christine Pérusset
Christine Pérusset
1 mois
Répondre à  Louise Mauger

Merci pour l’encouragement