Un printemps en art… public

Un printemps en art… public
L’œuvre L’Odyssée, 2014, Cooke-Sasseville (Photo : Ville de Longueuil)

Avec le printemps sont apparues sur le territoire de la Ville de Longueuil des œuvres d’art public fort intéressantes. Place Charles-Le Moyne, on retrouve les immenses pigeons de L’Odyssée, de Cooke-Sasseville; sur la rue Saint-Charles, la licorne mystérieuse de Mythe et évidence, de Mathieu Valade, est emmurée devant la Maison de la culture; et le 156, boul. Churchill accueille un avion de papier géant… en métal de l’Atelier MAP. À la fois ludiques et imposantes, ces œuvres ne laissent personne indifférent.

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L’apparition d’une œuvre d’art dans un espace public n’a rien de banal. Sa présence change la perception des gens par rapport à leur milieu. En plus d’apporter couleurs et émotions, elle enrichit l’expérience de l’espace urbain. Notre regard est attiré par cet objet et, de ce fait, par son environnement immédiat. Nous prenons davantage conscience du lieu.

On remarque d’ailleurs de plus en plus chez les artistes cette volonté d’occuper l’espace pour mieux le faire découvrir. Ainsi, les œuvres publiques des artistes longueuillois Chloé Beaulac et Rino Côté, présentées au Carré Isidore-Hurteau, adjacent au centre culturel Jacques-Ferron, s’intègrent parfaitement à leur environnement et créent un dialogue avec le lieu.

L’art public apporte aux différents environnements bâtis, ou naturels, des objets qui, par leur présence forte, rehaussent le paysage urbain, et ce, indépendamment de notre appréciation esthétique. Il devient un moteur de revitalisation. D’ailleurs, il est démontré qu’il contribue à rendre plus attrayants des quartiers un peu glauques.

Mais les œuvres publiques ne font pas qu’embellir le paysage, elles suscitent aussi la rencontre entre l’art et le citoyen. Elles interpellent les passants, favorisent leur ouverture d’esprit par la réflexion, la contemplation au cœur même du milieu de vie, hors des institutions culturelles. Elles peuvent ainsi amener à l’art des personnes qui ne s’y étaient pas jusqu’alors montrées sensibles. Et pourquoi souhaiter un tel rapprochement? Parce que le contact privilégié avec l’art fait du bien à l’âme.

L’art public permet aux résidents aussi bien qu’aux touristes d’établir tous les jours des liens avec des créations originales d’artistes professionnels. Il renforce l’identité et la qualité du paysage urbain, enrichit l’expérience de l’espace public, valorise des lieux, favorise l’interaction communautaire et contribue à bâtir l’héritage culturel de la ville. Relevant du domaine public, il constitue la forme d’art le plus visible et le plus accessible.

Si vous croyez être indifférents à l’art public, soyez attentifs à votre ressenti lorsque la Ville de Longueuil enlèvera les trois œuvres susmentionnées, cet automne… Vous verrez, votre paysage urbain, et un peu votre vie, s’en trouveront appauvris.

Louise Séguin, directrice générale du Conseil des arts de Longueuil

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