Un virus chinois qui contamine l’économie mondiale

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Par René Vézina
Un virus chinois qui contamine l’économie mondiale
(Photo : Denis Germain - Le Courrier du Sud)

La Chine est devenue une locomotive de l’économie mondiale. Mais quand la locomotive tombe en panne, le reste du convoi tombe lui aussi en arrêt.

C’est la crainte que suscite l’épidémie du nouveau coronavirus, qui frappe encore essentiellement la Chine, mais qui épouvante tellement le reste du globe que le pays se retrouve pratiquement en quarantaine, le temps qu’on comprenne mieux comment affronter cette crise de santé publique. En attendant, bien des secteurs de l’économie se retrouvent eux aussi aux soins intensifs.

Pourquoi? Parce que la Chine est devenue, selon l’expression maintenant consacrée, l’usine de la planète. À tel point qu’elle représente aujourd’hui 20 % du PIB mondial, contrairement à 8 % il y a 15 ans. Grosso modo, elle représente donc le 5e de la valeur de l’économie mondiale, immédiatement derrière les États-Unis.

On y fabrique de tout; des vêtements aux appareils électroniques en passant par les voitures et les livres. En même temps, pour y parvenir, le pays requiert des quantités phénoménales d’énergie et de matières premières.

Dans un cas comme dans l’autre, les malaises de la Chine finissent par se répercuter jusque chez nous, à commencer par un resserrement inévitable de l’approvisionnement… et des possibles hausses des prix.

Par exemple, on vient de faire savoir chez Apple que la production des iPhone risque d’être retardée et qu’on pourrait être en manque de millions d’appareils à livrer, tout au moins temporairement. Les distributeurs de vêtements devront aussi gérer un ralentissement dans les arrivages en provenance de Chine.

Moins d’offres mais autant, sinon plus, de demandes… C’est une équation difficile qui occasionne généralement une hausse de prix qu’on souhaiterait tout de même passagère.

Par ailleurs, les prix ont plutôt commencé à baisser pour les matières premières qui sont actuellement moins demandées, puisque la fabrication tourne au ralenti. Acier, aluminium, cuivre, hydrocarbures; tous les prix de ce qu’on appelle les «commodités» ont fléchi depuis la mi-janvier. Et nous sommes, nous, des fournisseurs de ces ressources naturelles. C’est forcément préoccupant.

Les régions productrices, au premier chef, ont bien hâte que la situation se normalise. Mais, par extension, c’est toute notre économie qui pourrait en faire les frais: si la valeur de nos exportations baisse, l’impact se répand partout.

Ce n’est pas la première crise qui frappe la Chine, et ce n’est pas la première tempête que traverse l’économie mondiale. Mais elle nous rappelle durement à quel point nous dépendons maintenant les uns des autres.

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