Un 1er mai féministe et solidaire pour les travailleuses communautaires

Un 1er mai féministe et solidaire pour les travailleuses communautaires
(Photo : Gracieuseté)

Le 1er mai, plus d’une centaine de personnes provenant de divers organismes ont marché dans les rues de Longueuil pour revendiquer de meilleures conditions pour les travailleurs communautaires et pour dénoncer les effets de la précarité vécue.

Ces personnes répondaient à l’invitation du Comité d’actions féministes de l’agglomération de Longueuil (CAFAL) et avaient pour destination finale le bureau de circonscription du ministre Lionel Carmant, délégué à la santé et services sociaux, sur le boul. Roland-Terrien.

Quand travailler rime avec précarité

En cheminant par des artères achalandées, les manifestants ont voulu attirer l’attention de la population sur leurs conditions de travail.

Nombreux sont déçus du dernier budget provincial. Après plusieurs années de vaches maigres sous le gouvernement libéral, plusieurs avaient espoir de voir leur financement de base être rehaussé de manière significative. Or, la Coalition avenir Québec (CAQ) ne s’est pas montrée aussi généreuse que souhaitée.

Les organismes communautaires sont souvent dans un état de déséquilibre budgétaire et peinent à boucler leur budget.

«En augmentant à peine le Programme de soutien aux organismes communautaires, le gouvernement ne prévoit pas la consolidation des services offerts, ne permet pas les activités de prévention et ne favorise pas l’innovation, explique la porte-parole du CAFAL Marie-Christine Plante. Il crée aussi beaucoup de précarité au sein des groupes, les fragilisant au plan des ressources humaines, ne permet pas la pérennisation des équipes et ne permet en aucun cas l’amélioration des salaires des travailleurs.».

Les organismes communautaires: des acteurs essentiels

Les organismes communautaires sont des acteurs essentiels dans les communautés, soutient le CAFAL. Provenant des besoins de la communauté, milieux de vie pour les personnes les plus isolées et lieux d’éducation populaire ou de socialisation, les organismes ont pour mandat d’accueillir tous les jours des personnes en situation de pauvreté, de précarité, de vulnérabilité ou qui veulent briser leur isolement. Les organismes communautaires offrent ainsi des services essentiels à plusieurs milliers de personnes à chaque année.

Les personnes présentes à la marche tenaient à souligner le rôle et l’apport essentiel de tous les travailleurs communautaires.

«Nous souhaitons être réellement considérés, être reconnus pour tout le travail que nous faisons, affirme la porte-parole du CAFAL Marie-Ève Bouchard. Toute cette absence de reconnaissance étatique, de volonté politique pour améliorer nos conditions de travail et celles de l’ensemble des travailleurs, c’est choquant!»

La féminisation de la pauvreté

Les travailleuses présentes ne pouvaient pas taire le phénomène de la féminisation de la pauvreté. Elles tenaient à souligner le fait que les femmes sont plus susceptibles de vivre dans la pauvreté à long terme que les hommes. Rappelons que l’écart salarial homme-femme a continué de se creuser en 2018 pour atteindre 3$ l’heure.

L’Institut de la statistique du Québec (ISQ), dans son Annuaire québécois des statistiques du travail 2008-2018, indique que le différentiel du taux horaire atteint désormais les 3$ favorisant les hommes, soit 26,90$ contre 23,90$ pour les femmes.

Au chapitre du travail, la discrimination et l’iniquité en emploi se manifestent par la concentration des femmes dans certains secteurs d’emplois bien précis ou dans des emplois à statut précaire, sous-payés et sans bénéfices marginaux. Pour des emplois équivalents et à temps plein, à compétence égale les femmes touchent 76% du salaire des hommes. Les femmes occupent 70% des emplois au salaire minimum alors qu’elles occupent 46% des emplois en général. De plus, plusieurs femmes gagnent des salaires à peine plus élevés que le salaire minimum.

Travail invisible et charge mentale

Le statut socioéconomique et les réalités liées aux conditions de travail des femmes n’ont pas été les seuls enjeux soulevés. En effet, le groupe présent a tenu à dénoncer tout le travail invisible produit par les femmes.

Travailler n’est pas le seul lot des femmes. Le travail invisible s’ajoute à celui-ci: les tâches ménagères, le bénévolat, les soins aux enfants et aux proches malades, sans compter la charge mentale qui découle de tout ce travail. Le travail invisible des femmes, loin d’être un choix, s’inscrit très souvent dans une société inégalitaire où tout ce qui est féminin est souvent dévalorisé.

Pour en savoir plus sur le CAFAL

Le CAFAL a été initié à la suite de l’événement du 8 mars 2019, en voyant la nécessité de se mobiliser féministement dans le milieu communautaire. Le CAFAL est composé des organismes Carrefour pour Elle, la Maison la Virevolte, Inform’elle et le Centre des femmes de Longueuil.

(Source: CAFAL)

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