Une bonne raison pour parler de golf en plein hiver

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Par René Vézina
Une bonne raison pour parler de golf en plein hiver
René Vézina (Photo : Le Courrier du Sud - Denis Germain )

On doit le reconnaître, même si on gèle ces temps-ci, cet hiver est loin d’avoir été rigoureux.

Il reste encore quelques bonnes semaines d’ici le printemps, mais les magasins qui viennent d’avoir le droit de rouvrir nous l’annoncent déjà en soldant les marchandises qu’ils doivent écouler pour faire place aux collections printanières.

C’est entre autres le cas pour les vêtements et accessoires de golf.

À cet égard, contre toute attente, les clubs de golf ont connu une excellente saison en 2020. Elle a commencé en retard, COVID oblige, mais les citoyens qui ne pouvaient ou ne voulaient pas aller à l’extérieur ont pris d’assaut les terrains.

En 2021 ? La situation a de bonnes chances de se reproduire, mais dans le Grand Montréal – et la Rive-Sud n’y échappe pas, l’offre est en baisse alors que la demande, elle, est aujourd’hui en hausse. Elle surgit cependant peut-être un peu trop tard.

Sur les quelque 65 terrains que comptait le Grand Montréal en 2010, une douzaine ont rendu l’âme, coincés entre leurs finances fragiles et les propositions alléchantes des promoteurs immobiliers.

Des clubs réputés ont disparu ou sont en voie de disparaître. Sur la Rive-Sud, il a fallu faire une croix sur le magnifique parcours du club de La Prairie, puis ceux de Brossard et de Candiac, à l’automne 2019, comme le signalait alors Gravité Média. Le Journal Le Reflet vient par ailleurs de faire écho aux consultations que mène la Ville de Candiac en regard de l’avenir de ces vastes terrains dans la mire d’un promoteur immobilier.

Il ne s’agit pas ici de distribuer des reproches.

Les villes de banlieue étaient déjà en plein essor. La pandémie, puis la promesse de meilleurs réseaux de transport collectif, avec l’expansion du REM, les rendent encore plus attrayantes.

Mais l’espace commence à se faire rare.

Les clubs de golf en ont beaucoup. Leurs dépenses sont elles aussi considérables. Et leurs membres sont souvent vieillissants.

Il ne faut pas être un génie des mathématiques pour regarder froidement l’équation, alors que la valeur de ces espaces verts souvent superbement aménagés, dans un environnement urbain, ne cesse d’augmenter.

Se pose alors la question de la conciliation entre les impératifs du développement immobilier et la volonté d’une bonne partie de la population de conserver l’accès à de vastes espaces verts. Il suffit de rappeler que les larges allées des terrains de golf se prêtent parfaitement, l’hiver, aux activités de plein air comme le ski de randonnée.

Par ailleurs, si les promoteurs endossent les frais occasionnés par leurs développements, les villes reçoivent plus de revenus de taxes pour ensuite, espérons-le, adoucir leur fiscalité.

Méchant dilemme pour les administrations municipales ! À leur place, vous feriez quoi ?

 

 

 

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